L'Évangile du jour
Lundi 3 avril 2028
Lundi de la 5e semaine de Carême
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
12De nouveau, Jésus leur parla : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »13Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage »14Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais.15Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne.16Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé.17Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage.18Moi, je suis à moi-même mon propre témoin, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »19Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. »20Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait dans le Temple, à la salle du Trésor. Et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.
Acclamons la Parole de Dieu.
Comprendre ce passage
« Je suis la lumière du monde »Jean 8, 12-30
« Lumière du monde » et la fête des Tentes
La scène se déroule encore dans le sillage de Soukkot, la fête des Tentes. Chaque soir, on y allumait dans la cour des femmes quatre grands chandeliers d'or dont l'éclat, dit-on, illuminait toute la ville. C'est là, « près de la salle du Trésor » (v. 20), que Jésus enseigne. Lorsque ces lampes viennent de s'éteindre, il déclare : « Je suis la lumière du monde », la flamme passagère du Temple cédant la place à la vraie lumière qui ne meurt plus.
La colonne de feu et l'attente d'Israël
Derrière cette illumination se profile un souvenir fondateur : la colonne de feu qui guidait Israël au désert (Ex 13, 21), Dieu lui-même marchant devant son peuple. Les prophètes annonçaient un salut où « le Seigneur sera ta lumière éternelle » (Is 60, 19) et où le Serviteur deviendrait « lumière des nations » (Is 42, 6 ; 49, 6). En se disant lumière du monde, et non d'Israël seul, Jésus laisse entendre une portée universelle.
Le débat sur le témoignage
L'objection des pharisiens repose sur une règle juridique : la Loi exigeait au moins deux témoins concordants pour établir un fait (Dt 19, 15). « Tu te rends témoignage à toi-même », d'où la conclusion : « ton témoignage n'est pas recevable ». Mais cette controverse, fréquente chez Jean, n'est pas une simple querelle d'école : elle touche l'identité même de Jésus. Reconnaître ou rejeter son témoignage, c'est accueillir ou rejeter Celui qui l'a envoyé.
« Je suis la lumière du monde »
Voici le deuxième grand « Je suis » suivi d'un attribut, après « le pain de vie » (6, 35). Le thème johannique de la lumière et des ténèbres, ouvert dès le Prologue (1, 4-9), culmine ici. « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » : akolouthein, « suivre », est le verbe du disciple. Croire au Christ n'est pas adhérer à une idée, mais marcher derrière lui comme Israël suivait la nuée, pour recevoir la lumière de la vie.
Deux témoins : Jésus et le Père
À l'objection juridique, Jésus répond sur son terrain : « Je ne suis pas seul ; il y a moi, et le Père qui m'a envoyé. » Les deux témoins requis sont donc le Fils et le Père, unis dans une même œuvre. Cette validité tient à ce que Jésus seul connaît son origine et son terme : « Je sais d'où je viens et où je vais », alors qu'eux jugent « selon la chair ». Leur regard, prisonnier du visible, n'atteint pas le mystère du Fils.
« Vous mourrez dans votre péché »
L'avertissement est solennel : « Si vous ne croyez pas que Je Suis (egō eimi), vous mourrez dans vos péchés. » Employé absolument, sans attribut, ce « Je Suis » reprend le Nom divin révélé à Moïse (Ex 3, 14) et la formule par laquelle Dieu se dit unique chez Isaïe (43, 10). Jésus s'attribue le Nom même du Seigneur : la foi en son identité divine devient ainsi un enjeu de vie ou de mort.
« Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme »
À la question « Qui es-tu ? », Jésus renvoie à l'événement qui dévoilera tout : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous connaîtrez que Je Suis. » Le verbe hupsoō, « élever », désigne à la fois l'élévation sur la croix et la glorification : c'est au Calvaire que se manifestera son identité. Et il ajoute : « Je fais toujours ce qui lui plaît », communion parfaite avec le Père. À ces mots, « beaucoup crurent en lui ».
Suivre la lumière
Le Christ ne se contente pas d'éclairer du dehors : il invite à le suivre pas à pas. Marcher derrière lui, c'est sortir des ténèbres du doute, du péché et du non-sens pour avancer dans la clarté. Concrètement, cela engage nos choix quotidiens : laisser sa Parole éclairer nos décisions, nos jugements, nos relations. Qui se règle sur cette lumière ne trébuche pas dans la nuit : il reçoit peu à peu la lumière de la vie.
Croire qu'« il est »
Tout se joue dans la foi en la divinité du Christ, ce « Je Suis » qui est le Nom même de Dieu. Le croire vraiment n'est pas une opinion parmi d'autres : c'est l'adorer comme Seigneur et lui remettre sa vie. À l'inverse, juger « selon la chair », réduire Jésus à un sage, conduit à passer à côté de l'essentiel. Reconnaître en lui le Dieu fait homme transforme le regard et ouvre, dès maintenant, à la vie éternelle.
Vivre sous le regard du Père
« Je fais toujours ce qui plaît au Père » : telle est la règle intérieure de Jésus. À sa suite, le chrétien est appelé à chercher en tout la volonté de Dieu plutôt que l'approbation des hommes. Cette recherche apporte une paix profonde, car celui qui veut plaire au Père n'est jamais seul : Dieu demeure avec lui, comme il était avec son Fils. Vivre sous ce regard libère de la peur du jugement d'autrui.
Reconnaître le Crucifié élevé
C'est paradoxalement à la croix, dans l'humiliation extrême, que se révèle qui est Jésus. Contempler le Christ élevé (sur le bois, puis dans la gloire) devient le chemin pour le connaître en vérité. Le disciple est invité à lever les yeux vers ce Crucifié comme Israël regardait le serpent de bronze pour vivre (cf. 3, 14). Là où le monde ne voit qu'un échec, la foi reconnaît le Seigneur de gloire.
Cette semaine
- Dimanche 2 5e dimanche de Carême Jn 8, 1-11
- Lundi 3 Lundi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 12-20
- Mardi 4 Mardi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 21-30
- Mercredi 5 Mercredi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 31-42
- Jeudi 6 Jeudi de la 5e semaine de Carême Jn 8, 51-59
- Vendredi 7 Vendredi de la 5e semaine de Carême Jn 10, 31-42
- Samedi 8 Samedi de la 5e semaine de Carême Jn 11, 45-57
L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique