L'Évangile du jour

Samedi 9 janvier 2027

Samedi après l'Épiphanie

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 3, 22-30

« L’ami de l’époux est tout joyeux d’entendre la voix de l’époux »

Alléluia, Alléluia.
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.
Alléluia.

22Après cela, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.23Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.24En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.25Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification.26Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »27Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel.28Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui.29Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite.30Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 3 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 1 Jn 5, 14-21« Il nous écoute en toutes nos demandes »
  • Psaume 149, 1-2, 3-4, 5-6a.9b

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Comprendre ce passage

Jean-Baptiste s'efface devant JésusJean 3, 22-36

Contexte historique et social

Deux baptêmes au pays de Judée

Après l'entretien avec Nicodème, Jésus gagne la campagne de Judée, où il baptise ; au même moment, Jean opère « à Aïnôn, près de Salim, car il y avait là beaucoup d'eau ». L'évangéliste précisera que Jésus baptisait par ses disciples, non lui-même (Jn 4, 2). Cette coexistence de deux foyers baptismaux situe la scène aux tout débuts du ministère, avant l'arrestation du précurseur, sur les eaux vives du Jourdain où l'on attendait le Messie.

Une querelle « au sujet de la purification »

Une discussion s'élève entre les disciples de Jean et « un Juif » au sujet de la purification. Le judaïsme du Ier siècle multipliait les ablutions rituelles — bains de pureté, miqvé, lavages des mains et des vases — pour écarter l'impureté légale (cf. Mc 7, 3-4). Le baptême de Jean, lui, était un bain unique de repentir en vue du pardon. La controverse prépare la question décisive : lequel de ces gestes d'eau conduit vraiment à Dieu ?

La jalousie qui guette les disciples

Les disciples de Jean viennent à leur maître, presque dépités : « Celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, voici qu'il baptise, et tous vont à lui ». Le succès grandissant de Jésus réveille en eux un réflexe de rivalité. On reconnaît là un travers spirituel constant : confondre la cause de Dieu avec son propre prestige. La réponse du Baptiste renversera cette concurrence en logique de service.

L'ami de l'Époux

Jean se compare à l'ami de l'Époux, le shoshben des noces juives. Cet ami de confiance préparait le mariage, conduisait la fiancée et se réjouissait d'entendre la voix de l'époux. Or, dans toute la Bible, l'Époux d'Israël, c'est Dieu lui-même (Os 2, 21 ; Is 62, 5), titre que Jésus s'appliquera (Mt 9, 15). Le précurseur se sait donc à sa juste place : tout proche, mais jamais l'Époux.

Lecture biblique et exégétique

« Telle est ma joie, et elle est complète »

Loin de s'alarmer, Jean rappelle qu'« un homme ne peut rien recevoir, si cela ne lui a été donné du ciel » : son rôle est pure mission reçue. Il s'avoue tout entier l'ami, le témoin de la voix, dont la joie est désormais « complète ». Cette plénitude ne vient pas d'avoir gardé pour soi, mais d'avoir introduit à un autre : le bonheur de présenter l'épouse — le peuple croyant — à son véritable Époux.

« Il faut qu'il grandisse et que je diminue »

Cette parole est le sommet de l'humilité du précurseur et la loi de tout disciple : s'effacer pour que le Christ paraisse. Le « il faut » (dei, en grec) ne dit pas une résignation, mais la nécessité voulue par le dessein de Dieu, celle qui régit aussi la Passion (Lc 24, 26). Comme l'aurore pâlit quand se lève le soleil, le témoin décroît à mesure que grandit Celui qu'il annonce. L'humilité n'est pas mépris de soi, mais vérité sur sa place devant Dieu.

Celui qui vient d'en haut

Les versets 31-36, sans doute une méditation de l'évangéliste, élèvent le regard. « Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous » : Jésus n'est pas seulement plus grand, il est d'une autre origine, le Verbe venu du Père. Il témoigne de ce qu'il a vu, dit les paroles de Dieu et reçoit l'Esprit « sans mesure » — non la part limitée des prophètes. Car « le Père aime le Fils et a tout remis entre ses mains ».

« Qui croit au Fils a la vie éternelle »

La conclusion est tranchée, dans le style propre à Jean. Accueillir le témoignage du Fils, c'est « certifier que Dieu est véridique » ; le refuser, c'est faire de Dieu un menteur. Dès lors, « qui croit au Fils a la vie éternelle », dès maintenant, tandis que « qui refuse de croire ne verra pas la vie : la colère de Dieu demeure sur lui ». Cette colère n'est pas une humeur, mais le poids du refus de la lumière (cf. Jn 3, 19).

Pour la vie spirituelle et pratique

« Qu'il croisse, que je diminue »

Cette parole demeure la devise de tout disciple : laisser toute la place au Christ et se réjouir de s'effacer devant lui. Elle est le souverain antidote à la jalousie et à l'ambition, y compris l'ambition spirituelle qui veut briller au nom même de Dieu. Diminuer n'est pas se décourager, mais consentir à n'être qu'un serviteur transparent, heureux que le Maître grandisse. La vie chrétienne mûre tend vers cet équilibre où le « moi » cède au « Lui ».

La joie de l'ami de l'Époux

La joie la plus pure n'est pas de retenir les autres à soi, mais de les conduire au Christ et de s'en remettre à lui. C'est la joie du témoin, du parent, du pasteur, du catéchiste : avoir présenté quelqu'un à plus grand que soi, puis savoir s'écarter. Là où l'on cherche à capter les âmes pour soi, la joie se corrompt en possession ; là où l'on renvoie à l'Époux, elle devient complète, comme celle de Jean.

Accueillir Celui qui vient d'en haut

Le passage invite à recevoir le témoignage du Fils, à tenir ses paroles pour vraies, elles qui sont « Esprit et vie » (Jn 6, 63). Croire, au sens johannique, ce n'est pas adhérer du bout des lèvres, mais faire confiance à Celui qui vient du Père et possède l'Esprit sans mesure. Accueillir ainsi la Parole, c'est laisser entrer la lumière d'en haut et se laisser engendrer d'en haut, comme il était dit à Nicodème.

Croire pour avoir la vie

La foi au Fils n'est jamais neutre : elle donne la vie éternelle dès aujourd'hui, ou laisse dans l'ombre celui qui s'en détourne. Le texte refuse toute tiédeur et pose un choix décisif entre la lumière et la nuit, la vie et la « colère ». Choisir le Christ, c'est passer dès maintenant de la mort à la vie. La vie éternelle n'est pas seulement promise pour l'au-delà : elle commence dans l'acte de croire.

Cette semaine

  1. Dimanche 3 L'Épiphanie du Seigneur Mt 2, 1-12
  2. Lundi 4 Lundi après l'Epiphanie Mt 4, 12-17.23-25
  3. Mardi 5 Mardi après l'Epiphanie Mc 6, 34-44
  4. Mercredi 6 Mercredi après l'Épiphanie Mc 6, 45-52
  5. Jeudi 7 Jeudi après l'Épiphanie Lc 4, 14-22a
  6. Vendredi 8 Vendredi après l'Épiphanie Lc 5, 12-16
  7. Samedi 9 Samedi après l'Épiphanie Jn 3, 22-30

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