L'Évangile du jour
Dimanche 28 février 2027
3e dimanche de Carême
Dimanche Temps du Carême Année B Ornements violets Semaine III du Psautier
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai »
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
13Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.14Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.15Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,16et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »17Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment.18Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »19Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »20Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »21Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.22Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.23Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait.24Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous25et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Ex 20, 1-17La Loi fut donnée par Moïse
- Psaume 18b (19), 8, 9, 10, 11
- Deuxième lecture 1 Co 1, 22-25« Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les hommes, mais pour ceux que Dieu appelle, il est sagesse de Dieu »
Comprendre ce passage
Le signe du Temple (première Pâque)Jean 2, 13-25
La purification au seuil du ministère
Jean place la purification du Temple au tout début de la vie publique, alors que les synoptiques la situent à la fin, dans la semaine de la Passion (Mt 21 ; Mc 11 ; Lc 19). Faut-il y voir un même épisode déplacé par Jean dans un ordre théologique, pour donner d'emblée la clé de tout l'évangile, ou deux gestes distincts encadrant le ministère ? La tradition a souvent retenu deux purifications ; beaucoup de modernes penchent pour un seul fait, diversement situé. Quoi qu'il en soit, le sens demeure : dès l'origine, Jésus pose son autorité sur la maison de Dieu.
Les trois Pâques et la montée à Jérusalem
C'est ici la première des trois Pâques que mentionne Jean (cf. 6, 4 ; 11, 55), ce qui laisse deviner un ministère public d'environ trois ans, donnée propre au quatrième évangile, que les synoptiques ne permettent pas d'établir. « La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem » : tout juif adulte se devait de gagner la Ville sainte pour la fête, et l'on disait toujours qu'on « montait » vers le Temple, point culminant de la géographie sacrée d'Israël. Jésus s'inscrit dans ce pèlerinage, mais pour y opérer un signe inattendu.
Le commerce dans la cour des païens
L'affluence des pèlerins avait fait naître, dans la vaste cour des païens, tout un négoce : on y vendait bœufs, brebis et colombes destinés aux sacrifices, et l'on y changeait les monnaies. L'impôt du Temple et les offrandes devaient en effet être acquittés dans le sicle sacré, à l'exclusion des pièces romaines jugées idolâtres : d'où les tables des changeurs. Ce trafic, sans doute licite et même utile au culte, avait peu à peu envahi le seul espace ouvert aux nations. Jésus, d'un fouet de cordes, renverse les tables, répand la monnaie et chasse le bétail hors de l'enceinte.
« La maison de mon Père »
« Ôtez cela d'ici ; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de commerce. » Le mot est décisif : Jésus n'appelle pas le Temple « la maison de Dieu », mais « la maison de mon Père », revendiquant une relation filiale unique que tout le quatrième évangile déploiera. Le geste est à la fois prophétique, dans la lignée d'Isaïe et de Jérémie dénonçant un culte dévoyé (Is 56, 7 ; Jr 7, 11), et messianique : il annonce la purification des derniers temps promise par Malachie, quand le Seigneur viendra soudain dans son sanctuaire (Ml 3, 1-3).
« Le zèle de ta maison me dévorera »
Voyant cela, les disciples se rappellent la parole du Psaume 69 : « Le zèle de ta maison me dévorera » (Ps 69, 10). Jean note avec soin que cette lumière leur est venue plus tard, à la lumière de Pâques : c'est une relecture christologique de l'Écriture, opérée après la résurrection. Le verbe, mis au futur, devient prophétie : ce zèle ardent pour la sainteté de Dieu conduira Jésus jusqu'à la mort. L'épisode, dès le seuil, projette ainsi son ombre sur la Croix, où le Fils sera « dévoré » par l'amour de la maison du Père.
« Détruisez ce sanctuaire… »
Les autorités réclament un signe justifiant pareille audace. Jésus répond par une énigme : non sur le hieron (l'enceinte entière), mais sur le naos, le sanctuaire intime. On comprend de travers. C'est le malentendu cher à Jean : « quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi… ! » L'évangéliste révèle la clé : « il parlait du sanctuaire de son corps ». Le vrai Temple, désormais, c'est le Christ lui-même : son corps détruit dans la Passion et relevé le troisième jour. En lui, le culte nouveau « en esprit et en vérité » remplace l'ancien lieu de la présence (cf. Jn 4, 21-24).
La foi pascale et le Christ qui scrute les cœurs
« Quand il ressuscita d'entre les morts, ses disciples se souvinrent… et ils crurent à l'Écriture et à la parole qu'il avait dite. » La vraie intelligence du signe est donc fille de Pâques. Beaucoup, à Jérusalem, « crurent en son nom à la vue des signes » ; mais Jésus « ne se fiait pas à eux, car il les connaissait tous » et « savait ce qu'il y a dans l'homme ». Jean distingue ainsi une foi superficielle, suspendue au merveilleux, de la foi véritable, transition discrète vers Nicodème, qui vient justement « à cause des signes ».
Le respect de la maison de Dieu
Le geste de Jésus invite à purifier nos églises, maisons de prière, de tout ce qui les détourne de leur fin : bavardages, négoces, distractions où Dieu n'a plus sa place. Mais le temple intérieur est visé tout autant : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? » (1 Co 3, 16 ; 6, 19). Retrouver le zèle de la maison du Père, c'est laisser le Christ renverser en nous les tables des faux commerces, pour que le cœur redevienne un lieu d'adoration offert à sa seule présence.
Le Christ, vrai Temple
Depuis Pâques, on ne rencontre plus Dieu d'abord dans des pierres, mais dans une personne : le Christ ressuscité est le sanctuaire où réside la plénitude de la divinité. Le culte nouveau consiste à s'unir à lui, à passer par sa mort et sa résurrection, notamment dans les sacrements et l'Eucharistie. Et puisque l'Église est son Corps, chaque baptisé devient membre de ce temple vivant : adorer « en esprit et en vérité », c'est demeurer en Celui qui est désormais le seul lieu de la rencontre avec le Père.
Croire au-delà des signes
Jésus se méfie d'une foi qui ne tient qu'au prodige. La tentation demeure : chercher le sensible, le merveilleux, l'extraordinaire, plutôt que la personne même du Sauveur. Les signes sont donnés pour conduire plus loin, vers une adhésion qui s'attache à sa parole et le suit jusque dans l'obscurité de la Croix. Mûrir dans la foi, c'est passer de l'émerveillement des débuts à un amour fidèle, capable de croire encore quand le signe se dérobe.
Se laisser connaître et aimer
« Il connaissait ce qu'il y a dans l'homme » : rien de nos profondeurs ne lui est caché, ni nos ferveurs fragiles, ni nos arrière-pensées. Cela pourrait inquiéter ; c'est en réalité une grâce. Plutôt que de feindre devant Celui qui voit tout, mieux vaut se tenir dans la vérité, lui livrer le cœur tel qu'il est, et se confier à son regard. Car Celui qui nous connaît si parfaitement est aussi Celui qui nous aime jusqu'à se livrer pour nous.
Cette semaine
- Dimanche 28 3e dimanche de Carême Jn 2, 13-25
- Lundi 1 Lundi de la 3e semaine de Carême Lc 4, 24-30
- Mardi 2 Mardi de la 3e semaine de Carême Mt 18, 21-35
- Mercredi 3 Mercredi de la 3e semaine de Carême Mt 5, 17-19
- Jeudi 4 Jeudi de la 3e semaine de Carême Lc 11, 14-23
- Vendredi 5 Vendredi de la 3e semaine de Carême Mc 12, 28b-34
- Samedi 6 Samedi de la 3e semaine de Carême Lc 18, 9-14
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