L'Évangile du jour
Lundi 7 septembre 2026
Lundi de la 23e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Ils observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat »
Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia.
6Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée.7Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser.8Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout.9Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? »10Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale.11Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Co 5, 1-8« Purifiez-vous des vieux ferments, car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ »
- Psaume Ps 5, 2-3, 5-6ab, 6c-7, 12
Comprendre ce passage
L'appel de Lévi et les controverses avec les pharisiensLuc 5, 27 – 6, 11
Les publicains, pécheurs publics
Lévi est assis au bureau des taxes, sans doute près de Capharnaüm, sur les routes commerciales du lac. Les publicains affermaient la levée des droits de douane et des péages pour le compte de l'occupant : réputés collaborateurs de Rome, soupçonnés d'extorsion, ils étaient tenus pour impurs par contact avec les païens et rangés avec les voleurs. Appeler un tel homme, puis manger chez lui, est un véritable scandale, car partager la table signifiait communion, alliance et acceptation mutuelle.
Le jeûne et la piété pharisienne
Au-delà du jeûne unique prescrit par la Loi pour le Jour des Expiations (Lv 16), la dévotion juive multipliait les jeûnes volontaires : les pharisiens jeûnaient deux fois la semaine (cf. Lc 18, 12), et les disciples de Jean prolongeaient l'austérité du Baptiste. Le jeûne exprimait le deuil, la pénitence et surtout l'attente ardente de la venue de Dieu. Que les disciples de Jésus mangent et boivent librement passe donc pour un relâchement, voire pour une rupture avec la piété reçue des anciens.
Le sabbat et ses interdits
Le sabbat (Ex 20, 8-11 ; Dt 5, 12-15) était strictement gardé comme signe de l'alliance. La tradition orale précisait les « travaux » défendus, que la Mishna fixera plus tard à trente-neuf catégories, dont moissonner, battre et vanner le grain. On ne soignait un malade que si sa vie était en péril ; sinon, il fallait attendre le lendemain. Sur ce terrain sensible, les scribes épient Jésus, guettant la moindre transgression pour l'accuser.
« Suis-moi »
À ce seul mot, Lévi « laissant tout, se leva et le suivit ». Comme les pêcheurs du chapitre précédent, il abandonne sa sécurité — un métier lucratif, un bureau qu'on ne retrouve pas — pour s'attacher au Christ. L'appel est purement gratuit : Jésus ne réclame pas d'abord un examen de conduite, il appelle et fait confiance. Le grand banquet offert ensuite « dans sa maison » manifeste la joie du converti et la table ouverte aux pécheurs : la conversion s'achève en festin, non en reproche.
Le médecin des pécheurs ; l'Époux ; le vin nouveau
À ceux qui s'indignent, Jésus répond par l'image du médecin : seuls les malades en ont besoin, et il est venu « appeler les pécheurs à la conversion ». Sur le jeûne, il se dit l'Époux — titre que l'Ancien Testament réservait à Dieu uni à son peuple (Os 2 ; Is 62) : les noces ne sont pas un temps de deuil, mais « l'Époux leur sera enlevé », première annonce voilée de la Passion. Enfin le vin nouveau ne tient pas dans de vieilles outres : la grâce neuve réclame un cœur renouvelé, et Luc note finement la résistance des habitudes — « le vieux est meilleur ».
Maître du sabbat (les épis arrachés)
Un sabbat, les disciples arrachent des épis et les froissent dans leurs mains pour manger. Aux pharisiens qui y voient une moisson interdite, Jésus oppose l'exemple de David mangeant, avec ses hommes, les pains de l'offrande réservés aux prêtres (1 S 21, 1-7) : le besoin réel et la miséricorde priment sur l'observance littérale. Puis il proclame : « le Fils de l'homme est maître du sabbat » — formule qui, dans le sillage de Daniel 7, revendique une autorité divine sur la Loi elle-même, non un simple assouplissement humain.
Faire le bien le jour du sabbat (la main desséchée)
Dans la synagogue, un homme a la main droite desséchée — Luc, en médecin, précise « droite ». Épié par les scribes qui cherchent un motif d'accusation, Jésus place le malade « au milieu », au vu de tous, et déplace la question : « Est-il permis, le sabbat, de faire le bien ou de faire le mal, de sauver une vie ou de la perdre ? » Refuser de guérir, c'est déjà pencher du côté du mal. Il guérit d'une parole ; les adversaires, « remplis de fureur », se concertent contre lui : la montée vers la Passion s'amorce.
Le médecin des pécheurs
Le Christ vient pour les malades, non pour ceux qui se croient en bonne santé spirituelle. Se reconnaître pécheur n'éloigne pas de lui : c'est précisément la condition pour être appelé, pardonné et guéri. L'Église n'est pas un cercle de purs mais cette table où s'asseyent les pécheurs en chemin de conversion. Chacun peut entendre pour lui le « Suis-moi » adressé à Lévi, et y répondre sans attendre d'être déjà digne.
Vin nouveau, outres neuves
Pour accueillir la grâce, il faut des outres neuves : un cœur disponible, prêt à être renouvelé par l'Esprit plutôt que figé dans ses sécurités. Le mot de Luc — « le vieux est meilleur » — décrit avec justesse la pente du confort, qui préfère l'habitude à la nouveauté de Dieu. La vie spirituelle suppose donc une conversion continue, une souplesse intérieure qui ne refuse pas le changement auquel le Christ appelle.
Le sabbat pour l'homme
Le repos du Jour du Seigneur est un don, ordonné à l'adoration de Dieu et au service de la miséricorde, non un poids qui écrase. L'observance ne saurait jamais servir de prétexte pour différer le bien : « faire le bien » demeure toujours permis, et même requis. La règle est au service de l'amour, non l'inverse ; sanctifier le jour saint, c'est le remplir de prière et de charité envers le prochain.
Garder le cœur libre devant la Loi
Face à une religion qui « épie pour accuser », Jésus enseigne une obéissance libre et miséricordieuse, attentive aux personnes plus qu'aux apparences. Sa liberté souveraine devant la Loi nous invite à un examen exigeant : ma pratique religieuse me rend-elle plus bon, plus accueillant, plus proche des blessés — ou me sert-elle surtout à me rassurer et à juger les autres ? La vraie fidélité conduit au cœur du Père, jamais au mépris du frère.
Cette semaine
- Dimanche 6 23e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 15-20
- Lundi 7 Lundi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 6-11
- Mardi 8 La Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie Mt 1, 1-16.18-23
- Mercredi 9 Mercredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 20-26
- Jeudi 10 Jeudi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 27-38
- Vendredi 11 Vendredi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 39-42
- Samedi 12 Samedi de la 23e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 43-49
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