L'Évangile du jour

Samedi 25 décembre 2027

Nativité du Seigneur

Solennité Temps de Noël Année C Ornements blancs

Noël a trois messes, et chacune son évangile : les bergers dans la nuit, les bergers à la crèche au petit jour, et le Verbe fait chair au grand jour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 2, 1-14

1En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –2ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. –3Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.4Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.5Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.6Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.7Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.8Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.9L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.10Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :11Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.12Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »13Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :14« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 2 de saint Luc avec ses commentaires

Les autres évangiles de ce jour

Comprendre ce passage

La naissance et la circoncision de JésusLuc 2, 1-21

Contexte historique et social

Le recensement et l'histoire du monde

Luc inscrit la naissance dans l'histoire universelle : un édit de César Auguste ordonne le recensement « de toute la terre », du temps où Quirinius gouvernait la Syrie. Les recensements romains servaient à lever l'impôt et à mesurer la population des provinces, et requéraient parfois le retour au lieu d'origine de la famille. Cette précision n'est pas un simple décor : en datant la venue du Sauveur par les empereurs et les gouverneurs, Luc affirme que le salut entre dans le temps réel des hommes, sous le règne du prince qui se faisait acclamer comme « sauveur » et porteur de la pax romana. Le vrai Sauveur, lui, naît sans bruit.

La difficulté chronologique

La mention de Quirinius soulève une difficulté connue : le recensement attesté sous ce légat date de l'an 6 de notre ère, soit après la mort d'Hérode le Grand, sous le règne duquel Luc et Matthieu placent pourtant la nativité. Plusieurs solutions sont proposées sans qu'aucune ne s'impose : un premier dénombrement antérieur, une fonction de Quirinius dès cette époque, ou la traduction « ce recensement eut lieu avant que Quirinius… ». L'Église ne tranche pas une question d'érudition historique ; l'intention de Luc demeure limpide : ancrer l'Évangile dans une chronologie vérifiable.

Bethléem, cité de David

Joseph, « de la maison et de la lignée de David », monte de Nazareth en Galilée jusqu'à Bethléem de Judée, la « cité de David ». Le déplacement accomplit, à l'insu des acteurs, la prophétie de Michée : « Et toi, Bethléem Éphrata, … de toi sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël » (Mi 5, 1). Le nom même de la bourgade signifie en hébreu « maison du pain » (Beth-léhem) : il convient que celui qui se dira « le pain de vie » (Jn 6, 35) et se donnera sous les espèces du pain y voie le jour. La géographie devient ainsi porteuse du mystère.

La crèche et le manque de place

Faute de place dans la salle (le grec kataluma désigne la pièce d'accueil ou le logement commun, non l'« hôtellerie » de nos traductions courantes), Marie emmaillote l'enfant et le couche dans une mangeoire, sans doute l'auge d'un abri pour les bêtes attenant à la maison. Le détail, répété trois fois, n'est pas anecdotique : le Roi attendu d'Israël entre dans le monde par la pauvreté, l'inconfort et l'effacement. Dès le seuil de sa vie, l'abaissement de celui qui « n'a pas où reposer la tête » (Lc 9, 58) annonce le mystère de la kénose.

Lecture biblique et exégétique

« Un Sauveur, le Christ, Seigneur »

À des bergers veillant la nuit, l'ange annonce « une bonne nouvelle, source d'une grande joie pour tout le peuple ». Trois titres se rejoignent en un seul verset : Sauveur, celui qui délivre, là où Auguste usurpait le mot ; Christ, le Messie consacré ; Seigneur (Kyrios), le nom même que la Bible grecque réserve à Dieu. L'« aujourd'hui » du salut, si cher à Luc (cf. 4, 21 ; 19, 9 ; 23, 43), retentit ici pour la première fois : l'événement de Bethléem n'est pas seulement passé, il atteint chaque génération qui l'accueille dans la foi.

Les bergers, premiers destinataires

Dieu se révèle d'abord à des bergers, gens rudes, tenus à la marge de la vie religieuse, dont le témoignage passait même pour peu fiable. Comme souvent chez Luc, les premiers évangélisés sont les pauvres et les petits (cf. 1, 52 ; 4, 18). Le signe qui leur est donné déconcerte toute attente de gloire : « un nouveau-né emmailloté, couché dans une mangeoire ». C'est l'humilité même qui sert de preuve, l'abaissement qui devient le lieu où Dieu se laisse trouver. L'arrière-plan évoque David, berger appelé du troupeau, et le Pasteur d'Israël annoncé par Ézéchiel (Ez 34).

Le Gloria de l'armée céleste

À l'ange se joint soudain une armée céleste qui chante : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime ». Deux pôles s'unissent : la gloire rendue à Dieu dans les hauteurs et la paix (le shalom messianique, plénitude de salut) offerte ici-bas. Cette paix ne va pas à tous indistinctement, mais « aux hommes de sa bienveillance », ceux qu'enveloppe le bon vouloir divin. La liturgie a recueilli ce cantique des anges pour en faire le Gloria de la messe, prolongeant jusqu'à nous la louange de la nuit de Noël.

Marie qui méditait dans son cœur

Tandis que les bergers repartent « glorifiant et louant Dieu », Luc note un contraste intérieur : « Marie retenait tous ces événements et les méditait (symballousa, les « rapprochait ») dans son cœur. » Elle est ici la première figure de la contemplation chrétienne, et sans doute, pour l'évangéliste, la source secrète de ces récits de l'enfance. Puis, le huitième jour, l'enfant est circoncis selon la Loi et reçoit le nom révélé par l'ange avant même sa conception : Jésus, « le Seigneur sauve ». Obéissance à l'Alliance ancienne et révélation du salut se nouent en ce nom.

Pour la vie spirituelle et pratique

Dieu dans la pauvreté de la crèche

Dieu choisit librement la petitesse : une mangeoire pour berceau, des langes, un abri de fortune. Contempler la crèche, ce n'est pas s'attendrir, mais apprendre où le Seigneur veut être cherché et trouvé, non dans la puissance et le faste, mais dans l'humilité et le dénuement. Ce que Dieu a fait à Bethléem, il le refait dans les pauvretés de nos vies et dans le silence de l'Eucharistie. L'accueillir suppose de descendre, nous aussi, des hauteurs de notre orgueil vers la simplicité où il se donne.

La bonne nouvelle aux pauvres d'abord

L'annonce est faite aux bergers, non aux puissants ni aux savants : Dieu se révèle de préférence aux humbles et à ceux qui veillent. Cette pédagogie traverse tout l'Évangile et juge nos préférences : nous courons vers les grands et les influents, quand Dieu commence par les petits. Qui se fait pauvre de cœur, disponible et éveillé, est le mieux disposé à reconnaître le Sauveur sous le signe déroutant de sa faiblesse. La vraie noblesse, devant la crèche, est celle des cœurs simples.

Méditer comme Marie

Devant les événements du salut, Marie ne s'agite ni ne commente : elle garde tout et le médite dans son cœur. Elle offre le modèle achevé de la lectio divina et de l'oraison : accueillir la Parole et les faits de Dieu, les retourner patiemment au-dedans, les laisser mûrir et porter du fruit. À une époque pressée et bavarde, son silence enseigne que la foi se nourrit moins de paroles multipliées que d'une attention recueillie. Méditer ainsi le mystère de Noël, c'est laisser le Verbe s'incarner peu à peu dans notre propre vie.

La paix de Noël à porter

« Paix sur la terre », chantent les anges : le Christ lui-même « est notre paix » (Ep 2, 14), réconciliant le ciel et la terre, et les hommes entre eux. Cette paix n'est pas un sentiment fragile, mais un don à recevoir dans la prière, au pied de la crèche, puis à porter autour de soi. À l'exemple des bergers qui s'en retournent en témoins, le chrétien ne garde pas pour lui la joie de la nativité : il la rayonne dans sa famille, son travail, ses rencontres. Telle est la grâce propre de Noël : devenir, à son tour, messager de la paix donnée.

Cette semaine

  1. Dimanche 19 4e dimanche de l'Avent Lc 1, 39-45
  2. Lundi 20 Lundi 20 décembre, férie de l'Avent Lc 1, 26-38
  3. Mardi 21 Mardi 21 décembre, férie de l'Avent Lc 1, 39-45
  4. Mercredi 22 Mercredi 22 décembre, férie de l'Avent Lc 1, 46-56
  5. Jeudi 23 Jeudi 23 décembre, férie de l'Avent Lc 1, 57-66
  6. Vendredi 24 Vendredi 24 décembre, férie de l'Avent Lc 1, 67-79
  7. Samedi 25 Nativité du Seigneur Lc 2, 1-14

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique