L'Évangile du jour

Jeudi 11 février 2027

Jeudi après les cendres

Bienheureuse Vierge Marie de Lourdes · Mémoire facultative

Mémoire Temps du Carême Année B Ornements violets

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 9, 22-25

« Celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera »

Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.

Convertissez-vous, dit le Seigneur,
car le royaume des Cieux est tout proche.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit
et elles sont vie.

22et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »23Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.24Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera.25Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ?

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 9 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Dt 30, 15-20« Vois ! Aujourd’hui je vous propose la bénédiction ou la malédiction »
  • Psaume 1, 1-2, 3, 4.6

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Comprendre ce passage

Pierre reconnaît Jésus comme Messie ; la première annonce de la PassionLuc 9, 18-22

Contexte historique et social

Jésus en prière à l'écart

Comme souvent aux tournants de l'évangile, c'est « comme il priait à l'écart » que surgit ce moment décisif. Luc, plus que les autres évangélistes, montre Jésus retiré dans la prière avant chaque choix majeur : avant le baptême (3, 21), avant l'appel des Douze (6, 12), avant la Transfiguration (9, 28). La confession de Pierre s'enracine ainsi dans un climat d'intimité avec le Père ; la révélation de l'identité du Christ n'est pas le fruit d'une enquête, mais d'un dévoilement reçu dans ce face-à-face orant.

L'attente messianique du Ier siècle

Au temps de Jésus, le messianisme juif était vif mais composite. Beaucoup espéraient un fils de David politique et guerrier, qui briserait le joug de Rome et restaurerait la royauté d'Israël ; d'autres attendaient un prophète, un prêtre, ou une figure céleste. Dans une Palestine occupée, lourde d'impôts et secouée d'agitations, le titre de Messie (en hébreu mashiah, « oint », en grec Christos) portait d'emblée une charge politique explosive. Ce malentendu explique pourquoi Jésus restera si réservé sur ce mot.

Les opinions des foules

À la question « qui suis-je, au dire des foules ? », les disciples rapportent les rumeurs déjà évoquées à la cour d'Hérode (9, 7-9) : Jean-Baptiste ressuscité, Élie revenu, ou l'un des prophètes d'autrefois relevé d'entre les morts. Toutes ces réponses rangent Jésus parmi les grands envoyés du passé : l'opinion pressent en lui une autorité prophétique, mais demeure en deçà de la vérité. Élie, dont Malachie (3, 23) annonçait le retour avant le Jour du Seigneur, traduit l'attente eschatologique qui montait dans le peuple.

Lecture biblique et exégétique

« Et pour vous, qui suis-je ? »

Le « vous » est fortement souligné : Jésus déplace la question des rumeurs vers l'engagement personnel des Douze. Pierre, déjà première figure du collège apostolique, répond au nom de tous : « le Christ (Messie) de Dieu ». La formule « de Dieu » est propre à Luc et précise l'origine : ce Messie n'est pas un libérateur surgi des aspirations humaines, mais l'Oint envoyé par Dieu. Cette confession constitue le sommet de la première partie de l'évangile et le seuil de la montée vers Jérusalem.

Le silence imposé

Aussitôt, Jésus « leur enjoignit sévèrement de ne le dire à personne ». Ce secret messianique, si net dans les Synoptiques, n'est pas dissimulation mais pédagogie : laissé sans correction, le mot « Messie » serait aussitôt entendu au sens d'un roi triomphant et nationaliste. Avant de proclamer, il faut purifier l'attente. La vraie identité de Jésus ne peut être annoncée qu'une fois associée à la croix ; jusque-là, la proclamer serait répandre une espérance faussée.

La première annonce de la Passion

Jésus redéfinit alors sa messianité : « il faut (dei) que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit tué et que, le troisième jour, il ressuscite. » Le verbe dei, « il faut », exprime non une fatalité mais le dessein salvifique du Père, déjà inscrit dans les Écritures. Le titre Fils de l'homme, emprunté à Daniel 7, unit gloire céleste et abaissement : le Messie sera d'abord le Serviteur souffrant d'Isaïe 53.

Souffrir, mourir, ressusciter

L'annonce noue indissolublement Passion et résurrection : la croix n'est pas un échec, mais le chemin voulu vers la vie. Le « troisième jour » fait écho à Osée 6, 2 et oriente déjà vers Pâques. Pierre vient de dire vrai sur le titre, mais ne soupçonne pas encore le contenu : sa confession demeure inachevée tant qu'elle ne reçoit pas le visage du Crucifié. Reconnaître le Christ et accueillir la croix sont ici une seule et même foi.

Pour la vie spirituelle et pratique

« Pour toi, qui suis-je ? »

La question est posée à chacun, personnellement, par-delà les opinions ambiantes. Y répondre ne se réduit pas à réciter une formule exacte du catéchisme : il s'agit de reconnaître et d'aimer le Christ d'un cœur engagé, comme Pierre au nom des Douze. Le christianisme n'est pas l'adhésion à une doctrine sur Jésus, mais une relation vivante avec une Personne qui interroge et attend une réponse de tout l'être.

Accueillir le Messie crucifié

La tentation demeure permanente de vouloir un Christ de succès et de puissance, sans le scandale de la croix, exactement le malentendu que Jésus s'emploie ici à dissiper. Or il s'est annoncé lui-même souffrant, rejeté et tué. Le suivre, c'est accepter ce visage-là, et non l'image plus flatteuse que nous préférerions nous donner. La foi authentique épouse le Christ réel, jusque dans son abaissement.

La foi naît et grandit dans la prière

C'est en priant que Jésus interroge ses disciples : la vraie connaissance de lui ne se gagne pas d'abord par les raisonnements, mais se reçoit dans le silence de l'oraison. Comme Pierre, demander à genoux la grâce de le connaître tel qu'il est. La confession de foi la plus juste reste froide si elle ne jaillit pas d'un cœur qui prie et se laisse instruire par l'Esprit.

Confesser le nom du Christ

Pierre prend la parole quand les autres se taisent : à sa suite, le disciple est appelé à confesser ouvertement sa foi, sans céder au conformisme des opinions vagues sur Jésus. Mais cette profession engage : nommer le Christ Messie, c'est accepter de marcher derrière lui sur le chemin qu'il trace, celui de la Passion et de la résurrection, et non sur celui que nous aurions choisi.

Cette semaine

  1. Dimanche 7 5e dimanche du Temps ordinaire Mc 1, 29-39
  2. Lundi 8 Lundi de la 5e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 53-56
  3. Mardi 9 Mardi de la 5e semaine du Temps ordinaire Mc 7, 1-13
  4. Mercredi 10 Mercredi des Cendres Mt 6, 1-6.16-18
  5. Jeudi 11 Jeudi après les cendres Lc 9, 22-25
  6. Vendredi 12 Vendredi après les cendres Mt 9, 14-15
  7. Samedi 13 Samedi après les cendres Lc 5, 27-32

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