L'Évangile du jour

Dimanche 11 janvier 2026

Le Baptême du Seigneur

Fête

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Matthieu 3, 13-17

« Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui »

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert,
l’Esprit descend sur Jésus,
et la voix du Père domine les eaux :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »
Alléluia.

13Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.14Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »15Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.16Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.17Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 3 de saint Matthieu avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Première lecture Is 42, 1-4.6-7« Voici mon serviteur, qui a toute ma faveur »
  • Psaume Ps 28 (29), 1-2, 3ac-4, 3b.9c-10
  • Deuxième lecture Ac 10, 34-38« Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint »

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Comprendre ce passage

Le baptême de JésusMatthieu 3, 13-17

Contexte historique et social

1. De la Galilée au Jourdain

Jésus vient « de la Galilée au Jourdain » : un trajet délibéré, d'environ une centaine de kilomètres vers le sud, pour rejoindre Jean au lieu de son baptême (la tradition situe « Béthanie au-delà du Jourdain », Jn 1, 28). Le geste est volontaire et public : Jésus inaugure ainsi sa vie publique.

2. Un paradoxe : l'innocent reçoit un baptême de pénitence

La scène est paradoxale, et Matthieu seul rapporte la résistance de Jean : « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Pourquoi celui qui est sans péché reçoit-il un baptême de conversion ? Toute la suite va l'éclairer.

3. Une théophanie au Jourdain

Le baptême s'accompagne d'une théophanie (manifestation de Dieu) : les cieux s'ouvrent, l'Esprit descend « comme une colombe », et la voix du Père retentit. La colombe évoque l'Esprit de Dieu planant sur les eaux de la création (Gn 1, 2) et la colombe de Noé annonçant la fin du déluge et la paix retrouvée (Gn 8) : une création nouvelle commence aux eaux du Jourdain.


Lecture biblique et exégétique

1. « Il convient que nous accomplissions toute justice » (v. 15)

À l'objection de Jean, Jésus répond par une parole propre à Matthieu : « Laisse faire pour l'instant, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice » (pasan dikaiosynên). La « justice » désigne ici l'accomplissement du dessein de Dieu. Jésus se fait baptiser non pour ses propres péchés (il n'en a pas), mais pour : (a) s'unir aux pécheurs dans un geste de solidarité ; (b) accomplir la volonté du Père ; (c) inaugurer sa mission ; (d) selon la lecture patristique, sanctifier les eaux.

2. La première manifestation explicite de la Trinité

Le baptême est, dans les évangiles, la première manifestation trinitaire claire : le Père dans la voix, le Fils dans les eaux, l'Esprit sous la forme de la colombe. Trois Personnes distinctes, un seul Dieu : la scène est un sommet de la révélation, et l'Orient en a fait l'une de ses plus grandes fêtes, la Théophanie (« manifestation de Dieu »).

3. « Les cieux s'ouvrirent »

L'expression (v. 16) a une portée théologique : les cieux, fermés depuis le péché, se rouvrent. C'est l'exaucement du cri d'Isaïe : « Ah ! si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! » (Is 63, 19). La communication entre Dieu et les hommes est rétablie en Jésus.

4. La voix du Père : Roi-Messie et Serviteur souffrant

La parole du Père (« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie ») tisse ensemble deux textes majeurs : le Psaume 2, 7 (« Tu es mon Fils », l'intronisation du Roi-Messie) et Isaïe 42, 1 (« Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui mon âme se complaît ; j'ai mis sur lui mon Esprit »). Jésus est ainsi révélé à la fois comme le Messie royal et comme le Serviteur souffrant qui portera le péché. L'expression « Fils bien-aimé » (huios agapêtos) réapparaîtra, identique, à la Transfiguration (Mt 17, 5).

5. La portée pour la mission de Jésus

Le baptême inaugure le ministère public, révèle l'identité de Jésus (Fils) et oriente sa mission (le Serviteur sur qui repose l'Esprit). En se plongeant dans le Jourdain parmi les pécheurs, Jésus anticipe déjà le « baptême » de sa mort (cf. Mc 10, 38 ; Lc 12, 50) : la descente dans l'eau préfigure la descente dans la mort, et la remontée, la résurrection.


Pour la vie spirituelle et pratique

Le Christ solidaire des pécheurs

Au Jourdain, le Christ prend volontairement rang parmi les pécheurs : c'est déjà toute la logique de la Rédemption, lui qui n'a pas connu le péché se faisant solidaire des pécheurs, jusqu'à la Croix. Contempler cette humilité guérit la nôtre et nous apprend à descendre, nous aussi, vers nos frères.

Le miroir de notre propre baptême

Ce récit est surtout le miroir de notre baptême. Sur chaque baptisé, plongé dans la mort et la résurrection du Christ (cf. Rm 6), le Père prononce les mêmes mots : tu es mon enfant bien-aimé. Toute la vie spirituelle consiste à croire cette parole et à en vivre, surtout aux heures où nous nous sentons tout sauf « bien-aimés ». Le Catéchisme rappelle que le baptême de Jésus est la préfiguration et le fondement du nôtre (CEC 535-537).

Vivre de son identité filiale

La voix du Père au Jourdain est une bonne nouvelle d'identité : avant toute performance, avant tout mérite (« en qui je trouve ma joie » est dit avant que Jésus ait prêché ou guéri), nous sommes aimés comme des enfants. Puiser là sa paix : non dans ce que je fais, mais dans ce que Dieu dit de moi.

Entrer dans la vie trinitaire

Le baptême nous insère dans la vie de la Trinité manifestée au Jourdain : nous sommes baptisés « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Renouveler souvent la conscience de cette présence (le Père qui nous engendre, le Fils en qui nous sommes fils, l'Esprit qui repose sur nous) est la source de toute prière chrétienne.


Cette semaine

  1. Dimanche 11 Le Baptême du Seigneur Mt 3, 13-17
  2. Lundi 12 Lundi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
  3. Mardi 13 Mardi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 21-28
  4. Mercredi 14 Mercredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 29-39
  5. Jeudi 15 Jeudi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 40-45
  6. Vendredi 16 Vendredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 1-12
  7. Samedi 17 Samedi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 13-17

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