L'Évangile du jour

Lundi 8 mars 2027

Lundi de la 4e semaine de Carême

S. Jean de Dieu · Mémoire facultative

Mémoire Temps du Carême Année B Ornements violets

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 4, 43-54

« Va, ton fils est vivant »

Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

Cherchez le bien, non le mal, afin de vivre.
Ainsi le Seigneur sera avec vous.
Ta parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

43Deux jours après, Jésus partit de là pour la Galilée.44– Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays.45Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête.46Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm.47Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant.48Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! »49Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! »50Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit.51Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant.52Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure, (au début de l’après-midi), que la fièvre l’a quitté. »53Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.54Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 4 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Is 65, 17-21« On n’y entendra plus de pleurs ni de cris »
  • Psaume 29 (30), 2a.3-4, 5-6, 9.12a.13cd

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Comprendre ce passage

La guérison du fils de l'officier royal à CanaJean 4, 43-54

Contexte historique et social

Le retour en Galilée

Quittant la Samarie, Jésus regagne la Galilée, sa province d'origine. Jean note un paradoxe : « un prophète n'est pas honoré dans sa propre patrie » (4, 44), et pourtant les Galiléens l'accueillent parce qu'ils ont vu, à la fête de la Pâque, ce qu'il avait fait à Jérusalem (cf. 2, 23). Leur empressement reste donc ambigu, suspendu au spectacle des prodiges. Cana, modeste bourg des hauteurs galiléennes, devient ainsi le théâtre d'un second commencement, après l'éclat des noces.

L'officier royal

Le terme grec basilikos désigne un fonctionnaire au service du roi, très probablement Hérode Antipas, tétrarque de Galilée. Homme de rang et d'influence, sans doute attaché à la cour de Tibériade, il appartient au monde des puissants. Son fils se meurt à Capharnaüm, ville du bord du lac située à une trentaine de kilomètres de Cana, en contrebas. Que cet homme important entreprenne la montée pour supplier un prédicateur itinérant en dit long sur sa détresse de père, plus forte que son orgueil.

Le deuxième signe à Cana

Jean prend soin de le souligner : « ce fut le second signe que fit Jésus en revenant de Judée en Galilée » (4, 54). Les deux signes de Cana, l'eau changée en vin (2, 11) et la guérison à distance, encadrent comme deux bornes ces débuts du ministère galiléen. L'évangéliste préfère le mot sēmeion, « signe », à celui de « miracle » : le prodige n'est jamais une simple merveille, mais un geste qui renvoie au-delà de lui-même, vers la gloire du Fils et la foi qu'il appelle.

Lecture biblique et exégétique

« Si vous ne voyez signes et prodiges… »

À la première supplique, Jésus oppose un reproche qui vise la foule autant que l'officier : « si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez pas. » Le pluriel trahit une mentalité collective, friande de merveilleux, qui ferait dépendre l'adhésion du spectacle obtenu. Jésus dénonce cette religion de l'extraordinaire et appelle à une foi plus pure, qui se fie à sa personne sans exiger d'abord de voir. La demande du père va précisément être l'occasion de ce passage.

« Va, ton fils est vivant »

L'homme insiste : « Seigneur, descends avant que mon enfant ne meure. » Jésus ne descend pas, ne touche pas, n'accompagne pas ; il guérit à distance, par la seule parole : « Va, ton fils est vivant. » Le verbe , « il vit », résonne déjà des accents de la vie que Jean place au cœur de son évangile. L'officier « crut à la parole » et repart seul vers Capharnaüm : foi sur parole, avant toute vérification, exactement l'attitude que Jésus réclamait.

La concordance de l'heure

Sur la route, ses serviteurs viennent au-devant de lui annoncer la guérison. À sa question, ils précisent : « la fièvre l'a quitté hier, à la septième heure », soit une heure de l'après-midi, celle même où Jésus avait dit la parole. La coïncidence n'est pas un hasard mais une vérification qui scelle le récit : la parole de Jésus est efficace, agissant à l'instant et à distance. Le père reconnaît alors que la santé de son fils tient tout entière à ce mot prononcé.

« Il crut, lui et toute sa maison »

Le récit dessine une croissance de la foi en étapes : de la simple demande intéressée à la foi sur parole, puis à la foi pleine qui s'attache à Jésus pour lui-même. Cette dernière déborde l'individu et gagne toute la maisonnée : « il crut, lui et toute sa maison ». On songe aux conversions de « maisons » entières racontées dans les Actes (Corneille, le geôlier de Philippes). La guérison du corps a ouvert le chemin d'un salut plus vaste, communiqué à tous les siens.

Pour la vie spirituelle et pratique

Croire sur parole

L'officier nous enseigne la foi qui s'appuie sur la parole de Jésus sans exiger de voir. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (20, 29), dira le Ressuscité à Thomas : c'est la béatitude même de notre condition de croyants, qui n'ont pas le Christ sous les yeux mais possèdent sa Parole. Faire confiance à ce qu'il dit, repartir comme cet homme avant toute preuve, voilà le pas décisif que la grâce attend de chacun.

Intercéder pour les siens

Ce père intercède pour son enfant avec une insistance que rien ne décourage. Sa prière est modèle : priée avec confiance et persévérance pour ceux qu'on aime, surtout les malades et les êtres en danger. L'amour des siens devient ainsi un chemin vers le Christ ; et l'on peut, comme lui, porter devant Jésus ceux qui ne peuvent venir d'eux-mêmes, certains que sa compassion rejoint toute détresse confiée.

La parole efficace de Jésus

La parole du Christ agit, même à distance, sans qu'il ait à toucher ni à se déplacer : elle fait ce qu'elle dit. C'est la même puissance qui opère dans les sacrements, où un mot prononcé sur l'eau, le pain ou le pécheur accomplit réellement ce qu'il signifie. S'appuyer sur cette efficacité, c'est croire que la liturgie n'est pas un signe vide, mais l'action présente de Celui dont la parole donne la vie.

La foi qui gagne la maison

Une foi vécue ne reste pas solitaire : elle rejaillit sur l'entourage, et d'abord sur la famille, « lui et toute sa maison ». Le premier lieu du témoignage est le foyer, où l'on évangélise moins par les discours que par une vie transformée. Témoigner d'abord chez soi, laisser sa propre confiance gagner proches et enfants : tel est le fruit ordinaire et discret d'une foi authentique, qui se communique de proche en proche.

Cette semaine

  1. Dimanche 7 4e dimanche de Carême, de Lætare Jn 3, 14-21
  2. Lundi 8 Lundi de la 4e semaine de Carême Jn 4, 43-54
  3. Mardi 9 Mardi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 1-16
  4. Mercredi 10 Mercredi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 17-30
  5. Jeudi 11 Jeudi de la 4e semaine de Carême Jn 5, 31-47
  6. Vendredi 12 Vendredi de la 4e semaine de Carême Jn 7, 1-2.10.14.25-30
  7. Samedi 13 Samedi de la 4e semaine de Carême Jn 7, 40-53

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