L'Évangile du jour

Mercredi 6 janvier 2027

Mercredi après l'Épiphanie

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Marc 6, 45-52

« Ils le virent marcher sur la mer »

Alléluia, Alléluia.
Louange à toi, Jésus Christ,
manifesté dans la chair,
proclamé parmi les nations,
reconnu dans le monde.
Alléluia.

45Aussitôt après, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule.46Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.47Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre.48Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser.49En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris.50Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! »51Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur,52car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 6 de saint Marc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 1 Jn 4, 11-18« Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous »
  • Psaume 71 (72), 1-2, 10-11, 12-13

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Comprendre ce passage

Jésus nourrit cinq mille hommes et marche sur la merMarc 6, 34-52

Contexte historique et social

« Comme des brebis sans berger »

L'expression est biblique : Moïse priait pour que le peuple ne soit pas « comme un troupeau sans berger » (Nb 27, 17), et Ézéchiel reprochait aux mauvais bergers d'Israël d'avoir laissé périr le troupeau, annonçant que Dieu lui-même viendrait le paître (Ez 34). En voyant la foule ainsi, Jésus se révèle comme le vrai Berger attendu.

Un repas au désert

La scène se passe dans un lieu désert, au soir. Le décor évoque irrésistiblement la manne au désert de l'Exode et le banquet messianique des derniers temps. Les « deux cents deniers » qu'évoquent les disciples représentent environ huit mois de salaire d'un ouvrier (un denier = une journée) : la dépense est hors de portée. L'« herbe verte » (détail de printemps) rappelle le Psaume du Berger : « sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer » (Ps 23).

La mer, la nuit et les veilles

La traversée nocturne ramène le motif du lac dangereux (cf. 4, 35-41). Marc situe l'apparition « vers la quatrième veille de la nuit » (entre 3 h et 6 h du matin, selon le découpage romain) : l'heure la plus sombre, où les rameurs s'épuisent contre le vent.

Lecture biblique et exégétique

Le berger qui enseigne et qui nourrit

Avant de donner le pain, Jésus donne sa parole : « il se mit à les enseigner longuement ». Le vrai Berger nourrit d'abord les âmes. Puis il associe ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » ; à partir de leur peu — cinq pains, deux poissons —, il opère le signe. Les gestes sont solennels et lourds de sens : il prit les pains, leva les yeux au ciel, prononça la bénédiction, les rompit et les donna à ses disciples. Ce sont, mot pour mot, les gestes de la Cène (14, 22) : la multiplication est une figure de l'Eucharistie. Les douze paniers de restes — autant que les tribus et les apôtres — disent la surabondance du don.

Un nouveau Moïse, plus grand qu'Élisée

Le signe s'inscrit dans la grande tradition : la manne de Moïse, mais aussi Élisée rassasiant cent hommes avec vingt pains (2 R 4, 42-44). Jésus fait davantage, et pour des milliers : il accomplit et dépasse les figures anciennes.

« C'est moi » : la marche sur les eaux

Aussitôt après, Jésus contraint les disciples à repartir en barque et gravit la montagne pour prier (Marc montre souvent Jésus priant seul aux moments-clés). Puis il vient vers eux en marchant sur la mer — geste que l'Écriture réserve à Dieu : « lui seul foule les hauteurs de la mer » (Jb 9, 8 ; cf. Ps 77, 20). Marc note qu'« il allait les dépasser » : langage des théophanies, où Dieu « passe » devant Moïse ou Élie. Effrayés, les disciples le prennent pour un fantôme ; il les rassure d'une parole qui dit tout : « C'est moi » (grec egō eimi), écho du Nom divin révélé à Moïse (« Je suis », Ex 3, 14). Le vent tombe.

L'incompréhension des disciples

Au lieu d'adorer, les disciples sont « bouleversés », « car ils n'avaient pas compris au sujet des pains : leur cœur était endurci » (v. 52). Trait récurrent de Marc : même les plus proches peinent à reconnaître qui est Jésus. Les deux signes — les pains, la mer — se répondent pour le dire ; il faudra du temps, et la croix, pour que les yeux s'ouvrent.

Parmi les évangiles

La multiplication des pains est le seul miracle rapporté par les quatre évangiles ; la marche sur les eaux figure aussi chez Matthieu (avec Pierre marchant vers Jésus, Mt 14, 28-31) et chez Jean (Jn 6), où elle précède le grand discours sur le Pain de vie.

Pour la vie spirituelle et pratique

Le Berger plein de compassion

Tout part de la compassion de Jésus pour une foule désorientée. Il voit, il a pitié, il enseigne, il nourrit. Se savoir l'objet de ce regard de berger console et oriente : nous ne sommes pas un troupeau abandonné.

« Donnez-leur vous-mêmes à manger »

Devant l'immensité des besoins, la tentation est de renvoyer la foule. Jésus demande l'inverse : apporter le peu que l'on a. Nos « cinq pains » — nos pauvres moyens, notre temps, notre charité — ne suffisent jamais par eux-mêmes ; mais remis entre ses mains, ils suffisent et débordent.

L'Eucharistie, pain surabondant

Les gestes de Jésus annoncent la Messe : prendre, bénir, rompre, donner. Contempler la multiplication, c'est se préparer à recevoir le vrai Pain qui rassasie en abondance. Les douze paniers disent qu'il y en a pour tous, et plus encore.

« C'est moi, n'ayez pas peur »

Aux heures sombres — la « quatrième veille », l'épuisement, le vent contraire —, le Christ vient, et sa parole demeure : « C'est moi, n'ayez pas peur. » La foi reconnaît sa présence là où l'on croyait être seul, et accueille en lui Celui qui porte le Nom même de Dieu.

Cette semaine

  1. Dimanche 3 L'Épiphanie du Seigneur Mt 2, 1-12
  2. Lundi 4 Lundi après l'Epiphanie Mt 4, 12-17.23-25
  3. Mardi 5 Mardi après l'Epiphanie Mc 6, 34-44
  4. Mercredi 6 Mercredi après l'Épiphanie Mc 6, 45-52
  5. Jeudi 7 Jeudi après l'Épiphanie Lc 4, 14-22a
  6. Vendredi 8 Vendredi après l'Épiphanie Lc 5, 12-16
  7. Samedi 9 Samedi après l'Épiphanie Jn 3, 22-30

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