L'Évangile du jour

Dimanche 21 novembre 2027

Le Christ, Roi de l'univers

Solennité Temps ordinaire Année B Ornements blancs

Le 34e et dernier dimanche du Temps ordinaire : l'année liturgique se ferme sur la royauté du Christ, et l'Avent commence dimanche prochain.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 18, 33b-37

33Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »34Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »35Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »36Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »37Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 18 de saint Jean avec ses commentaires

Comprendre ce passage

Chez le gouverneur : procès et condamnation à mortJean 18, 28-40

Contexte historique et social

Le prétoire et le scrupule de la Pâque

On mène Jésus, « au petit matin », de chez Caïphe au prétoire, la résidence du gouverneur romain, sans doute l'ancien palais d'Hérode ou la forteresse Antonia. Les accusateurs n'y entrent pas, « pour ne pas se souiller » et pouvoir manger la Pâque : pénétrer chez un païen rendait impur pour la fête. Jean souligne ainsi une ironie poignante : un scrupule rituel d'une méticulosité extrême, alors même qu'ils livrent à la mort le véritable Agneau pascal. La pureté légale les préoccupe ; l'innocence du condamné, nullement.

Pilate, le pouvoir romain et la peine de mort

Ponce Pilate, préfet de Judée de 26 à 36, détient seul le ius gladii, le droit de glaive : le Sanhédrin peut juger, non exécuter (cf. 18, 31). De là cette navette obligée entre les accusateurs restés dehors et le prisonnier conduit dedans, que Jean rythme par les allées et venues du gouverneur, comme tiraillé entre deux mondes. Connu par Flavius Josèphe et Philon pour sa dureté et son mépris des coutumes juives, Pilate apparaît pourtant ici hésitant, prisonnier d'un jeu politique qui le dépasse.

D'une accusation religieuse à un chef d'inculpation politique

Devant le sanhédrin, Jésus était accusé de blasphème ; mais ce grief ne pèse rien aux yeux de Rome. L'accusation est donc transposée en affaire politique : « es-tu le roi des Juifs ? » Prétendre à la royauté équivalait à un crime de lèse-majesté contre César, seul passible de la croix. Cette royauté de Jésus, déformée par ses juges, devient le thème central de la Passion selon Jean : le dialogue avec Pilate va en révéler le sens véritable.

Lecture biblique et exégétique

« Mon royaume n'est pas de ce monde »

À la question de Pilate, Jésus répond en déplaçant le débat : « Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré ; mais mon royaume n'est pas d'ici. » Le grec (ek tou kosmou) ne dit pas un royaume ailleurs, mais d'une autre origine et d'une autre nature : il ne tire ni sa source ni ses moyens du monde. Royauté qui ne s'impose pas par les armes ni par la contrainte, mais règne par la vérité et l'amour, sans menacer en rien le pouvoir de César.

« Je suis venu rendre témoignage à la vérité »

« Tu le dis : je suis roi. Je suis pour cela, et pour cela venu dans le monde : rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité écoute ma voix. » Le Christ ne nie pas sa royauté, il la redéfinit : son trône est la croix, son sceptre la vérité qu'il est lui-même (14, 6). À quoi Pilate rétorque, sceptique ou las : « Qu'est-ce que la vérité ? » Question lancée sans attendre la réponse, alors qu'elle se tient, vivante, devant lui. Et il sort, refermant le dialogue.

« Je ne trouve en lui aucun motif »

Pilate déclare alors l'innocence de Jésus : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » C'est la première des trois proclamations d'innocence dans la Passion johannique (cf. 19, 4.6), où le juge reconnaît la justice de l'accusé. Sentence paradoxale : celui qui sait la vérité du cas commence pourtant déjà à céder. Chez Jean, c'est en réalité Pilate qui est jugé : sommé de se prononcer pour ou contre la Vérité, il esquive.

Barabbas, ou l'échange inversé

Invoquant la coutume de relâcher un prisonnier à la Pâque, Pilate propose de leur rendre « le roi des Juifs ». Mais ils crient : « Pas lui, mais Barabbas ! », et Jean précise sèchement : « Or Barabbas était un bandit » (un brigand, voire un séditieux). Le peuple préfère le coupable à l'innocent, l'homme de violence au Prince de la paix. Le nom même de Barabbas (bar-abba, « fils du père ») accuse le contraste : on relâche un faux fils, on livre le vrai Fils, figure du salut, l'innocent prenant la place du coupable.

Pour la vie spirituelle et pratique

Reconnaître la royauté de la vérité

Le Christ ne règne pas par la force, l'argent ou la séduction, mais par la vérité et l'amour offerts jusqu'au don de sa vie. Le reconnaître pour roi, c'est écouter sa voix et consentir à être « de la vérité ». Tout pouvoir qui prétend s'imposer par la contrainte trahit ce royaume ; tout cœur qui se laisse désarmer par l'amour y entre. Sa couronne d'épines juge nos rêves de puissance.

Ne pas esquiver la question de Pilate

« Qu'est-ce que la vérité ? » Beaucoup, comme Pilate, posent la question mais s'en détournent aussitôt, par scepticisme, par crainte de ce qu'elle exigerait. Or la Vérité n'est pas une idée abstraite : elle est une Personne, Jésus lui-même, là, présent. Chercher la vérité jusqu'au bout, c'est accepter de la rencontrer et de se laisser transformer par elle, au lieu de fuir dans le relativisme commode.

Contempler l'échange du salut

L'innocent condamné, le coupable libéré : ce renversement est tout le mystère de la Rédemption. Le Christ a pris notre place, comme il prit celle de Barabbas, « lui qui n'avait pas connu le péché » fait péché pour nous (cf. 2 Co 5, 21). Méditer ce don, m'y reconnaître moi-même dans Barabbas (libéré parce qu'un Autre s'est livré), et lui en rendre humblement grâce.

Le courage devant la vérité connue

Pilate connaît l'innocence de Jésus, et pourtant cède, par peur de la foule et souci de sa carrière. Sa lâcheté met en garde tout chrétien : il ne suffit pas de savoir où est le vrai et le juste, il faut le défendre, fût-ce à contre-courant. Trahir par peur une vérité que l'on a reconnue, c'est se laver les mains d'un sang qu'on ne lave jamais vraiment.

Cette semaine

  1. Dimanche 21 Le Christ, Roi de l'univers Jn 18, 33b-37
  2. Lundi 22 Lundi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 1-4
  3. Mardi 23 Mardi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 5-11
  4. Mercredi 24 Mercredi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 12-19
  5. Jeudi 25 Jeudi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 20-28
  6. Vendredi 26 Vendredi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 29-33
  7. Samedi 27 Samedi de la 34e semaine du Temps ordinaire Lc 21, 34-36

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique