L'Évangile du jour
Samedi 16 janvier 2027
Samedi de la 1re semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année impaire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs
Alléluia. Alléluia.
Le Seigneur m’a envoyé
porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
annoncer aux captifs leur libération.
Alléluia.
13Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait.14En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.15Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre.16Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! »17Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture He 4, 12-16Avançons-nous avec assurance vers le Trône de la grâce
- Psaume 18B (19), 8, 9, 10, 15
Comprendre ce passage
Cinq controverses en GaliléeMarc 2, 1 – 3, 6
Le débat religieux et les adversaires de Jésus
Le judaïsme du Ier siècle était une religion de la discussion : on débattait sans fin de l'interprétation de la Loi (la halakha), et la « controverse » était un genre reconnu. Les adversaires nommés ici sont les scribes (juristes experts de l'Écriture) et les pharisiens (un mouvement de laïcs pieux, attachés à l'observance scrupuleuse de la Loi et de la pureté). À la fin (3, 6), surgissent les hérodiens, partisans de la dynastie d'Hérode : que ces rivaux politiques s'allient aux pharisiens contre Jésus dit assez la gravité de la menace qu'il représente à leurs yeux.
Le pardon des péchés : une prérogative divine
Pour un Juif, Dieu seul remet les péchés. La maladie était d'ailleurs souvent reliée au péché. Quand Jésus déclare au paralysé « tes péchés sont remis », les scribes l'entendent aussitôt comme un blasphème : il s'arroge ce qui n'appartient qu'à Dieu. Tout l'enjeu de la scène est là.
La maison galiléenne et le toit ouvert
Les maisons de Capharnaüm avaient un toit plat en terre battue sur poutres et branchages, accessible par un escalier extérieur. On comprend alors le geste des porteurs : monter sur le toit, le défaire et descendre le brancard. Détail réaliste qui dit l'audace de la foi, prête à tout pour amener le malade jusqu'à Jésus.
Les collecteurs d'impôts et les « pécheurs »
Lévi est assis au bureau de la douane (la taxe sur les marchandises au bord du lac). Les collecteurs d'impôts (publicains) étaient méprisés : on les tenait pour des collaborateurs de l'occupant, malhonnêtes et impurs, exclus de la société des justes. Partager leur table — geste d'intimité et d'honneur dans cette culture — revenait à se compromettre avec eux. D'où le scandale.
Le jeûne, du devoir à la dévotion
La Loi n'imposait qu'un jeûne, celui du Yom Kippour. Mais les pieux y ajoutaient des jeûnes volontaires : les pharisiens jeûnaient deux fois la semaine, et les disciples de Jean menaient une vie austère. Que les disciples de Jésus ne jeûnent pas étonne : on les croirait moins fervents.
Le sabbat et ses interdits
Le sabbat (du vendredi soir au samedi soir) était le signe de l'Alliance : Dieu lui-même s'était reposé le septième jour. La tradition avait précisé trente-neuf catégories de travaux interdits, dont moissonner. Arracher des épis pouvait passer pour une forme de moisson ; et guérir un malade sans danger de mort relevait, pour les stricts, d'un acte à remettre au lendemain. C'est sur ce terrain — le sens véritable du sabbat — que se joue la dernière controverse.
Une montée du conflit en cinq scènes
Marc compose une suite ordonnée, en crescendo. Au centre, la question du jeûne et l'image de l'Époux ; aux deux extrémités, deux guérisons (le paralysé, la main desséchée) où l'on passe de l'accusation de blasphème (2, 7) au projet de meurtre (3, 6). L'opposition n'a cessé de durcir. Ironie tragique : c'est un jour de sabbat que les pharisiens, scandalisés qu'on « fasse le bien », décident de faire mourir Jésus.
« Le Fils de l'homme a autorité »
Deux fois dans cette section paraît le titre « Fils de l'homme » (2, 10 et 2, 28) — les premières de l'évangile. L'expression, venue de Daniel 7, désigne une figure mystérieuse à qui Dieu donne « domination, gloire et royauté ». Jésus revendique pour ce Fils de l'homme deux prérogatives divines : remettre les péchés (2, 10) et être maître du sabbat (2, 28). La guérison visible du paralysé devient la preuve du pardon invisible : « pour que vous sachiez… ».
« Je suis venu appeler les pécheurs »
À ceux qui s'indignent de le voir manger avec les publicains, Jésus répond par une image de bon sens : « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. » Et il dévoile le cœur de sa mission : « Je suis venu appeler non les justes, mais les pécheurs » (2, 17). L'appel de Lévi — quitter sur-le-champ son bureau — illustre cette grâce qui rejoint l'homme là où il est.
L'Époux et la nouveauté
Pourquoi ne pas jeûner ? « L'Époux est avec eux » (2, 19). Dans l'Ancien Testament, Dieu est l'Époux d'Israël ; Jésus s'applique discrètement ce titre : sa présence, c'est la noce, le temps de la joie. Mais aussitôt une ombre : « les jours viendront où l'Époux leur sera enlevé » — première allusion voilée à la Passion ; alors, ils jeûneront. Suivent deux paraboles jumelles : on ne coud pas une pièce d'étoffe neuve sur un vieux vêtement, on ne met pas le vin nouveau dans de vieilles outres (2, 21-22). La nouveauté de l'Évangile ne peut être enfermée dans les cadres anciens : elle les fait éclater.
« Le sabbat a été fait pour l'homme »
Pour défendre ses disciples qui arrachent des épis, Jésus rappelle l'exemple de David mangeant les pains de l'offrande (1 S 21) : la Loi cède devant la nécessité de l'homme. (Marc situe la scène « au temps du grand prêtre Abiathar », alors que le récit nomme son père Ahimélek ; les exégètes y voient une référence large à l'épisode davidique.) Puis le principe lumineux : « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat » (2, 27). Le repos est un don de Dieu pour la vie, non un joug qui l'écrase. Dans la dernière scène, Jésus pose la vraie question — « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien… de sauver une vie ? » — et, devant leur silence, « promène sur eux un regard de colère, navré de l'endurcissement de leur cœur » (3, 5). Il guérit ; ils complotent sa mort.
Parmi les synoptiques
Matthieu (9, 1-17 ; 12, 1-14) et Luc (5, 17 – 6, 11) reprennent ces controverses. Matthieu, à propos du repas avec les pécheurs, ajoute la citation d'Osée « c'est la miséricorde que je veux, non le sacrifice » (Os 6, 6). Marc, lui, garde le récit nerveux et les émotions de Jésus (sa colère, sa tristesse) — trait de son style vivant.
Le pardon, au cœur de la Bonne Nouvelle
La première parole de Jésus au paralysé ne porte pas sur ses jambes mais sur son péché : « tes péchés sont remis ». Le plus grand mal n'est pas la maladie, mais ce qui sépare de Dieu ; et le plus grand don, le pardon. L'Église reconnaît en cette autorité du Christ la source du sacrement de la réconciliation, où il continue de remettre les péchés (cf. CEC 1441-1442).
Une bonne nouvelle pour les pécheurs, non pour les parfaits
« Je suis venu appeler les pécheurs. » Le seul obstacle à la miséricorde est de se croire juste et de n'avoir besoin de rien. Reconnaître sa propre pauvreté, sa « maladie », c'est déjà s'ouvrir au Médecin. La table de Jésus reste ouverte à ceux que la société tient à distance.
Ne pas rapiécer, mais renouveler
Le vin nouveau, l'étoffe neuve : la grâce ne vient pas rafistoler notre vieil homme, elle veut le renouveler en profondeur. La conversion n'est pas un replâtrage de surface, mais une création nouvelle qui demande des « outres neuves » — un cœur disponible, prêt à être transformé.
Le jour du Seigneur, pour faire le bien
« Le sabbat est fait pour l'homme. » Le dimanche chrétien hérite de ce sens : un jour reçu comme un don, pour Dieu et pour l'homme — repos, prière, charité, attention aux autres. Faire le bien, sauver, relever : voilà ce qui honore vraiment le jour du Seigneur.
Le cœur endurci
Jésus est « navré de l'endurcissement de leur cœur ». Le risque religieux par excellence est de tenir si fort à ses règles et à ses certitudes qu'on en vient à se fermer à la vie, voire à la combattre. La prière demande sans cesse un cœur de chair (cf. Ez 36, 26), souple à la nouveauté de Dieu et attentif au bien du prochain.
Cette semaine
- Dimanche 10 Le Baptême du Seigneur Mc 1, 7-11
- Lundi 11 Lundi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 14-20
- Mardi 12 Mardi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 21-28
- Mercredi 13 Mercredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 29-39
- Jeudi 14 Jeudi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 1, 40-45
- Vendredi 15 Vendredi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 1-12
- Samedi 16 Samedi de la 1re semaine du Temps ordinaire Mc 2, 13-17
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Rome. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique