L'Évangile du jour
Vendredi 3 octobre 2025
Vendredi de la 26e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année impaire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé »
Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur.
Alléluia.
13Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre.14D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement.15Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non ! Jusqu’au séjour des morts tu descendras !16Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ba 1, 15-22« Nous avons péché contre le Seigneur, nous lui avons désobéi »
- Psaume Ps 78 (79), 1-2, 3-4a.5, 8-9acd
Comprendre ce passage
La mission des soixante-douzeLuc 10, 1-24
Soixante-douze envoyés
Au-delà des Douze, Jésus institue un cercle plus large et envoie soixante-douze disciples ; les manuscrits hésitent entre soixante-dix et soixante-douze, selon que l'on suit l'hébreu ou la version grecque des Septante pour la table des nations de Genèse 10. Le nombre n'est donc pas anodin : il évoque l'ensemble des peuples de la terre et annonce déjà l'universalité du salut, si chère à Luc. Là où les Douze renvoyaient aux tribus d'Israël, ces envoyés esquissent une mission qui débordera les frontières du peuple élu vers toutes les nations.
Deux par deux, agneaux parmi les loups
Les disciples partent deux par deux, selon une exigence biblique du double témoignage (Dt 19, 15) et pour le soutien fraternel sur des routes incertaines. Jésus les avertit sans détour : « je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ». L'image dit la vulnérabilité assumée de l'apôtre, désarmé, sans force ni protection mondaine. Le dénuement prescrit (ni bourse, ni sac, ni sandales de rechange) fait de la pauvreté même un signe : l'ouvrier ne s'appuie que sur Celui qui l'envoie et sur l'hospitalité qu'il rencontrera.
Les coutumes de la route et de l'accueil
« Ne saluez personne en chemin » : non un mépris, mais l'urgence d'une mission qui ne souffre pas les longues civilités orientales. L'ouvrier « mérite son salaire » : il est juste qu'il vive de l'Évangile et reçoive le pain de ses hôtes, sans courir de maison en maison à la recherche du meilleur accueil. Le geste de secouer la poussière d'une ville qui refuse était un rite connu, par lequel le juif pieux marquait sa rupture avec ce qu'il tenait pour païen et impur.
Les villes impénitentes
Jésus apostrophe enfin Chorazin, Bethsaïde et Capharnaüm, bourgades de Galilée témoins privilégiés de ses miracles. Comblées de grâces, elles n'ont pas cru. À elles, il oppose les cités païennes de Tyr et Sidon, voire Sodome, qui auraient fait pénitence : leur jugement sera plus supportable. Le principe est limpide et redoutable : à plus de grâce reçue, plus lourde responsabilité.
Porteurs de paix et du Royaume
Les envoyés précèdent Jésus « devant sa face », comme des hérauts qui préparent la venue du Maître. Leur premier mot, en entrant, est un don : « Paix à cette maison », le shalom biblique, plénitude de salut qui « repose » sur l'homme de paix ou « revient » à l'envoyé si elle est refusée. Leur annonce centrale tient en une phrase : « le Royaume de Dieu est tout proche ». Aussi le rejet de ces humbles messagers engage-t-il une décision devant Dieu lui-même : « qui vous écoute m'écoute, qui vous rejette me rejette, et rejette Celui qui m'a envoyé ».
« Je voyais Satan tomber »
Les soixante-douze reviennent dans la joie : « même les démons nous sont soumis en ton nom ! » Jésus dévoile alors la portée invisible de leur succès : « je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair ». Chaque exorcisme, chaque guérison est une brèche dans le règne du Mal, le signe que le Royaume avance. Il leur confie le pouvoir de fouler serpents et scorpions (cf. Ps 91, 13). Mais aussitôt il redresse leur joie : « réjouissez-vous non de cela, mais de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux », non dans les pouvoirs, mais dans le salut.
L'exultation dans l'Esprit et la révélation du Fils
Alors Jésus « exulte sous l'action de l'Esprit Saint » et bénit le Père : « tu as caché cela aux sages et aux savants, et tu l'as révélé aux tout-petits ». Suit une parole d'une densité unique, proche de l'évangile de Jean : « nul ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et qui est le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler ». La connaissance de Dieu n'est donc pas conquête de l'intelligence mais don gratuit, réservé aux cœurs humbles.
Heureux les yeux qui voient
Se tournant vers les siens, Jésus proclame une béatitude : « heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ». Bien des prophètes et des rois ont désiré contempler l'accomplissement des promesses sans l'obtenir. Les disciples, eux, vivent le temps du salut : ils voient et entendent le Messie en personne. Le privilège est immense, et il appelle la gratitude.
Prier le maître de la moisson
Devant le manque d'ouvriers (prêtres, missionnaires, catéchistes, témoins de toute condition), la première réponse n'est pas l'activisme mais la prière. La moisson appartient à Dieu ; lui seul appelle et envoie. À nous de l'implorer avec insistance pour les vocations et de nous tenir nous-mêmes disponibles, prêts à répondre si la voix retentit. L'évangélisation jaillit d'abord d'un cœur qui supplie avant d'agir.
Se réjouir d'être inscrit au ciel
La vraie joie du disciple ne réside pas dans les succès apparents ni dans les dons spectaculaires, mais dans cette certitude : être connu et aimé de Dieu, « inscrit dans les cieux ». Les fruits de l'apostolat sont réels, mais ils peuvent enfler l'orgueil. Garder le cœur humble devant ce que Dieu accomplit par nous, et rapporter à lui toute fécondité, préserve la joie de toute vanité.
La voie de l'enfance spirituelle
Dieu se révèle aux tout-petits, non aux orgueilleux qui se croient sages et se suffisent. Cette parole renverse les hiérarchies humaines du savoir : la connaissance de Dieu passe par l'humilité, la simplicité et la confiance filiale, plutôt que par les seules ressources de l'esprit. C'est la voie qu'illustreront tant de saints, et que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus nommera la « petite voie » : se faire petit pour être comblé.
Porter la paix et annoncer le Royaume
Comme les soixante-douze, le chrétien entre chez les autres en porteur de paix. L'évangélisation commence par ce don d'une présence pacifiante, qui désarme les défiances et prépare l'annonce. Elle demande aussi le courage d'une certaine pauvreté, de la dépendance à la Providence, et la liberté de passer outre quand le message est refusé, sans amertume. L'essentiel reste de dire, en actes et en paroles, que le Royaume s'est approché.
Cette semaine
- Dimanche 28 26e dimanche du Temps ordinaire Lc 16, 19-31
- Lundi 29 Saint Michel, Saint Gabriel et Saint Raphaël, Archanges Jn 1, 47-51
- Mardi 30 Mardi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 51-56
- Mercredi 1 Mercredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 57-62
- Jeudi 2 Jeudi de la 26e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 1-5.10
- Vendredi 3 Vendredi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 13-16
- Samedi 4 Samedi de la 26e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 17-24
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone France. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique