L'Évangile du jour

Vendredi 4 juillet 2025

Vendredi de la 13e semaine du Temps ordinaire

Ste Elisabeth de Portugal · Mémoire facultative

Mémoire Temps ordinaire Année impaire Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Matthieu 9, 9-13

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin. Je veux la miséricorde, non le sacrifice ».

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez
sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia.

9Jésus partit de là et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de collecteur d’impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.10Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.11Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »12Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.13Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 9 de saint Matthieu avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Gn 23, 1-4.19 ; 24, 1-8.62-67« Isaac aima Rébecca et se consola de la mort de sa mère »
  • Psaume 105 (106), 1-2, 3-4ab, 4c- 5

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Comprendre ce passage

La vocation de Matthieu, le publicainMatthieu 9, 9-13

Contexte historique et social

1. Le publicain, un paria

Au passage, Jésus voit un homme assis au bureau des taxes (telônion) : Matthieu, publicain (telônês). Les collecteurs d'impôts, au service de Rome ou d'Hérode Antipas, étaient tenus pour des collaborateurs de l'occupant et des pécheurs publics : réputés malhonnêtes (ils prélevaient au- delà du dû), rituellement impurs par leurs contacts avec les païens, méprisés et exclus de la considération religieuse. Les évangiles de Marc et de Luc le nomment Lévi ; l'évangéliste, lui, se désigne par son nom de disciple, Matthieu, en se qualifiant humblement de « le publicain » (Mt 10, 3).

2. « Suis-moi » : une réponse immédiate

Comme les premiers pêcheurs (4, 18-22), Matthieu « se leva et le suivit » à l'instant, laissant son comptoir, c'est-à-dire un métier lucratif (mais infâme), pour une vie nouvelle.

3. Le repas avec « les pécheurs »

Suit un repas où « beaucoup de publicains et de pécheurs » sont à table avec Jésus. Or, dans cette culture, partager la table signifiait communion et acceptation. Que Jésus mange avec les impurs scandalise les pharisiens, pour qui une telle commensalité contractait la souillure et compromettait la sainteté.


Lecture biblique et exégétique

1. Le médecin des malades

À l'objection des pharisiens, Jésus répond par un proverbe : « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » Le Christ se présente en médecin des âmes (Christus medicus, thème majeur de la tradition) : il fréquente les pécheurs comme le médecin fréquente les malades, non pour partager leur mal, mais pour les guérir.

2. « Miséricorde, et non sacrifice » (Osée 6, 6)

« Allez apprendre ce que signifie : C'est la miséricorde que je veux, non le sacrifice » : Jésus cite Osée 6, 6 (qu'il reprendra en 12, 7). La formule « allez apprendre » est une tournure rabbinique d'enseignement. Le sens : la miséricorde prime sur l'observance rituelle ; un culte qui mépriserait le pécheur trahirait Dieu.

3. « Je suis venu appeler les pécheurs »

« Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs » : c'est l'énoncé même du but de l'Incarnation. Les « justes » sont ici ceux qui se croient tels et n'attendent rien ; les « pécheurs », ceux qui se savent malades et accueillent le médecin. La porte du salut est la reconnaissance de son besoin.


Pour la vie spirituelle et pratique

Nul n'est trop indigne pour être appelé

C'est même la spécialité du Christ : appeler des pécheurs. Le seul préalable est de se reconnaître « malade », car « les justes » qui se croient sains se ferment au médecin. Là où nous voyons un passé disqualifiant, Dieu voit un appelé.

Le regard qui recrée

Le miserando atque eligendo invite à changer de regard : sur soi (Dieu me voit avec miséricorde et me choisit, malgré tout) et sur les autres (les voir, comme le Christ, non figés dans leur faute, mais appelés à devenir). Ce regard de miséricorde est lui-même évangélisateur.

Miséricorde avant sacrifice

« Miséricorde, et non sacrifice » demeure un examen permanent : ma pratique religieuse me rend-elle plus miséricordieux, ou sert-elle d'alibi pour mépriser ? Et la table où Jésus mange avec les pécheurs annonce déjà la table eucharistique, où le Christ se donne en nourriture aux malades que nous sommes.


Cette semaine

  1. Dimanche 29 Saints Pierre et Paul, Apôtres Mt 16, 13-19
  2. Lundi 30 Lundi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 18-22
  3. Mardi 1 Mardi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 23-27
  4. Mercredi 2 Mercredi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 8, 28-34
  5. Jeudi 3 Saint Thomas, apôtre Jn 20, 24-29
  6. Vendredi 4 Vendredi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 9-13
  7. Samedi 5 Samedi de la 13e semaine du Temps ordinaire Mt 9, 14-17

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