L'Évangile du jour
Vendredi 4 juin 2027
Le Sacré-Cœur de Jésus
Solennité Temps ordinaire Année B Ornements blancs
Le vendredi qui suit le deuxième dimanche après la Pentecôte.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
31Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.32Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.33Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,34mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.35Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.36Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.37Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Acclamons la Parole de Dieu.
Comprendre ce passage
Crucifixion et mort de JésusJean 19, 16-37
La croix romaine et le Golgotha
La crucifixion était le supplice romain des esclaves et des séditieux, conçu pour humilier autant que pour tuer : on l'infligeait hors les murs, en lieu passant, pour frapper les esprits. Jean situe la scène au Golgotha, « lieu du Crâne » (en latin Calvaria), tertre proche d'une porte de Jérusalem. Cette proximité et l'écriteau exposé donnent à la mort de Jésus le caractère d'un événement public, offert au regard des nations.
L'écriteau en trois langues
Au-dessus du crucifié, Pilate fait clouer le titulus portant le motif de la condamnation : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Détail propre au quatrième évangile, il est rédigé en hébreu, en latin et en grec, les trois langues du monde d'alors : celle de la révélation, celle de l'Empire, celle de la culture. Les grands prêtres protestent ; Pilate tranche : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » Sans le savoir, il proclame à la face de l'univers une royauté que sa réticence n'efface pas.
Le partage des vêtements et la tunique sans couture
Selon l'usage, les soldats se partagent les habits du supplicié, ultime dépouillement de l'homme livré nu à la mort. Mais la tunique, « sans couture, tissée d'une seule pièce depuis le haut », ne peut être déchirée : ils la tirent au sort, accomplissant le Psaume 22, 19. Plusieurs Pères, dont saint Cyprien, ont reconnu dans ce vêtement d'un seul tenant le symbole de l'unité indéchirable de l'Église ; d'autres y lisent la robe du grand prêtre, signe du sacerdoce du Crucifié.
« Femme, voici ton fils »
Propre à Jean, la scène réunit au pied de la croix quelques femmes et le disciple bien-aimé. À sa mère, Jésus dit : « Femme, voici ton fils » ; au disciple : « voici ta mère ». Le titre de « Femme » fait écho à Cana (2, 4) et à la femme de la Genèse (Gn 3, 15). En confiant Marie au disciple, le Christ lui donne une maternité spirituelle qui déborde le seul Jean : la tradition catholique y voit Marie établie Mère de l'Église, au moment même où s'enfante le salut.
« J'ai soif » et « Tout est accompli »
« J'ai soif » : derrière la souffrance réelle du crucifié, Jean entend l'accomplissement de l'Écriture (Ps 69, 22) et la soif ardente que Dieu a de notre salut. Le vinaigre présenté au moyen d'une branche d'hysope rappelle la Pâque (Ex 12, 22). Puis vient la parole décisive : « Tout est accompli » (tetelestai), non le cri d'un vaincu, mais l'annonce d'une œuvre menée à son terme. « Il remit l'esprit » (paredōken to pneuma) : il livre son souffle librement, en plein don de soi.
Le côté transpercé : le sang et l'eau
Pour hâter la mort avant le sabbat, on brise les jambes des suppliciés ; à Jésus déjà mort, on ne les brise pas, en sorte que s'accomplit la prescription de l'agneau pascal : « aucun de ses os ne sera brisé » (Ex 12, 46 ; Ps 34, 21). Un soldat lui perce le côté, et « aussitôt il en sortit du sang et de l'eau ». Les Pères y contemplent la naissance des sacrements (l'eau du baptême, le sang de l'Eucharistie) et de l'Église, nouvelle Ève tirée du côté ouvert du nouvel Adam endormi.
Le témoignage du disciple
Jean scelle le récit d'une note insistante : « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique […], afin que vous croyiez aussi. » L'évangéliste se présente en témoin oculaire, garant de la réalité charnelle de la Passion. Deux citations couronnent le tout : l'os non brisé de l'agneau et le regard porté sur « celui qu'ils ont transpercé » (Za 12, 10), promesse d'une conversion pour ceux qui lèveront les yeux vers le Crucifié.
Accueillir Marie pour mère
Comme le disciple bien-aimé qui, dès cette heure, « la prit chez lui », chaque croyant est invité à recevoir Marie dans sa vie et à lui faire une place réelle. La dévotion mariale n'est pas un ajout sentimental, mais l'accueil d'un don du Crucifié lui-même : se laisser conduire par celle qu'il nous a donnée pour mère fait entrer plus avant dans la confiance filiale et l'intimité du Fils.
Contempler l'œuvre achevée
« Tout est accompli » : devant la croix, le chrétien apprend qu'il n'a rien à ajouter à la rédemption, mais tout à recevoir. La tentation reste grande de vouloir compléter par ses efforts ce que le Christ a parfaitement accompli. La vie spirituelle commence par cet accueil émerveillé : laisser l'amour donné jusqu'au bout devenir la source, et non le salaire, de notre propre don.
Puiser à la source du côté ouvert
Du côté transpercé jaillissent l'eau et le sang : le croyant est appelé à y puiser sans cesse, par le baptême qui le fait renaître et l'Eucharistie qui le nourrit. C'est là le foyer de la dévotion au Sacré-Cœur, où l'Église a reconnu l'amour de Dieu rendu visible. Toute grâce nous vient de la croix, d'où l'Église elle-même est née.
Regarder le Transpercé
« Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé » : cette parole demeure adressée à chaque génération. Contempler longuement le Crucifié, sans détourner les yeux de sa blessure, engendre la componction du cœur et fait naître l'amour en retour. Le regard de la foi transforme : de la croix méditée découle une vie peu à peu conformée à celui qui s'est livré, jusqu'à aimer comme il a aimé.
Cette semaine
- Dimanche 30 Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ Mc 14, 12-16.22-26
- Lundi 31 Visitation de la Vierge Marie Lc 1, 39-56
- Mardi 1 Mardi de la 9e semaine du Temps ordinaire Mc 12, 13-17
- Mercredi 2 Mercredi de la 9e semaine du Temps ordinaire Mc 12, 18-27
- Jeudi 3 Jeudi de la 9e semaine du Temps ordinaire Mc 12, 28b-34
- Vendredi 4 Le Sacré-Cœur de Jésus Jn 19, 31-37
- Samedi 5 Samedi de la 9e semaine du Temps ordinaire Mc 12, 38-44
L'AELF n'a pas répondu pour cette date, ou ne la couvre pas encore : le calendrier est calculé sur place, selon le calendrier romain général, sans les mémoires ni les fêtes propres. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique