L'Évangile du jour

Mercredi 16 septembre 2026

Mercredi de la 24e semaine du Temps ordinaire

S. Corneille, pape, et S. Cyprien, évêque, martyrs · Mémoire

Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements rouges

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 7, 31-35

« Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré »

Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia.

31À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ? À qui ressemblent-ils ?32Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s’interpellent en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré.”33Jean le Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : “C’est un possédé !”34Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.”35Mais, par tous ses enfants, la sagesse de Dieu a été reconnue juste. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 7 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 1 Co 12, 31 – 13, 13« Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité »
  • Psaume Ps 32 (33), 2-3, 4-5, 12.22

Lire toute la messe sur le site de l'AELF

Comprendre ce passage

L'appréciation de Jean par JésusLuc 7, 24-35

Contexte historique et social

Le désert et l'attente prophétique

À peine partis les envoyés du Baptiste (7, 18-23), Jésus se tourne vers les foules et évoque leur démarche : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? » Le désert de Judée, près du Jourdain, n'était pas un lieu neutre : il rappelait l'Exode et les prophètes, et l'on y attendait le renouveau d'Israël. Que des multitudes aient quitté villes et villages pour y descendre dit la ferveur d'une génération en quête, persuadée que Dieu allait de nouveau parler par un envoyé.

Le roseau et les vêtements délicats

Les images de Jésus dessinent, par contraste, le portrait du vrai prophète. Le roseau agité par le vent — abondant sur les rives du Jourdain — figure l'homme inconstant, la girouette ; or Jean fut tout l'inverse, ferme jusqu'au martyre. Les vêtements délicats et la vie « dans les palais » évoquent les courtisans d'Hérode, peut-être une pointe contre celui-là même qui tenait Jean en prison. Le Baptiste, vêtu de poil de chameau, fut l'austère témoin que la flatterie n'a jamais fléchi.

Le messager annoncé par l'Écriture

Jésus applique alors à Jean un oracle de Malachie (Ml 3, 1), coloré du langage de l'Exode (Ex 23, 20) : « voici que j'envoie mon messager devant ta face ». Jean est donc le précurseur, celui qui prépare le chemin du Seigneur lui-même. La tradition juive attendait le retour d'Élie avant le grand Jour (Ml 3, 23) ; Jean tient ce rôle, charnière vivante entre l'ancienne et la nouvelle Alliance, dernier des prophètes et seuil du Royaume.

Lecture biblique et exégétique

Le plus grand — et le plus petit du Royaume

« Parmi les enfants des femmes, nul n'est plus grand que Jean » : tournure sémitique pour dire l'ensemble des humains, qui place le Baptiste au sommet de l'ancienne Alliance. Et pourtant « le plus petit dans le Royaume est plus grand que lui ». La comparaison ne juge pas la sainteté personnelle de Jean, mais oppose deux économies : la nouveauté du Royaume inauguré par Jésus surpasse tout ce qui le précède. Appartenir au Christ, par grâce, vaut plus que toute grandeur seulement annoncée.

Deux réponses au dessein de Dieu

Luc insère ici une remarque qui lui est propre. « Tout le peuple », et jusqu'aux publicains, en recevant le baptême de Jean, ont « reconnu la justice de Dieu » — ils ont consenti au plan divin. Mais les pharisiens et les légistes, en refusant ce baptême, ont « rejeté le dessein de Dieu sur eux ». Devant le même appel, deux dispositions du cœur : l'humble s'ouvre à la conversion, le suffisant se ferme. La justice de Dieu se révèle ainsi accueillie par les petits et manquée par les sages.

Les enfants capricieux sur la place

Jésus compare alors « cette génération » à des enfants sur la place du marché qui refusent tous les jeux : « nous vous avons joué de la flûte, vous n'avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, vous n'avez pas pleuré ». La petite parabole vise une humeur impossible à contenter. Ni le rythme joyeux ni le chant de deuil ne trouvent réponse : ces capricieux veulent mener le jeu et n'entrer dans aucune proposition de Dieu, qu'elle soit austérité ou festin.

Jean l'austère, le Fils de l'homme à table

L'application est limpide. Jean est venu « ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin » : on l'a dit possédé, « il a un démon ». Le Fils de l'homme est venu « mangeant et buvant », partageant la table des pécheurs : on l'a traité de « glouton et d'ivrogne, ami des publicains ». Le cœur qui ne veut pas croire trouve toujours un prétexte opposé. Mais la conclusion renverse l'accusation : « la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants » — les fruits de Dieu attestent ses voies.

Pour la vie spirituelle et pratique

Mesurer la grâce du Royaume

Si « le plus petit dans le Royaume » surpasse le plus grand des prophètes, quelle grâce inouïe que d'y être admis par le baptême ! Le chrétien risque d'oublier ce trésor à force de l'avoir reçu tôt et gratuitement. Ne pas tenir pour banal le don d'appartenir au Christ, mais en vivre avec gratitude et dignité : ce que les patriarches et les prophètes ont seulement entrevu de loin, le plus humble baptisé le possède réellement aujourd'hui.

Accueillir le dessein de Dieu sur soi

Les pharisiens ont « rejeté le dessein de Dieu sur eux » : la précision est saisissante, car Dieu a pour chacun un plan d'amour singulier. On peut, comme le peuple humble, y consentir, ou bien, comme les docteurs sûrs d'eux, le récuser au nom de ses propres certitudes. Demander un cœur ouvert et docile, prêt à reconnaître les messagers que Dieu envoie, fussent-ils déconcertants, et à ne pas préférer ses vues à la volonté du Père.

Démasquer les prétextes de l'incrédulité

Le jeu de l'incrédulité est éternel : Dieu paraît tantôt trop austère sous les traits de Jean, tantôt trop familier sous ceux de Jésus à table. Toujours l'objection se retourne pour éviter de se rendre. Il est sage de débusquer en soi ces excuses mouvantes par lesquelles on esquive la conversion — « c'est trop dur » ou « c'est trop facile » —, et de reconnaître qu'au fond elles déguisent un refus de changer de vie.

Faire confiance à la Sagesse de Dieu

« La Sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » Les fruits de sainteté, chez Jean comme chez Jésus, confirment après coup la justesse des voies divines, par-delà les jugements hâtifs de la foule. À nous de nous fier à cette Sagesse, même quand le monde la tient pour folie (cf. 1 Co 1, 25), assurés que ses œuvres finiront par la justifier dans la vie de ceux qui se laissent conduire par elle.

Cette semaine

  1. Dimanche 13 24e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 21-35
  2. Lundi 14 La Croix Glorieuse Jn 3, 13-17
  3. Mardi 15 Mardi de la 24e semaine du Temps ordinaire Jn 19, 25-27
  4. Mercredi 16 Mercredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 31-35
  5. Jeudi 17 Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 36-50
  6. Vendredi 18 Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 1-3
  7. Samedi 19 Samedi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 4-15

Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Suisse. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique