L'Évangile du jour
Samedi 1er août 2026
Samedi de la 17e semaine du Temps ordinaire
S. Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Église · Mémoire
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Hérode envoya décapiter Jean dans la prison. Les disciples de Jean allèrent l’annoncer à Jésus »
Alléluia. Alléluia.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Alléluia.
1En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus2et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. »3Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe.4En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. »5Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.6Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode.7Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait.8Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. »9Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner.10Il envoya décapiter Jean dans la prison.11La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère.12Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Jr 26, 11-16.24« C’est vraiment le Seigneur qui m’a envoyé vers vous proclamer toutes ces paroles »
- Psaume Ps 68 (69), 15, 16, 30-31, 33-34
Comprendre ce passage
La mort de Jean le BaptisteMatthieu 14, 1-12
1. Hérode Antipas et sa conscience troublée
Hérode Antipas, tétrarque de Galilée et de Pérée (fils d'Hérode le Grand), entend parler de Jésus et s'écrie, la conscience tourmentée : « C'est Jean le Baptiste ! Il est ressuscité d'entre les morts ! » Ce remords introduit le retour en arrière sur la mort de Jean.
2. La cause : la dénonciation d'un mariage illégitime
Hérode avait fait arrêter Jean parce que celui-ci lui reprochait son union avec Hérodiade, femme de son frère (Philippe) : « Il ne t'est pas permis de l'avoir pour femme » (cf. Lv 18, 16 ; 20, 21 — épouser la femme de son frère vivant est interdit). Jean défendait ainsi la loi morale sur le mariage. Hérode voulait le tuer, mais craignait la foule, qui tenait Jean pour un prophète.
3. Le banquet, la danse et le serment
Au banquet d'anniversaire d'Hérode, la fille d'Hérodiade (la tradition la nomme Salomé, d'après Josèphe) danse et plaît au tétrarque. Hérode, exalté, lui promet par serment tout ce qu'elle demandera. Poussée par sa mère, elle réclame « la tête de Jean le Baptiste sur un plat ». Hérode est « attristé », mais « à cause de son serment et de ses convives » (le respect humain), il fait décapiter Jean en prison. Les disciples de Jean ensevelissent le corps et préviennent Jésus.
4. Une confirmation extérieure
L'historien Flavius Josèphe (Antiquités juives, XVIII, 5) confirme indépendamment l'exécution de Jean par Antipas, à la forteresse de Machéronte ; il en donne un motif plus politique (la crainte de l'influence de Jean), qui n'exclut pas le motif moral rapporté par l'Évangile.
1. Un récit en flash-back
Matthieu place ce récit en rétrospective, déclenché par la frayeur superstitieuse d'Hérode. La conscience coupable du tétrarque (« Jean, que j'ai fait décapiter, est ressuscité ») encadre toute la scène : le meurtrier est hanté par sa victime.
2. Le contraste des deux banquets
L'évangéliste oppose, presque côte à côte, deux festins : le banquet de mort d'Hérode (l'anniversaire qui s'achève par une décapitation) et, aussitôt après, le banquet de vie de la multiplication des pains (14, 13-21). D'un côté la luxure, l'orgueil et le sang ; de l'autre la compassion et le pain partagé.
3. Jean, précurseur jusque dans la mort
Jean précède Jésus dans la mort comme il l'a précédé dans la naissance et le ministère : le juste tué par le pouvoir, livré par lâcheté, victime de la peur de la foule et du respect humain. Sa fin préfigure la Passion du Christ.
Le courage de la vérité
Jean va jusqu'au bout du témoignage : il dit la vérité à un roi, au péril de sa vie. Modèle de courage pour qui doit, aujourd'hui encore, défendre la vérité et la justice — sur le mariage, sur la vie, sur le droit — quand cela coûte et déplaît aux puissants.
Les ravages du respect humain
Hérode montre, à l'inverse, comment le respect humain et l'orgueil mènent au pire : par peur du regard de ses convives, par souci de ne pas se déjuger, il commet l'irréparable. Méfions-nous des promesses précipitées et de l'amour-propre qui fait persévérer dans le mal pour ne pas perdre la face. Une parole donnée ne lie jamais au péché.
Prier avec les martyrs
Le martyre de Jean nous unit à tous les témoins de la foi et de la justice persécutés. Et il invite à demander, pour nous-mêmes, la grâce de préférer la fidélité à Dieu à l'estime des hommes.
Cette semaine
- Dimanche 26 17e dimanche du Temps ordinaire Mt 13, 44-52
- Lundi 27 Lundi de la 17e semaine du Temps ordinaire Mt 13, 31-35
- Mardi 28 Mardi de la 17e semaine du Temps ordinaire Mt 13, 36-43
- Mercredi 29 Mercredi de la 17e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 38-42
- Jeudi 30 Jeudi de la 17e semaine du Temps ordinaire Mt 13, 47-53
- Vendredi 31 Vendredi de la 17e semaine du Temps ordinaire Mt 13, 54-58
- Samedi 1 Samedi de la 17e semaine du Temps ordinaire Mt 14, 1-12
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