L'Évangile du jour

Dimanche 16 janvier 2028

2e dimanche du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 2, 1-11

1Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.2Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.3Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »4Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »5Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »6Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).7Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.8Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.9Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié10et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »11Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 2 de saint Jean avec ses commentaires

Comprendre ce passage

Le signe du vin aux noces de CanaJean 2, 1-12

Contexte historique et social

Les noces juives et le poids du vin

En Galilée, une noce se prolongeait sur plusieurs jours, parfois une semaine entière de festin où parents et voisins venaient honorer les époux. Le vin y tenait une place centrale : signe de joie, de fécondité et de bénédiction, il annonçait dans l'Écriture le grand festin messianique où Dieu réunirait son peuple (Is 25, 6 ; Am 9, 13 ; Jl 4, 18). Venir à en manquer n'était pas un simple incident : c'était une honte sociale grave pour les hôtes, un manquement à l'hospitalité dont la mémoire pouvait ternir longtemps l'honneur d'une famille.

Les six jarres de pierre

Le récit précise que se trouvaient là six jarres de pierre, destinées aux purifications rituelles des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. La pierre, contrairement à la terre cuite, ne contractait pas d'impureté légale : ces vases servaient donc à l'eau dont on s'aspergeait avant le repas et pour les ablutions prescrites par la tradition. Leur capacité considérable (au total quelque six cents litres) n'est pas un détail anodin : elle prépare la mesure surabondante du don à venir et inscrit le signe au cœur même des institutions de l'ancienne alliance.

Cana et « le troisième jour »

Cana de Galilée, village proche de Nazareth, n'apparaît que chez Jean ; c'est de là que sera originaire Nathanaël (Jn 21, 2). La mention « le troisième jour » clôt la première semaine johannique ouverte par les appels du chapitre 1, composant comme une nouvelle semaine de création qui culmine dans la manifestation de la gloire. Pour un lecteur chrétien, l'expression fait aussi discrètement signe vers la résurrection au troisième jour : dès l'ouverture de sa vie publique, l'évangéliste oriente le regard vers l'Heure pascale.

Lecture biblique et exégétique

« La mère de Jésus » et « Femme »

Marie n'est jamais nommée dans le quatrième évangile : elle y est seulement « la mère de Jésus », présente à Cana et au pied de la Croix (Jn 19, 25-27), comme deux bornes encadrant l'œuvre du Fils. Jésus l'appelle « Femme » (gunē), adresse inhabituelle envers une mère, mais nullement irrespectueuse : c'est un titre solennel qui relie Cana au Calvaire et évoque la « femme » de Gn 3, 15, dont la descendance écrase le serpent (cf. Ap 12, 1). Les Pères y ont lu Marie comme nouvelle Ève, associée au combat et à la victoire du nouvel Adam.

« Mon heure n'est pas encore venue »

La réplique « Que me veux-tu, Femme ? » traduit un sémitisme (ti emoi kai soi) qui marque une distance, non un reproche, et réoriente la scène vers l'« Heure », chez Jean, le moment unique de la Passion et de la glorification (cf. 7, 30 ; 12, 23 ; 17, 1). Jésus signifie que tout dépend du dessein du Père et non d'une urgence humaine. Et pourtant, par sa foi confiante qui ne se rebute pas, Marie obtient comme une anticipation : le premier signe devance l'Heure sans la forcer.

« Faites tout ce qu'il vous dira »

Adressées aux serviteurs, ces paroles sont les dernières de Marie rapportées par les évangiles, et elles forment comme son testament spirituel : un pur renvoi au Fils. Elles font écho au mot du Pharaon envoyant les Égyptiens vers Joseph : « Allez à Joseph ; faites ce qu'il vous dira » (Gn 41, 55). Marie ne retient rien pour elle-même ; elle conduit à l'obéissance de la foi. La tradition catholique y reconnaît le modèle de l'intercession mariale : Marie remarque le manque, le présente, puis efface sa propre demande devant la volonté du Christ.

Le signe : l'eau de la Loi changée en vin

Jésus fait remplir d'eau les jarres des purifications, puis cette eau, puisée, se révèle vin. La portée est théologique : l'eau de la Loi et des rites de l'ancienne alliance devient le vin nouveau et surabondant de l'alliance accomplie en lui. La mesure (près de six cents litres) dit la plénitude des temps messianiques et la générosité de la grâce. La remarque du maître du repas, « tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant », souligne le renversement : le meilleur ne précède pas, il vient avec le Christ.

« Commencement des signes… il manifesta sa gloire »

Jean ne parle pas de « miracles » mais de signes (sēmeia) : Cana est le premier d'une série qui jalonne l'évangile et révèle l'identité du Fils. Le mot oriente au-delà du prodige vers ce qu'il dévoile. Ici Jésus « manifesta sa gloire », accomplissant la promesse du Prologue : « nous avons vu sa gloire » (1, 14). La conséquence est immédiate : « ses disciples crurent en lui ». Signe et foi sont ainsi liés dès l'origine : le signe appelle la foi, et la foi seule en perçoit le sens véritable.

Pour la vie spirituelle et pratique

« Faites tout ce qu'il vous dira »

La parole de Marie devient un programme de toute vie chrétienne : se tenir prêt à obéir au Christ, à lui faire confiance quand sa demande déconcerte (remplir d'eau des jarres, sans encore rien comprendre). C'est aussi une invitation à s'appuyer sur la médiation maternelle de Marie, qui ne détourne jamais d'elle, mais renvoie toujours au Fils. Lui obéir « en tout », même dans ce qui semble sans rapport avec le manque ressenti, prépare le cœur à recevoir le don que Dieu, lui, sait donner.

Confier nos manques

« Ils n'ont plus de vin » : la remarque de Marie est le modèle de la prière qui ne réclame ni ne dicte, mais expose simplement la pauvreté à Celui qui peut y pourvoir. Présenter à Jésus, par Marie, nos manques, nos joies taries et nos détresses, c'est ouvrir la porte à sa surabondance : il transforme ce que nous lui remettons et donne au-delà de toute mesure. Le vin manquant devient ainsi figure de tout ce qui, dans nos vies, attend d'être comblé par sa grâce.

Le vin nouveau de la grâce et les sacrements

Le vin de Cana annonce la joie surabondante de l'alliance nouvelle et oriente vers les sacrements. La tradition a lu dans l'eau changée en vin une figure de l'Eucharistie, où le vin devient le sang du Christ, et plus largement du passage de la lettre à l'Esprit. Laisser le Seigneur changer l'« eau » souvent fade de nos existences en ce vin nouveau, c'est consentir à la transformation intérieure que la grâce opère, et goûter dès ici-bas un avant-goût du festin promis.

Le mariage, un signe

Que Jésus inaugure ses signes au cœur d'une noce n'est pas indifférent. Par sa présence, il honore et sanctifie l'union des époux, manifestant la dignité et la vocation du mariage. L'Église y voit le fondement de sa célébration comme sacrement : l'amour conjugal devient image vivante de l'alliance du Christ et de l'Église (cf. Ep 5, 32). Le vin donné en abondance suggère que cette union, confiée au Christ, peut être renouvelée et portée bien au-delà de ses propres forces.

Cette semaine

  1. Dimanche 16 2e dimanche du Temps ordinaire Jn 2, 1-11
  2. Lundi 17 Lundi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 18-22
  3. Mardi 18 Mardi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 2, 23-28
  4. Mercredi 19 Mercredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 1-6
  5. Jeudi 20 Jeudi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 7-12
  6. Vendredi 21 Vendredi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 13-19
  7. Samedi 22 Samedi de la 2e semaine du Temps ordinaire Mc 3, 20-21

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique