L'Évangile du jour
Vendredi 11 août 2028
Vendredi de la 18e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année C Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
24Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.25Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera.26Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?27Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.28Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Comprendre ce passage
La première annonce de la Passion et le conflit avec PierreMatthieu 16, 21-28
1. Les autorités de Jérusalem et le droit de mort
Jésus annonce qu'il souffrira « de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes » : ce sont les trois composantes du sanhédrin, le grand conseil de Jérusalem (soixante et onze membres, présidé par le grand prêtre), compétent pour les affaires religieuses et la gestion du Temple. Mais, sous l'occupation romaine, le sanhédrin n'avait pas le droit d'exécuter : toute condamnation à mort devait être ratifiée et appliquée par le gouverneur romain. Cela éclaire d'avance le déroulement de la Passion : Jésus sera « livré aux païens », jugé par Pilate, et crucifié (supplice romain), non lapidé (peine juive).
2. Ce que « porter sa croix » évoquait
Pour les auditeurs, « prendre sa croix » n'était pas une image édifiante, mais une réalité atroce et familière. Sous Rome, le condamné à la crucifixion devait porter lui-même la poutre transversale (le patibulum) jusqu'au lieu du supplice, à travers la ville, sous les huées. La crucifixion était le châtiment le plus infamant (réservé aux esclaves, aux rebelles et aux non-citoyens), conçu pour humilier autant que pour tuer (Cicéron la jugeait indigne d'être même nommée devant des citoyens romains). « Qu'il prenne sa croix et me suive » évoquait donc la marche d'un condamné vers sa mort : d'où la violence du choc.
3. Le scandale d'un Messie souffrant
Dans l'attente juive la plus répandue, le Messie fils de David devait restaurer le royaume, chasser l'occupant et régner dans la gloire (ainsi les Psaumes de Salomon, au Ier siècle av. J.-C.). L'idée d'un Messie rejeté par les chefs religieux et mis à mort était proprement inconcevable, presque un contresens. La protestation de Pierre (« cela ne t'arrivera pas ! ») exprime ainsi, bien plus que sa réaction personnelle, le scandale de toute une espérance nationale.
1. La nécessité de la Passion
« Il lui fallait (grec dei) souffrir » : la Passion n'est pas un échec ni un accident, mais l'accomplissement du dessein de Dieu annoncé par les Écritures. Le scandale, pour Pierre comme pour nous, est celui d'un Messie souffrant, à rebours de toute attente de puissance.
2. Du « roc » à l'« obstacle »
Contraste vertigineux : le même Pierre, à l'instant porte-parole du Père (« tu es le Christ »), devient « obstacle » (skandalon, la pierre d'achoppement) en pensant « selon les hommes ». Quand il parlait par révélation du Père, il était roc ; quand il parle par « la chair et le sang », il fait le jeu de Satan, reprenant la tentation des « royaumes sans la croix » (cf. 4, 8-10). Avertissement contre la présomption : toute lumière vient d'en haut, et le plus grand peut errer dès qu'il pense humainement.
3. « Passe derrière moi »
L'expression « passe derrière moi » remet Pierre à sa place : celle du disciple qui suit, non de celui qui prétend dicter au Maître son chemin. Le disciple marche derrière Jésus, sur la voie que lui-même trace, y compris vers la Croix.
4. Le paradoxe de la vie sauvée
« Qui veut sauver sa vie la perdra ; qui perd sa vie à cause de moi la trouvera » : paradoxe central de l'Évangile. La « vie » (psychê) cramponnée sur elle-même se perd ; donnée par amour du Christ, elle se trouve et s'accomplit. Et rien (« le monde entier ») ne vaut le prix d'une âme.
Penser « selon Dieu », non « selon les hommes »
Tout disciple oscille, comme Pierre, entre la confession lumineuse et la logique humaine qui refuse la croix. Le combat spirituel consiste à passer des « pensées des hommes » (le confort, le succès, l'évitement de la souffrance) aux « pensées de Dieu », accueillir que le salut passe par la Croix.
Porter sa croix chaque jour
La condition du disciple est posée nettement : se renoncer, prendre sa croix, suivre. Non chercher la souffrance, mais ne pas fuir celle que la fidélité impose : les contrariétés acceptées, les devoirs coûteux, les renoncements quotidiens, vécus à la suite du Crucifié.
Le paradoxe et le prix de l'âme
« Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera » : c'est en se donnant qu'on se reçoit, en se perdant par amour qu'on se sauve. Et la question demeure, décisive : à quoi sert de « gagner le monde entier » si l'on perd son âme ? Rien ne vaut le prix de l'âme, de quoi réordonner toutes nos priorités.
Cette semaine
- Dimanche 6 Transfiguration du Seigneur Lc 9, 28b-36
- Lundi 7 Lundi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 14, 13-21
- Mardi 8 Mardi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 14, 22-36
- Mercredi 9 Mercredi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 15, 21-28
- Jeudi 10 Saint Laurent, diacre et martyr Jn 12, 24-26
- Vendredi 11 Vendredi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 16, 24-28
- Samedi 12 Samedi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 17, 14-20
L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique