L'Évangile du jour
Jeudi 31 décembre 2026
7e jour dans l'octave de Noël
S. Sylvestre Ier, pape · Mémoire facultative
Mémoire Temps de Noël Année B Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Le Verbe s'est fait chair
Alléluia, Alléluia.
Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
A tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.
Alléluia.
1AU COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.2Il était au commencement auprès de Dieu.3C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.4En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;5la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.6Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.7Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.8Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.9Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.10Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.11Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.12Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.13Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.14Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.15Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »16Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;17car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.18Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Jn 2, 18-21« C’est de celui qui est saint que vous tenez l’onction, et vous avez tous la connaissance »
- Psaume 95 (96), 1-2a, 11-12a, 12b-13ab
Comprendre ce passage
Le Prologue : le Verbe fait chairJean 1, 1-18
Un hymne placé en portique
Le Prologue (1, 1-18) se détache de tout l'évangile par son rythme ample : beaucoup y reconnaissent un hymne christologique, peut-être chanté dans les premières communautés, que Jean aurait repris et ponctué de versets sur le Baptiste. Il sert de portique à l'œuvre entière, livrant d'avance la clé que le récit déploiera : avant de voir Jésus agir, on sait qui il est. Sa structure concentrique monte jusqu'à l'Incarnation (v. 14), sommet vers lequel tout converge.
Le « Logos » et son arrière-plan juif
Le terme grec Logos — Verbe, Parole, Raison — a d'abord, pour qui connaît l'Écriture, une résonance biblique. Il évoque la Parole créatrice de la Genèse, où « Dieu dit » et les choses sont (Gn 1), et la Sagesse préexistante des livres sapientiaux, présente auprès de Dieu avant la création (Pr 8 ; Sg 7 ; Si 24). Pour Israël, cette Parole se condensait enfin dans la Torah.
L'horizon grec et le dépassement johannique
Le mot Logos parlait aussi au monde grec : depuis les stoïciens, il nommait le principe rationnel ordonnant l'univers, et Philon d'Alexandrie avait rapproché les deux traditions. Jean les dépasse : son Logos n'est ni une force ni un attribut, mais une personne vivante, distincte du Père et pourtant Dieu, qui « s'est fait chair ». La nouveauté éclate : l'absolu n'est pas une idée, mais quelqu'un que l'on peut voir et toucher.
« Au commencement était le Verbe »
Les premiers mots font écho à Gn 1, 1 : Jean récrit la Genèse à la lumière du Christ. Trois affirmations montent comme des marches. Le Verbe était déjà — imparfait qui dit l'éternité par-delà tout commencement. Il était auprès de Dieu (pros ton Theon), dans une relation distincte. Enfin « le Verbe était Dieu » : pleine divinité. Et « tout fut par lui » : rien n'échappe à sa médiation créatrice.
Vie, lumière et ténèbres
« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » Ces deux mots traverseront l'évangile et culmineront dans la parole de Jésus (« Je suis la lumière du monde », 8, 12). « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée » : le verbe grec (katelaben) signifie saisir et vaincre — l'ombre n'a pu ni comprendre ni étouffer la clarté. Ce dualisme annonce le combat et sa victoire pascale.
Le témoin, et la venue chez les siens
Un homme paraît, Jean le Baptiste, « envoyé par Dieu » pour témoigner de la lumière. L'évangéliste précise qu'« il n'était pas la lumière » : le plus grand des prophètes n'est qu'une lampe qui désigne le jour. Puis vient le drame : la « vraie lumière » entre dans le monde, « il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu » : tout le mystère du refus et de l'accueil est posé.
Devenir enfants de Dieu, et le Verbe fait chair
« À tous ceux qui l'ont reçu, il a donné de devenir enfants de Dieu », nés « non du sang… mais de Dieu » : la nouvelle naissance d'en-haut (ch. 3). Puis le sommet (v. 14) : sarx egeneto, « le Verbe s'est fait chair » — vraie humanité, contre tout docétisme. « Il a habité (eskēnōsen, "planté sa tente") parmi nous » : la Shekinah (Ex 40), dont « nous avons vu la gloire », « pleine de grâce et de vérité » (Ex 34, 6).
Contempler le Verbe éternel
Le Prologue invite d'abord à l'adoration. Avant toute morale, il faut se tenir devant le mystère du Christ préexistant et divin, par qui tout fut fait et qui s'est pourtant abaissé jusqu'à notre chair. La tradition a nommé Jean l'« évangile de l'aigle », car il fixe le soleil divin sans ciller : son Prologue appelle à la contemplation, laissant ces phrases élever le cœur vers celui qui « était au commencement ».
Accueillir la lumière et marcher en elle
« Les siens ne l'ont pas reçu » : la question demeure pour chacun. Recevoir le Christ, « la vraie lumière », n'est pas un acte d'une fois, mais une attitude de toute la vie, qui lui ouvre sans cesse l'intelligence et la volonté. Marcher dans la lumière, c'est laisser sa clarté juger nos ténèbres sans les fuir, plutôt que de rester parmi « ses gens » qui le méconnaissent.
La dignité d'enfant de Dieu
Le Prologue confère au chrétien sa plus haute noblesse : par la foi et le baptême, il devient capable d'être enfant de Dieu, « né de Dieu » et non de la chair. Cette filiation n'est pas une image, mais une réalité de grâce qui nous fait participer à la vie du Fils unique. D'où une exigence : vivre en fils, avec la confiance que cela suppose, et traiter les autres en frères appelés à la même dignité.
Dieu s'est fait proche
« Il a planté sa tente parmi nous » : voilà la consolation centrale du christianisme. Dieu n'est plus le lointain inaccessible, mais celui qui partage notre condition, nos fatigues et nos larmes. On le cherchera donc non dans l'abstraction, mais dans l'humanité concrète de Jésus, et surtout dans l'Eucharistie, sa tente au milieu de son peuple. Contempler la chair du Verbe, c'est déjà voir le Père qu'« il nous a révélé ».
Cette semaine
- Dimanche 27 La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph Lc 2, 22-40
- Lundi 28 Les Saints Innocents, martyrs Mt 2, 13-18
- Mardi 29 5e jour dans l'octave de Noël Lc 2, 22-35
- Mercredi 30 6e jour dans l'octave de Noël Lc 2, 36-40
- Jeudi 31 7e jour dans l'octave de Noël Jn 1, 1-18
- Vendredi 1 Sainte Marie, Mre de Dieu Lc 2, 16-21
- Samedi 2 2 janvier Jn 1, 19-28
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