L'Évangile du jour

Samedi 15 avril 2028

Samedi saint, Vigile pascale

Solennité Triduum pascal Année C Ornements blancs

Le jour, l'Église se tient près du tombeau et ne célèbre pas. La nuit venue, la Vigile pascale annonce la Résurrection : c'est son évangile qui est donné ici.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 24, 1-12

1Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.2Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.3Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.4Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.5Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?6Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée :7“Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »8Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.9Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.10C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.11Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.12Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 24 de saint Luc avec ses commentaires

Comprendre ce passage

L'annonce aux femmes ; Pierre au tombeauLuc 24, 1-12

Contexte historique et social

Le premier jour de la semaine

« Le premier jour de la semaine, au point du jour » : les femmes ont d'abord respecté le sabbat, durant lequel toute marche et tout travail étaient proscrits, et elles n'agissent qu'à l'aube du lendemain. Ce « premier jour » deviendra le dimanche, le « jour du Seigneur », parce que la Résurrection y inaugure une création nouvelle, comme la lumière au premier jour de la Genèse. Luc ancre ainsi l'événement pascal dans un cadre liturgique précis, que la communauté chrétienne reconnaîtra vite comme le cœur de sa semaine.

Les aromates et la sépulture

Les femmes apportent les aromates qu'elles avaient préparés (cf. 23, 56) : myrrhe, aloès et onguents servaient à honorer le corps et à en atténuer la corruption, dans une terre où la chaleur hâtait la décomposition. Ce geste, achevé trop tôt interrompu par le sabbat, trahit un amour fidèle mais encore sans espérance : elles viennent pour un mort, non pour un Vivant. Leur sollicitude prolonge celle des grandes figures de l'ensevelissement dans l'Ancien Testament, où soigner les défunts était un devoir sacré de piété.

Le témoignage des femmes

Ce sont des femmes qui découvrent le tombeau ouvert et reçoivent l'annonce. Or, dans le cadre juridique du temps, leur témoignage comptait pour peu et n'était guère reçu devant un tribunal : détail qui plaide paradoxalement pour l'historicité du récit. Une légende forgée n'aurait pas choisi de tels témoins, jugés peu crédibles ; l'Église, en les nommant (Marie-Madeleine, Jeanne, Marie de Jacques), honore au contraire ces premières messagères de Pâques que la tradition appellera « apôtres des apôtres ».

Lecture biblique et exégétique

Le tombeau vide

La pierre roulée et le corps absent constituent un premier signe, mais un signe qui, seul, ne prouve rien encore : « elles ne savaient que penser ». Le tombeau vide interroge plus qu'il n'affirme ; il peut se prêter à mille interprétations, y compris celle du vol. Luc le présente comme une question ouverte, un seuil : il faudra la Parole des anges, puis la rencontre du Ressuscité, pour que ce vide se change en annonce et que l'absence devienne présence d'un autre ordre.

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? »

Deux hommes en habits éblouissants (figures angéliques, selon le langage biblique des théophanies) surprennent les femmes saisies de crainte et proclament : « Il n'est pas ici, il est ressuscité » (ēgerthē, un passif qui dit l'action de Dieu relevant son Fils). La question « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » retourne toute la démarche : le Christ n'appartient plus au domaine du tombeau. C'est la première annonce pascale, sobre et bouleversante, qui ouvre l'évangile sur la vie sans fin.

« Rappelez-vous ce qu'il vous a dit en Galilée »

Les anges renvoient les femmes aux annonces de la Passion faites en Galilée (cf. 9, 22 ; 18, 31-33) : « il faut (dei) que le Fils de l'homme soit livré… et le troisième jour ressuscite ». Ce dei dit la nécessité d'un dessein divin inscrit dans les Écritures. Alors « elles se souvinrent de ses paroles » : la foi pascale ne naît pas du seul tombeau vide, mais du rappel de la Parole, lorsque l'événement et la promesse se rejoignent et s'éclairent l'un l'autre.

L'incrédulité des Onze et Pierre au tombeau

De retour, les femmes rapportent tout aux Onze ; mais ces propos leur parurent du radotage (lēros, délire de malade) et « ils ne les crurent pas ». Cette incrédulité des apôtres, loin d'être masquée, souligne que la Résurrection ne fut pas un rêve aisément accueilli. Pierre, pourtant, se lève et court au tombeau ; il voit « les linges seuls » (signe d'un corps non dérobé) et s'en retourne « étonné ». La foi chemine ici par étapes, du soupçon à l'émerveillement.

Pour la vie spirituelle et pratique

Chercher le Vivant

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » La question nous est aussi adressée. Trop souvent nous cherchons le Christ du côté de ce qui est mort : un passé révolu, nos péchés ressassés, nos désespoirs, nos idoles sans vie. Pâques nous réoriente : le Seigneur est vivant, en avant de nous, et c'est vers le Ressuscité qu'il faut tourner notre quête, non vers les tombeaux que nous gardons dans le cœur.

Se souvenir de sa Parole

La foi des femmes renaît au « souvenez-vous ». De même, notre vie spirituelle se nourrit de la mémoire de la Parole : relire, méditer et garder ce que Jésus a dit éclaire en retour les événements de notre existence. Sans cette mémoire vivante, les signes restent muets ; avec elle, les épreuves elles-mêmes se relisent à la lumière de la promesse déjà donnée et désormais accomplie.

Le témoignage des humbles

Dieu confie l'annonce de la Résurrection à des femmes, tenues alors pour des témoins négligeables : il choisit les humbles et les petits pour porter sa plus grande nouvelle. À leur suite, savoir accueillir la vérité d'où qu'elle vienne, et honorer ceux que le monde n'écoute pas, souvent d'abord incompris. L'Évangile se transmet ainsi par des messagers fragiles, dont la seule force est d'avoir vu et d'avoir cru.

De l'étonnement à la foi

Comme Pierre, nul ne croit d'un coup. Il faut accueillir les signes, se laisser étonner, se mettre en chemin : la foi pascale grandit peu à peu, du trouble à la lumière. Cet itinéraire est le nôtre : à travers nos doutes et nos lenteurs, l'Esprit conduit du soupçon à l'adoration, pourvu qu'on coure, comme l'Apôtre, vérifier de ses yeux ce que la Parole avait annoncé.

Cette semaine

  1. Dimanche 9 Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Lc 22, 14 – 23, 56
  2. Lundi 10 Lundi saint Jn 12, 1-11
  3. Mardi 11 Mardi saint Jn 13, 21-33.36-38
  4. Mercredi 12 Mercredi saint Mt 26, 14-25
  5. Jeudi 13 Jeudi saint Jn 13, 1-15
  6. Vendredi 14 Vendredi saint, la Passion du Seigneur Jn 18, 1 – 19, 42
  7. Samedi 15 Samedi saint, Vigile pascale Lc 24, 1-12

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique