L'Évangile du jour

Dimanche 12 décembre 2027

3e dimanche de l'Avent

Dimanche Temps de l'Avent Année C Ornements roses

Dimanche de Gaudete : « Réjouissez-vous », dit l'antienne d'ouverture, et les ornements peuvent être roses.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 3, 10-18

10Les foules lui demandaient : « Que devons-nous donc faire ? »11Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »12Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »13Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »14Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »15Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.16Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.17Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »18Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 3 de saint Luc avec ses commentaires

Comprendre ce passage

La prédication et l'emprisonnement de JeanLuc 3, 1-20

Contexte historique et social

Une datation solennelle

Luc inscrit l'entrée de Jean dans l'histoire avec une précision unique dans le Nouveau Testament : « la quinzième année de Tibère César » (soit vers 28-29 de notre ère), Ponce Pilate gouverneur de Judée, Hérode Antipas tétrarque de Galilée, sous le sacerdoce d'Anne et Caïphe. En convoquant ainsi le pouvoir impérial, romain et juif, l'évangéliste montre que la Bonne Nouvelle n'est pas un mythe intemporel mais un événement vérifiable, advenu en un temps et un lieu précis. Cette manière rappelle les datations des prophètes (Is 6, 1 ; Jr 1, 2) et place d'emblée le récit sous le signe de l'Histoire du salut.

La parole adressée à Jean au désert

« La parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. » La formule est exactement celle des vocations prophétiques (Jr 1, 1-2 ; Os 1, 1) : Jean est ainsi présenté comme le dernier des prophètes, héritier d'Élie. Le désert n'est pas un décor neutre : lieu des fiançailles d'Israël avec son Dieu (Os 2, 16) et de l'attente messianique, il évoque l'Exode et le dépouillement. C'est là, loin du Temple et des institutions, que Dieu suscite de nouveau sa voix.

Le baptême de conversion au Jourdain

Jean proclame « un baptême de conversion pour le pardon des péchés ». Les Juifs connaissaient bien les bains rituels de purification (les mikvé), répétés autant que nécessaire ; les esséniens de Qumrân en pratiquaient assidûment. Mais le geste de Jean est singulier : reçu une fois pour toutes, au bord du Jourdain (le fleuve même qu'Israël traversa pour entrer en Terre promise), il scelle un retournement intérieur dans l'attente du Messie. Le grec metanoia dit ce changement radical de mentalité et de vie, bien plus qu'un simple remords.

Foules, publicains et soldats

Autour de Jean se pressent des foules venues de toute la région, mais aussi des publicains et des soldats. Les publicains, collecteurs d'impôts pour le compte de Rome ou d'Hérode, étaient méprisés comme collaborateurs et soupçonnés de rapines ; les soldats, peut-être des auxiliaires au service du tétrarque, vivaient de réquisitions et d'intimidation. Que ces catégories décriées affluent au désert montre l'ampleur du réveil suscité par Jean, et annonce déjà l'accueil des pécheurs si cher à l'Évangile de Luc.

Lecture biblique et exégétique

« Préparez le chemin » (Isaïe 40)

Luc cite Isaïe plus longuement que les autres évangélistes, jusqu'à la promesse finale : « et tout homme verra le salut de Dieu » (Is 40, 3-5). Là où Matthieu et Marc s'arrêtent au « sentier », Luc prolonge l'oracle pour faire éclater l'universalisme qui traverse son œuvre : le salut est offert à toute chair, non au seul Israël. Les vallées comblées et les montagnes abaissées figurent le renversement que Dieu opère ; Jean n'est que la voix qui aplanit la route devant Celui qui vient.

La conversion qui porte du fruit

« Engeance de vipères… produisez donc des fruits dignes de la conversion. » Le ton est rude : il ne suffit pas de se réclamer d'Abraham, car « de ces pierres Dieu peut susciter des enfants à Abraham ». L'appartenance héritée ne sauve pas ; seul compte un changement vérifiable. L'image de la cognée déjà posée « à la racine » des arbres, et celle de l'arbre stérile jeté au feu, introduisent la note de jugement imminent : le temps presse, et la conversion doit se prouver par des actes, non par un titre.

« Que devons-nous faire ? »

Luc seul rapporte les consignes concrètes données aux trois groupes. Aux foules : partager ses deux tuniques et sa nourriture avec qui n'en a pas. Aux publicains : n'exiger rien de plus que le montant fixé, renonçant aux surtaxes frauduleuses. Aux soldats : ni violence, ni dénonciation calomnieuse, et « se contenter de sa solde ». Remarquable sagesse : Jean ne demande à personne de quitter son état, mais d'y vivre la justice et la charité. La conversion ne fuit pas le monde, elle le transforme de l'intérieur.

Le plus fort qui vient

Devant l'attente messianique des foules, Jean se récuse : il n'est pas le Christ et n'est pas même digne de dénouer la courroie de ses sandales, service réservé à l'esclave. Vient « plus fort » que lui, qui baptisera « dans l'Esprit Saint et le feu ». L'image du van séparant le bon grain de la bale dit que le salut annoncé est aussi discernement et jugement. Luc clôt enfin la section, par anticipation, sur l'emprisonnement de Jean par Hérode : le précurseur s'efface avant même le récit du baptême de Jésus.

Pour la vie spirituelle et pratique

Préparer le chemin

« Rendez droits ses sentiers. » L'appel de Jean est la figure même de l'Avent et de toute conversion : il s'agit d'aplanir en soi les obstacles qui empêchent Dieu de venir, l'orgueil comme une montagne à abaisser, le découragement comme une vallée à combler, la rancune et la double vie comme des détours à redresser. Ce travail intérieur n'est jamais achevé une fois pour toutes : chaque saison de la vie rouvre un chemin à préparer pour l'accueil du Seigneur.

Des fruits, non des mots

La foi ne se mesure pas aux titres que l'on revendique (« nous avons Abraham pour père »), mais aux fruits que l'on porte. La parole de Jean interdit toute religion de façade, contente de l'héritage ou de l'étiquette. Elle invite à un examen exigeant : ma foi change-t-elle vraiment ma manière de vivre, de dépenser, de parler, de traiter les autres ? Là où la vie ne change pas, la conversion n'est encore qu'un mot, et la cognée demeure à la racine.

« Que devons-nous faire ? »

La réponse de Jean surprend par son réalisme : pas d'exploits spectaculaires, mais partager le superflu, être honnête dans son métier, renoncer à la violence et à la médisance. La sainteté ne se joue pas d'abord dans l'extraordinaire, mais dans la justice quotidienne de notre état de vie : travail, argent, relations. À chacun selon sa condition, Dieu demande la fidélité dans le concret : c'est là, et non ailleurs, que se vérifie l'authenticité d'une conversion.

Baptisés dans l'Esprit et le feu

Notre baptême dépasse infiniment celui de Jean : celui-ci préparait, le nôtre donne réellement l'Esprit Saint et nous greffe sur le Christ. Reste à laisser ce don agir : que le feu de Dieu brûle en nous la bale (les attaches mauvaises, les compromis, le vieil homme) pour ne garder que le bon grain. La vie chrétienne est ce consentement quotidien à être purifié, afin que le salut promis « à toute chair » prenne enfin chair en nous.

Cette semaine

  1. Dimanche 12 3e dimanche de l'Avent Lc 3, 10-18
  2. Lundi 13 Lundi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 23-27
  3. Mardi 14 Mardi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 28-32
  4. Mercredi 15 Mercredi de la 3e semaine de l'Avent Lc 7, 19-23
  5. Jeudi 16 Jeudi de la 3e semaine de l'Avent Lc 7, 24-30
  6. Vendredi 17 Vendredi 17 décembre, férie de l'Avent Mt 1, 1-17
  7. Samedi 18 Samedi 18 décembre, férie de l'Avent Mt 1, 18-24

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique