L'Évangile du jour
Mardi 30 juin 2026
Mardi de la 13e semaine du Temps ordinaire
Ss. Premiers martyrs de l'Église de Rome · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme »
Alléluia. Alléluia.
J’espère le Seigneur,
et j’attends sa parole.
Alléluia.
23Comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent.24Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait.25Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »26Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme.27Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Am 3, 1-8 ; 4, 11-12« Quand le Seigneur Dieu a parlé, qui refuserait d’être prophète ? »
- Psaume Ps 5, 5-6ab, 6c-7, 8
Comprendre ce passage
La tempête apaiséeMatthieu 8, 23-27
1. La barque de pêche du lac de Galilée
La scène se déroule dans une barque de pêche du lac. L'archéologie en a mis au jour un exemplaire du Ier siècle — la « barque de Galilée », dégagée du limon en 1986 : environ huit mètres de long, à fond plat, mue à la voile et à la rame, capable de porter une quinzaine d'hommes. C'est dans une telle embarcation, basse sur l'eau et vite submergée, que se trouvent Jésus et ses disciples — dont plusieurs étaient des pêcheurs de métier, ce qui rend leur épouvante d'autant plus éloquente.
2. Des tempêtes aussi soudaines que violentes
Le lac, encaissé à quelque 210 mètres sous le niveau de la mer, est réputé pour ses bourrasques subites : l'air froid des plateaux s'engouffre dans la cuvette et soulève en quelques minutes des vagues dangereuses, parfois mortelles pour de petites embarcations. Ces coups de vent étaient redoutés des riverains.
3. « Dormir à l'arrière » et « menacer » la mer
Deux détails parlent à qui connaît ce monde. Dormir à l'arrière — saint Marc précise « sur le coussin », celui du barreur — évoque l'épuisement d'une longue journée : un trait de sa vraie humanité. Et le verbe employé pour calmer la tempête — Jésus « menace » (ou rabroue) les vents et la mer — est exactement celui des exorcismes : car la mer déchaînée est, dans la Bible, le symbole des puissances du chaos et du mal (Ps 74 ; Jb 38) que Dieu seul réduit au silence.
1. « Seigneur, sauve-nous »
Le cri des disciples (kyrie, sôson hêmas) est déjà une prière, adressée au « Seigneur ». Mais il est mêlé d'angoisse (« nous périssons ! »). Jésus relèvera précisément ce mélange : la foi y est réelle (on crie vers lui), mais entachée de peur.
2. « Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? »
Jésus reproche le « peu de foi » (oligopistoi, terme cher à Matthieu) avant d'apaiser la tempête : l'ordre est pédagogique. La foi aurait dû précéder le miracle ; la peur révèle qu'ils n'ont pas encore saisi qui était avec eux dans la barque.
3. « Il menaça les vents et la mer »
Le verbe « menaça » (epetimêsen) est celui qu'on emploie pour commander aux démons : Jésus traite la tempête comme une puissance hostile à réduire au silence. Dans la Bible, la mer déchaînée symbolise le chaos et les forces du mal (Ps 74 ; Jb 38). Le « grand calme » (galênê megalê) qui suit est une victoire sur le chaos.
4. « Quel est donc celui-ci ? » : la question christologique
Or commander aux flots est, dans l'Ancien Testament, une prérogative divine : « Il réduisit la tempête au silence, et les vagues se turent » (Ps 107, 29 ; cf. Ps 65, 8 ; Ps 89, 10 ; Jb 38, 8-11). En posant ce geste, Jésus accomplit ce que seul Dieu fait. La question émerveillée des disciples — « Quel est donc celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? » — ouvre, sans encore la nommer, l'énigme de sa divinité.
Sa présence, même silencieuse, suffit
Aux heures où tout chavire et où Dieu paraît endormi, ce récit enseigne que sa présence, même silencieuse, suffit. La peur naît du sentiment de son absence ; la foi sait qu'il est là, dans la barque de notre vie comme dans celle de l'Église, et que rien ne peut nous engloutir avec lui à bord.
Crier vers lui : un réflexe de foi
« Seigneur, sauve-nous » n'est pas un manque de foi, mais son premier réflexe — à condition de croire qu'il peut, et veut, faire « le grand calme ». Réveiller le Seigneur par la prière, c'est réveiller en soi la foi assoupie.
Traverser, non éviter, la tempête
Jésus n'épargne pas la tempête à ses disciples : il la traverse avec eux. L'épreuve devient ainsi le lieu même où la foi se purifie et grandit, où se révèle qui est vraiment Celui que nous suivons. La paix qu'il donne n'est pas l'absence d'orage, mais sa présence au cœur de l'orage.
Cette semaine
- Dimanche 28 13e dimanche du Temps ordinaire Mt 10, 37-42
- Lundi 29 Saints Pierre et Paul, Apôtres Mt 16, 13-19
- Mardi 30 Mardi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 23-27
- Mercredi 1 Mercredi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 28-34
- Jeudi 2 Jeudi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 1-8
- Vendredi 3 Saint Thomas, apôtre Jn 20, 24-29
- Samedi 4 Samedi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 14-17
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