L'Évangile du jour
Vendredi 12 mars 2027
Vendredi de la 4e semaine de Carême
Férie Temps du Carême Année B Ornements violets
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« On cherchait à l’arrêter, mais son heure n’était pas encore venue »
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.
1Après cela, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer.2La fête juive des Tentes était proche.
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10Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret.
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14On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
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25Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ?26Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ?27Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »28Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas.29Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. »30On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Sg 2, 1a.12-22« Condamnons le juste à une mort infâme »
- Psaume 33 (34), 17-18, 19-20, 21.23
Comprendre ce passage
La fête des Tentes : débat sur le ChristJean 7, 1-52
La fête des Tentes (Soukkot)
La fête des Tentes est la grande célébration d'automne, après la récolte des fruits et la vendange, l'une des trois fêtes de pèlerinage où tout Israël montait à Jérusalem (Dt 16, 16). Sept jours durant, le peuple habitait sous des huttes de branchages, en mémoire des années passées au désert après l'Exode (Lv 23, 42-43). Joie débordante, action de grâce pour la terre donnée, attente de la moisson dernière : Soukkot mêlait reconnaissance et espérance messianique, ce qui éclaire l'attente fébrile de la foule à l'égard du Christ.
Deux rites lourds de sens
Deux rites spectaculaires marquaient ces jours. Chaque matin, un prêtre puisait de l'eau à la piscine de Siloé et la versait sur l'autel parmi les chants du Hallel : geste implorant la pluie et rappelant l'eau jaillie du rocher (Ex 17). Le soir, on illuminait le parvis des femmes par de grands chandeliers dont la lueur, dit-on, éclairait toute la ville. Ces deux signes (l'eau et la lumière) forment l'arrière-plan exact des paroles de Jésus sur les « fleuves d'eau vive » (ch. 7) et sur la « lumière du monde » (ch. 8).
Un climat de danger et de division
L'heure est grave : « les Juifs cherchaient à le faire mourir », depuis la guérison du sabbat et le discours sur le pain de vie (ch. 5-6). Jésus se tient donc en Galilée, puis monte à la fête « non pas ouvertement, mais en secret ». Dans Jérusalem, on murmure à voix basse, par crainte des autorités, et la foule se trouve partagée : les uns disent « c'est un homme bon », les autres « il égare le peuple ». Tout le chapitre se déroule ainsi sous tension, entre fascination et hostilité.
« Mon temps n'est pas encore venu »
Les « frères » de Jésus (proches parents qui « ne croyaient pas en lui ») le pressent de se manifester en Judée, par calcul tout humain de la réussite. Jésus leur oppose le thème johannique de l'« heure » (ici kairos, le temps favorable) : « mon temps n'est pas encore venu ». Il ne se règle ni sur l'ambition ni sur la pression des siens, mais uniquement sur le dessein du Père. Sa manifestation pleine sera celle de la Croix et de la gloire pascale.
« Ma doctrine n'est pas de moi »
Enseignant au Temple, Jésus étonne : « comment connaît-il les Écritures sans avoir étudié ? » Sa réponse renvoie tout à la source : « ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé ». Et il livre un critère décisif : « si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il reconnaîtra » si cette doctrine vient de Dieu. La foi n'est donc pas d'abord affaire d'érudition, mais de docilité du cœur : seul l'homme prêt à obéir perçoit l'origine divine de la Parole.
« Jugez selon la justice »
Le débat ramène la guérison du sabbat opérée jadis (ch. 5), qui scandalisait encore. Jésus retourne l'argument : puisque l'on circoncit un enfant le jour du sabbat, pour accomplir la Loi de Moïse, pourquoi s'indigner qu'il ait rendu un homme tout entier à la santé ce même jour ? D'où l'avertissement : « ne jugez pas sur l'apparence, mais portez un jugement juste ». La vraie justice ne s'arrête pas à la lettre, mais discerne l'œuvre de Dieu dans le bien fait à l'homme.
Les fleuves d'eau vive
« Le dernier jour, le grand jour de la fête » (celui, sans doute, de la solennelle libation d'eau), Jésus se lève et proclame d'une voix forte : « si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ; de son sein couleront des fleuves d'eau vive ». Jean précise aussitôt le sens : « il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui », Esprit pas encore donné « car Jésus n'était pas encore glorifié ». L'eau vive, c'est donc l'Esprit Saint, inséparable de la glorification du Christ par la Croix et Pâques.
Division sur l'origine du Christ
Les paroles redoublent la division : « le Christ vient-il de Galilée ? L'Écriture ne dit-elle pas qu'il naît de la descendance de David, à Bethléem ? » La foule ignore la naissance réelle de Jésus et se méprend sur ses origines. Ironie johannique : ils croient savoir et ne savent rien, car la vraie origine de Jésus n'est ni Nazareth ni Bethléem, mais le Père.
Les gardes et Nicodème
Les gardes envoyés par les chefs pour l'arrêter reviennent les mains vides, désarmés par sa parole : « jamais homme n'a parlé comme cet homme ». Les pharisiens méprisent alors la foule « qui ne connaît pas la Loi » et la déclarent maudite. Seul Nicodème, ce notable venu de nuit (ch. 3), ose un mot pour le droit : « notre Loi juge-t-elle un homme sans l'avoir d'abord entendu ? » On le rabroue. Ainsi la vérité trouve déjà un défenseur timide au cœur du Sanhédrin.
« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi »
L'appel reste ouvert à chacun : reconnaître sa soif profonde, celle que nul bien créé n'étanche, et venir boire au Christ. Recevoir l'Esprit Saint, l'eau vive promise, c'est laisser Dieu combler le désir le plus secret de l'âme. Mieux encore, le croyant abreuvé devient à son tour source : « de son sein couleront des fleuves ». La grâce reçue n'est pas faite pour stagner, mais pour déborder en charité et en témoignage vers ceux qui ont soif autour de nous.
Faire la volonté de Dieu pour connaître
« Qui veut faire la volonté de Dieu reconnaîtra » d'où vient la doctrine. La foi suppose donc un cœur droit, déjà disposé à obéir avant même d'avoir tout compris. Ce n'est pas l'intelligence qui ouvre l'obéissance, mais l'obéissance qui ouvre l'intelligence des choses de Dieu. Beaucoup de doutes ne sont pas d'abord des problèmes de raison, mais des résistances du vouloir ; se rendre docile, prêt à faire ce que Dieu demande, c'est déjà entrer dans la lumière de la foi.
Ne pas juger sur l'apparence
Jésus invite à juger avec justice et vérité, sans s'arrêter au paraître ni faire acception des personnes. Combien de jugements hâtifs naissent du préjugé, de l'étiquette, du « d'où peut-il sortir de bon ? » Il faut aussi se garder du mépris des chefs envers la foule simple, « qui ne connaît pas la Loi ». L'Évangile renverse cette suffisance : c'est souvent le petit, l'ignoré, qui accueille la vérité que les savants rejettent.
Oser un mot pour la vérité
À l'image de Nicodème, qui s'avance seul pour rappeler le droit au milieu d'un tribunal hostile, le disciple est appelé à défendre la justice et la vérité, même seul, même mal reçu, même au risque du mépris. Le silence par peur, le repli prudent quand un innocent est condamné, sont une forme de complicité. Un seul mot juste, dit à temps, peut être un germe de conversion. La fidélité au Christ se mesure aussi à ce courage humble de ne pas se taire.
Cette semaine
- Dimanche 7 4e dimanche de Carême, de Lætare Jn 3, 14-21
- Lundi 8 Lundi de la 4e semaine de Carême Jn 4, 43-54
- Mardi 9 Mardi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 1-16
- Mercredi 10 Mercredi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 17-30
- Jeudi 11 Jeudi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 31-47
- Vendredi 12 Vendredi de la 4e semaine de Carême Jn 7, 1-2.10.14.25-30
- Samedi 13 Samedi de la 4e semaine de Carême Jn 7, 40-53
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