L'Évangile du jour
Jeudi 17 septembre 2026
Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire
S. Robert Bellarmin, évêque et docteur de l'Église. Mémoire facultative · Ste Hildegarde de Bingen, vierge et docteur de l’Église. Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour »
Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez
sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia.
36Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.37Survint une femme de la ville, une pécheresse. Ayant appris que Jésus était attablé dans la maison du pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre contenant un parfum.38Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, près de ses pieds, et elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux le parfum.39En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse. »40Jésus, prenant la parole, lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. – Parle, Maître. »41Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d’argent, l’autre cinquante.42Comme ni l’un ni l’autre ne pouvait les lui rembourser, il en fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’aimera davantage ? »43Simon répondit : « Je suppose que c’est celui à qui on a fait grâce de la plus grande dette. – Tu as raison », lui dit Jésus.44Il se tourna vers la femme et dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé de l’eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.45Tu ne m’as pas embrassé ; elle, depuis qu’elle est entrée, n’a pas cessé d’embrasser mes pieds.46Tu n’as pas fait d’onction sur ma tête ; elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds.47Voilà pourquoi je te le dis : ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour. »48Il dit alors à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »49Les convives se mirent à dire en eux-mêmes : « Qui est cet homme, qui va jusqu’à pardonner les péchés ? »50Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t’a sauvée. Va en paix ! »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Co 15, 1-11« Voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez »
- Psaume Ps 117 (118), 1-2, 16-17, 28.21
Comprendre ce passage
La pécheresse pardonnéeLuc 7, 36-50
Le repas chez un pharisien
Un pharisien nommé Simon invite Jésus à sa table : signe que tous les pharisiens ne sont pas d'emblée hostiles, et que la table reste chez Luc un lieu de révélation (cf. 11, 37 ; 14, 1). On y mangeait étendu sur des lits bas, accoudé sur le coude gauche, les pieds tournés vers l'extérieur — détail matériel qui explique que la femme puisse, par-derrière, atteindre ses pieds. Le banquet d'un notable était de surcroît semi-public : badauds et indigents pouvaient s'y glisser pour écouter, ce qui rend l'intrusion de la femme moins invraisemblable qu'il n'y paraît.
Une « pécheresse de la ville »
Survient une femme « connue dans la ville comme une pécheresse », expression qui désigne sans doute une prostituée, marquée d'une infamie publique. Munie d'un flacon d'albâtre — pierre précieuse réservée aux parfums coûteux —, elle pleure sur les pieds de Jésus, les essuie de ses cheveux dénoués, les embrasse et les oint. Or dénouer sa chevelure en public passait pour un geste d'une intimité scandaleuse, réservé à la sphère privée. Tout ici trahit l'audace d'un amour qui brave le mépris et expose sa honte au grand jour pour rejoindre le Maître.
L'hospitalité négligée
Le contraste avec l'hôte est délibéré. Simon a omis les égards élémentaires dus à un invité de marque : ni eau pour les pieds poussiéreux des chemins, ni baiser d'accueil, ni huile parfumée pour la tête, courtoisies habituelles dans l'Orient ancien. La femme, au contraire, surpasse chacun de ces gestes par ses larmes, ses lèvres et son parfum. L'hôte respectable se montre froid et mesuré ; la pécheresse, prodigue et brûlante. Le récit oppose ainsi deux manières de recevoir le Christ, l'une convenable et distante, l'autre humble et débordante.
Le jugement de Simon
Simon raisonne en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme, une pécheresse. » D'un même mouvement il juge la femme, enfermée dans son passé, et Jésus, soupçonné d'aveuglement ou de complaisance. L'ironie est mordante : en lisant précisément cette pensée secrète, Jésus prouve qu'il est bien prophète, et davantage encore. Le vrai discernement n'est pas de flairer le péché d'autrui, mais de lire les cœurs comme Dieu seul le fait (cf. 1 S 16, 7).
La parabole des deux débiteurs
Pour retourner le jugement, Jésus propose une brève parabole. Deux débiteurs voient leur dette remise gracieusement : l'un devait cinq cents deniers — près de deux ans de salaire d'un journalier —, l'autre cinquante. « Lequel aimera davantage ? » Simon répond, presque à contrecœur : « Celui à qui il a été le plus remis. » Il prononce ainsi sa propre leçon, comme jadis David devant Natan (2 S 12). La remise est purement gratuite : nul ne pouvait rembourser, et c'est la grâce qui suscite la reconnaissance.
« Elle a beaucoup aimé »
Vient la clé du récit : « Ses nombreux péchés sont pardonnés, puisqu'elle a montré beaucoup d'amour ; mais celui à qui l'on pardonne peu montre peu d'amour. » L'amour de la femme n'achète pas le pardon — il en est le signe éclatant et le débordement reconnaissant. Ayant beaucoup reçu, elle aime beaucoup ; Simon, qui se croit peu redevable, reste tiède. Jésus déclare alors : « Tes péchés sont pardonnés », et les convives s'interrogent : « Qui est-il, pour pardonner même les péchés ? » (cf. 5, 21, prérogative proprement divine). Enfin : « Ta foi t'a sauvée : va en paix. »
Beaucoup aimer parce que beaucoup pardonné
Plus on prend conscience de la miséricorde reçue, plus on aime. Les saints ne sont pas ceux qui auraient peu péché, mais ceux qui se savent pécheurs pardonnés et en restent éperdus de gratitude. À l'inverse, l'illusion de n'avoir presque rien à se faire remettre dessèche le cœur, comme chez Simon. La reconnaissance pour le pardon est ainsi la racine vivante de la charité : on n'aime vraiment Dieu qu'après avoir mesuré tout ce dont il nous a déchargés.
L'amour audacieux
La pécheresse ne se laisse arrêter ni par le mépris des convives ni par les convenances qui la condamnent. Elle ose franchir le seuil, pleurer, dénouer ses cheveux, répandre son parfum le plus précieux. Elle enseigne une dévotion sans calcul : exprimer son amour pour le Christ par des gestes concrets et coûteux, sans honte du regard des autres. Là où la honte voudrait paralyser, l'amour pousse à s'avancer : la sainteté commence souvent par cette audace du cœur contrit.
Ne pas juger comme Simon
Le pharisien voit une « pécheresse » ; Jésus voit une femme qui aime et se convertit. La tentation de l'étiquette enferme l'autre dans son passé et lui refuse tout avenir de grâce. L'Évangile invite au regard inverse : discerner sous la faute l'élan naissant, sous la réputation le cœur en chemin. Juger l'autre nous dispense à bon compte de nous convertir nous-mêmes ; accueillir sa conversion, au contraire, nous ouvre à la même miséricorde.
« Va en paix »
« Ta foi t'a sauvée. » Le pardon ne se contente pas d'effacer : il donne la paix et remet debout celui que le péché courbait. Cette scène est une icône du sacrement de réconciliation : on s'y avance avec ses larmes, on en repart non humilié mais aimé, sauvé et envoyé. La paix du Christ n'est pas un simple apaisement, mais la vie nouvelle de qui se sait gracié et peut désormais aimer à son tour.
Cette semaine
- Dimanche 13 24e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 21-35
- Lundi 14 La Croix Glorieuse Jn 3, 13-17
- Mardi 15 Mardi de la 24e semaine du Temps ordinaire Jn 19, 25-27
- Mercredi 16 Mercredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 31-35
- Jeudi 17 Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 36-50
- Vendredi 18 Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 1-3
- Samedi 19 Samedi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 4-15
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