L'Évangile du jour
Dimanche 26 avril 2026
4e dimanche de Pâques
Dimanche Temps pascal Année A Ornements blancs Semaine IV du Psautier
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Je suis la porte des brebis »
Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia.
1« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.2Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.3Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.4Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.5Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »6Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.7C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.8Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.9Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.10Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Ac 2, 14a.36-41« Dieu l’a fait Seigneur et Christ »
- Psaume Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
- Deuxième lecture 1 P 2, 20b-25« Vous êtes retournés vers le berger de vos âmes »
Comprendre ce passage
Jésus, la porte et le bon PasteurJean 10, 1-21
La bergerie et le berger en Orient
En Judée, les troupeaux passaient la nuit dans un enclos (aulē) de pierres sèches, parfois commun à plusieurs bergers et gardé par un portier. Au matin, chaque pâtre appelait ses bêtes : habituées à sa voix et même à leur nom, elles sortaient et le suivaient, car il marchait devant elles. La scène était d'une familiarité immédiate, et le contraste évident avec le voleur qui, lui, n'entre pas par la porte mais « par-dessus » le mur.
Le pasteur dans l'Ancien Testament
Le langage pastoral est saturé d'Écriture. Dieu est le pasteur d'Israël qui mène son troupeau (Ps 23 ; Is 40, 11), tandis qu'Ézéchiel dénonce les mauvais pasteurs qui se paissent eux-mêmes : Dieu promet alors de venir paître lui-même son peuple par un pasteur davidique unique (Ez 34). En se disant le bon Pasteur, Jésus s'applique ces oracles : il est à la fois le Dieu qui visite son troupeau et le Messie attendu.
Une parole née du conflit
Le discours prolonge la guérison de l'aveugle-né (Jn 9), que les pharisiens viennent de chasser de la synagogue. Ces chefs aveugles sont en arrière-plan des « voleurs » et des mercenaires qui ne cherchent pas le bien des brebis. La scène se situe à Jérusalem, vers la fête de la Dédicace (10, 22), dans un climat tendu où l'on accuse Jésus d'avoir « perdu la raison ». L'allégorie est aussi un réquisitoire contre les bergers infidèles d'Israël.
« Je suis la porte »
Voici le premier « Je suis » du chapitre : « je suis la porte des brebis ». Par lui seul on accède au bercail : « si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera, il sortira, et trouvera un pâturage ». Les voleurs venus « avant lui » ne visent que le profit — « voler, égorger, détruire » —, tandis que lui vient pour que les brebis aient la vie « en abondance ».
« Je suis le bon Pasteur »
L'adjectif grec n'est pas agathos mais kalos : le pasteur beau et bon, modèle achevé de tout berger. Sa marque est le don : il « donne sa vie (psychē) pour ses brebis » — annonce voilée de la Croix. À l'opposé, le mercenaire, à qui les brebis n'appartiennent pas, fuit dès que paraît le loup : son salaire l'attache au gain, non aux bêtes. L'amour se mesure à l'aune du danger.
Connaître et être connu
« Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent » : dans la Bible, connaître n'est pas savoir abstrait mais relation vivante, jusqu'à l'alliance. Jésus élève aussitôt cette connaissance à son sommet : « comme le Père me connaît et que je connais le Père ». La connaissance du pasteur et du troupeau est ainsi greffée sur la communion même du Père et du Fils, où la grâce nous introduit.
« D'autres brebis… un seul troupeau »
« J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos ; celles-là aussi, je dois les conduire » : au-delà d'Israël, Jésus regarde les nations appelées à la foi. Le grec précise : non un seul enclos, mais « un seul troupeau, un seul pasteur ». L'unité annoncée n'est pas l'uniformité d'un parc, mais la communion d'un peuple rassemblé autour de l'unique berger — l'esquisse de l'Église.
Le don libre de la vie
Jésus écarte toute contrainte : « personne ne me l'enlève, je la donne de moi-même ; j'ai pouvoir de la donner et de la reprendre ». Sa Passion n'est pas une défaite subie mais l'acte souverain et libre d'un amour qui s'offre, déjà tendu vers la résurrection. À ces mots, la foule se divise : les uns crient au démon, d'autres pressentent la voix de Dieu.
Écouter la voix du Pasteur
Les brebis « connaissent sa voix » et fuient l'étranger. Mille voix sollicitent le croyant ; il faut apprendre à reconnaître celle du Christ et à la suivre, par la prière, l'Écriture méditée et l'enseignement de l'Église. Cette écoute se cultive comme une familiarité. Discerner sa voix, c'est aussi démasquer celle des « voleurs » qui ne veulent pas notre vie, mais notre perte.
Se savoir connu et aimé
Le Bon Pasteur connaît chacun et l'appelle par son nom : nul n'est pour lui anonyme dans la masse. Cette vérité fonde une paix profonde — je suis personnellement voulu et aimé, jusque dans ce que nul autre ne perçoit. Vivre dans cette confiance, c'est se laisser conduire même par les chemins arides, sûr que le berger marche devant et ne se perd pas.
Le Pasteur qui donne sa vie
Au centre de la page brille la Croix, mesure d'un amour qui va jusqu'au bout. Contempler ce Pasteur qui meurt pour nous appelle l'imitation : tout chrétien — et d'abord les pasteurs, mais aussi les parents et tout éducateur — est convié à donner sa vie par amour, au lieu de servir en mercenaire. Le vrai berger ne fuit pas quand vient le loup de l'épreuve.
L'unité du troupeau
Le désir du Christ d'« un seul troupeau, un seul Pasteur » demeure une blessure ouverte tant que les chrétiens restent divisés. À sa suite, prier et œuvrer pour l'unité des disciples n'est pas option mais fidélité. Ce vœu commande aussi le zèle missionnaire, le rassemblement des « autres brebis » : l'Église n'est elle-même qu'en sortant, comme le Pasteur, à la recherche de ceux qui manquent.
Cette semaine
- Dimanche 26 4e dimanche de Pâques Jn 10, 1-10
- Lundi 27 Lundi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 10, 1-10
- Mardi 28 Mardi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 10, 22-30
- Mercredi 29 Ste Catherine de Sienne, vierge et docteur de l'Église Mt 11, 25-30
- Jeudi 30 Jeudi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 13, 16-20
- Vendredi 1 Vendredi de la 4e semaine du Temps pascal Jn 14, 1-6
- Samedi 2 La Bienheureuse Vierge Marie consolatrice des affligés Jn 19, 25-27
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