L'Évangile du jour

Lundi 13 septembre 2027

Lundi de la 24e semaine du Temps ordinaire

Férie Temps ordinaire Année B Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 7, 1-10

1Lorsque Jésus eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm.2Il y avait un centurion dont un esclave était malade et sur le point de mourir ; or le centurion tenait beaucoup à lui.3Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave.4Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient instamment : « Il mérite que tu lui accordes cela.5Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. »6Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.7C’est pourquoi je ne me suis pas autorisé, moi-même, à venir te trouver. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri !8Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité, mais j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient ; et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »9Entendant cela, Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! »10Revenus à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 7 de saint Luc avec ses commentaires

Comprendre ce passage

La foi du centurionLuc 7, 1-10

Contexte historique et social

Un centurion en pays occupé

Le centurion commandait une centaine d'hommes : pivot de la discipline romaine, c'était un militaire de carrière, respecté pour sa fermeté. À Capharnaüm, ville de garnison et de douane sur la route reliant la Galilée à Damas, sa présence rappelle que le pays vit sous l'occupation. Cet officier est donc un païen, étranger à l'Alliance et, en principe, méprisé du Juif pieux. Tout le récit joue sur ce renversement : c'est cet homme du dehors, et non un fils d'Israël, qui va recevoir la louange du Christ.

Un « craignant-Dieu » bienfaiteur

Détail remarquable : cet officier « aime notre nation » et a fait bâtir la synagogue du lieu. Il appartient à ces craignants-Dieu (phoboumenoi), païens attirés par le monothéisme et l'éthique d'Israël, qui fréquentaient les synagogues sans embrasser pleinement la Loi ni la circoncision. Les Actes des Apôtres en montreront beaucoup, tel Corneille, autre centurion (Ac 10). Sa générosité envers le culte juif explique l'empressement des anciens à plaider sa cause, et prépare déjà l'ouverture de l'Évangile aux nations.

Le souci d'un esclave

Le centurion agit pour un serviteur (un esclave) « qui lui était cher » et que la maladie menait « à la mort ». Or, dans le monde antique, l'esclave était juridiquement une chose, un bien dont le maître pouvait disposer ; les traités d'agriculture le rangeaient parmi les « outils qui parlent ». Que cet officier se mette en peine, mobilise des notables et redoute la perte de cet homme révèle un cœur droit et compatissant, étonnamment libre des préjugés de son rang. Sa charité envers le plus humble annonce déjà la qualité de sa foi.

Lecture biblique et exégétique

Le jeu des intermédiaires

Particularité propre à Luc : le centurion ne s'avance pas lui-même. Il dépêche d'abord les anciens des Juifs, puis, Jésus en chemin, des amis porteurs d'un second message. Cette mise à distance, absente chez Matthieu (8, 5-13) qui resserre la scène, souligne l'humilité et la délicatesse de l'officier : il s'estime indigne d'aborder en personne un maître d'Israël, et ménage la susceptibilité religieuse de son interlocuteur. Le procédé, par contraste, rend plus saisissante encore la proximité que Jésus va lui accorder.

« Je ne suis pas digne »

Le cœur du récit tient dans l'aveu transmis : « je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit… mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri ». L'homme conjugue une humilité sans fausse note et une confiance sans réserve. Il sait qu'un Juif observant se rendait impur en pénétrant chez un païen, et n'exige rien de tel ; il lui suffit d'un mot. L'Église a recueilli cette prière au seuil de la communion (« Seigneur, je ne suis pas digne… »), où le fidèle reprend, presque mot pour mot, la voix de l'officier.

La foi qui comprend l'autorité

Le centurion justifie sa demande par son expérience militaire : « moi aussi, je suis soumis à une autorité… je dis à l'un : Va, et il va ». Habitué à voir un ordre s'exécuter à distance par la seule chaîne du commandement, il devine que la parole de Jésus possède, sur la maladie et sur la vie, une autorité souveraine du même genre, mais incomparablement plus haute. Sa foi n'est pas vague élan : c'est une intelligence juste de la puissance créatrice du Verbe, qui agit par sa seule parole, sans proximité ni contact.

« Une telle foi en Israël »

Jésus, qui s'étonne très rarement dans les Évangiles, est ici saisi d'admiration : « je n'ai pas trouvé une telle foi en Israël ». La louange est grave, presque un avertissement : un païen devance le peuple élu et reçoit ce que beaucoup d'héritiers de la Promesse n'ont pas donné. On entrevoit déjà l'universalité du salut, chère à Luc, et la mission aux nations que déploieront les Actes. Le serviteur, enfin, est trouvé guéri « à l'heure même », par la seule parole, sans que Jésus ait eu à se déplacer.

Pour la vie spirituelle et pratique

« Dis seulement une parole »

La supplication du centurion est devenue la nôtre avant de recevoir l'Eucharistie. Elle tient ensemble deux attitudes que l'on croit opposées : l'aveu de son indignité et l'audace de la confiance. S'approcher ainsi du Seigneur, c'est ne rien réclamer de nos mérites et tout attendre de sa miséricorde. Cette parole, redite à chaque messe, forme peu à peu le cœur du croyant à la juste disposition devant le mystère : ni présomption, ni découragement, mais l'abandon paisible à la puissance de sa grâce.

L'humilité, porte de la foi

C'est précisément l'homme qui se reconnaît indigne que Jésus loue, et non celui qui se prévaut de ses droits. L'humilité n'est donc pas un obstacle à la foi : elle en est la porte et le terrain. En se faisant petit, le centurion fait place à la grâce ; en s'effaçant, il laisse toute la place à la parole du Christ. Les Pères y verront la loi constante de la vie spirituelle : Dieu résiste aux orgueilleux et donne sa faveur aux humbles, car seul le cœur vide peut être comblé.

La foi par-delà les frontières

Dieu trouve la foi là où nul ne l'attendait, chez un étranger, un soldat de l'occupant. C'est un avertissement contre toute présomption fondée sur l'appartenance, le titre ou l'héritage reçu : ce qui sauve n'est pas le sang ni le rang, mais le fait de croire. L'épisode invite à reconnaître les semences de foi semées hors de nos frontières et de nos cadres, et à ne jamais enfermer la grâce de Dieu dans les limites étroites de nos appartenances.

Intercéder pour les siens

Le centurion ne supplie pas pour lui, mais pour son serviteur, le plus dépendant de sa maison. Il offre ainsi une belle figure de l'intercession : porter au Christ ceux dont on a la charge, les faibles, les subordonnés, ceux qui ne peuvent prier pour eux-mêmes. Sa démarche rappelle que la charité précède et porte la foi, et que prier pour autrui (surtout pour les plus humbles confiés à notre garde) est l'une des formes les plus pures de l'amour du prochain.

Cette semaine

  1. Dimanche 12 24e dimanche du Temps ordinaire Mc 8, 27-35
  2. Lundi 13 Lundi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 1-10
  3. Mardi 14 La Croix glorieuse Jn 3, 13-17
  4. Mercredi 15 Mercredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 31-35
  5. Jeudi 16 Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 36-50
  6. Vendredi 17 Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 1-3
  7. Samedi 18 Samedi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 4-15

L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique