L'Évangile du jour

Jeudi 17 février 2028

Jeudi de la 6e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 8, 27-33

27Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »28Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »29Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »30Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.31Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.32Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.33Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 8 de saint Marc avec ses commentaires

Comprendre ce passage

Pierre reconnaît Jésus comme ChristMarc 8, 27-30

Contexte historique et social

Césarée de Philippe, aux confins païens

La scène se passe loin au nord, vers Césarée de Philippe, près des sources du Jourdain, une ville remplie de sanctuaires païens (le dieu Pan, le culte de l'empereur). C'est dans ce décor de la puissance et des fausses divinités que retentit la confession du vrai Messie : contraste voulu, qui souligne l'enjeu.

« En chemin »

Marc note qu'ils sont « en chemin ». À partir d'ici s'ouvre la grande montée vers Jérusalem : la « route » (hodos) devient le lieu où Jésus instruit ses disciples sur le sens de sa mission, le chemin de la croix.

Les opinions sur Jésus

Aux dires de la foule, Jean-Baptiste, Élie, un prophète (les mêmes qu'en 6, 14-15), Jésus oppose une question personnelle. Toutes ces réponses sont honorables ; aucune n'atteint le mystère.

Lecture biblique et exégétique

Le centre de l'évangile de Marc

Ce court passage est la charnière de tout le livre. La première moitié creusait la question : « Qui est-il donc ? » (1, 27 ; 4, 41 ; 6, 2). La voici posée frontalement : « Qui dites-vous que je suis ? » Et pour la première fois, un disciple répond juste : « Tu es le Christ » (le Messie, l'Oint de Dieu). À partir de là, l'évangile bascule vers la Passion.

Une confession vraie, mais encore incomplète

Pierre dit vrai, mais la suite immédiate (8, 31-33) montrera qu'il ne comprend pas quel Messie est Jésus. À la différence de Matthieu (qui ajoute « le Fils du Dieu vivant » et la promesse des clés), Marc laisse la confession nue : « Tu es le Christ », sans plus. C'est qu'il manque encore l'essentiel (la croix), que Jésus va aussitôt annoncer. Comme l'aveugle de Bethsaïde, Pierre voit, mais pas encore clairement.

« Il leur défendit » : le secret messianique

Jésus interdit d'en parler. Le titre « Christ », lâché sans la croix, serait dangereusement équivoque : il évoquerait un libérateur politique et triomphant, à l'opposé du Messie souffrant. Le secret messianique tient justement à cela : on ne peut proclamer correctement qui est Jésus qu'à la lumière de sa Passion.

Pour la vie spirituelle et pratique

« Qui dites-vous que je suis ? »

La question n'est pas réservée aux Douze : elle s'adresse à chacun. On peut répéter ce que « les gens » disent de Jésus (un sage, un grand homme, un modèle) sans jamais s'engager soi-même. La foi commence à la réponse personnelle : non « on dit que… », mais « Tu es ».

Une confession qui inclut la croix

Confesser que Jésus est le Christ est juste, mais incomplet si l'on en retranche la croix. La tentation permanente est de se fabriquer un Christ selon nos goûts : puissant, rassurant, sans exigence. La vraie foi reçoit le Messie tel qu'il s'est révélé : Sauveur par la croix.

Laisser la question travailler

Se tenir régulièrement devant cette interrogation (« pour moi, aujourd'hui, qui est Jésus ? ») est un exercice fécond. La réponse n'est jamais acquise une fois pour toutes ; elle s'approfondit au fil du chemin, comme la vue de l'aveugle guéri.

Cette semaine

  1. Dimanche 13 6e dimanche du Temps ordinaire Lc 6, 17.20-26
  2. Lundi 14 Lundi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 11-13
  3. Mardi 15 Mardi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 14-21
  4. Mercredi 16 Mercredi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 22-26
  5. Jeudi 17 Jeudi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 27-33
  6. Vendredi 18 Vendredi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 8, 34 – 9, 1
  7. Samedi 19 Samedi de la 6e semaine du Temps ordinaire Mc 9, 2-13

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique