L'Évangile du jour
Mercredi 16 décembre 2026
Mercredi de la 3e semaine de l'Avent
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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu »
Alléluia, Alléluia.
Élève la voix, toi qui portes la Bonne Nouvelle !
Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance.
Alléluia.
18Les disciples de Jean le Baptiste annoncèrent tout cela à leur maître. Alors Jean appela deux d’entre eux19et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »20Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »21À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir.22Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.23Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Is 45, 6b-8.18.21b-25« Cieux, distillez d’en haut votre rosée »
- Psaume Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14
Comprendre ce passage
La question de Jean le BaptisteLuc 7, 18-23
Jean dans la forteresse d'Hérode
Emprisonné par Hérode Antipas (3, 20), Jean apprend « toutes ces choses » par ses disciples, qui le visitent encore dans sa geôle. Selon Flavius Josèphe, c'est à Machéronte, citadelle dominant la mer Morte, que le Baptiste fut détenu pour avoir dénoncé l'union du tétrarque avec Hérodiade. Du fond de cette captivité, coupé du peuple qu'il avait préparé au Jourdain, le précurseur ne reste pas inactif : il dépêche deux disciples vers Jésus, comme l'exigeait la Loi pour la validité d'un témoignage (Dt 19, 15).
« Celui qui doit venir »
L'expression ho erchomenos, « celui qui vient », était une désignation reçue du Messie attendu, nourrie par des textes comme le Psaume 118, 26 (« Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ») ou l'annonce de Malachie 3, 1. Jean lui-même avait proclamé qu'« il vient, celui qui est plus puissant que moi » (3, 16). La question est donc directe et grave : Jésus est-il vraiment ce Venant, ou faut-il en espérer un autre ? Tout l'horizon de l'espérance d'Israël tient dans cette interrogation.
L'attente d'un Messie de jugement
Le trouble du Baptiste s'éclaire par sa propre prédication. Au désert, Jean avait annoncé un Messie de feu et de tri : « la cognée est à la racine des arbres », il tient « le van » et brûlera la paille « au feu qui ne s'éteint pas » (3, 9.17). Or Jésus n'abat pas, ne juge pas, ne renverse pas Hérode : il guérit, pardonne et fréquente les pécheurs. L'écart entre l'attente et les faits creuse une question légitime, que beaucoup en Israël partageaient en rêvant d'un libérateur glorieux.
La réponse par les œuvres
À l'heure même où arrivent les envoyés, « Jésus guérit beaucoup de gens » de leurs maladies et chasse les esprits mauvais. Sa réponse n'est pas un discours ni une revendication, mais une invitation à regarder : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu ». Le Christ ne se proclame pas Messie par des titres ; il laisse ses actes parler. La foi est ainsi renvoyée à des signes concrets, vérifiables, accomplis sous les yeux des témoins, et non à une simple affirmation de soi.
Le tissu prophétique d'Isaïe
L'énumération de Jésus est entièrement tissée d'Isaïe : « les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » (cf. Is 35, 5-6 ; 61, 1). Ce dernier trait, repris du programme que Jésus s'était appliqué à Nazareth (4, 18), est le sommet : l'évangélisation des pauvres couronne les guérisons. Ce sont là les signes messianiques attendus pour les temps du salut. La réponse est donc un « oui », mais énoncé dans le langage même de la prophétie.
Un Messie de miséricorde avant le jugement
Fait notable, Jésus omet des textes d'Isaïe la mention du « jour de vengeance » (Is 61, 2), qu'il avait déjà laissée de côté à Nazareth. Le tri et le feu annoncés par Jean ne sont pas niés, mais différés : l'heure présente est celle de la grâce offerte, non du châtiment. Le Messie vient d'abord relever, guérir et sauver ; le jugement viendra en son temps. Jean est invité à reconnaître, sous une figure plus douce que prévu, l'accomplissement véritable des promesses.
« Heureux qui ne trébuche pas »
Jésus scelle sa réponse d'une béatitude délicate : « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute » — littéralement de scandale (skandalon, la pierre qui fait trébucher). La parole vise Jean, mais aussi tous ceux dont les attentes se trouvent déroutées par la manière de Dieu. Bienheureux qui accueille le Christ tel qu'il se donne, et non tel qu'on l'avait rêvé : la foi mûre consent à un Dieu qui dépasse et corrige nos représentations.
Quand la foi traverse le doute
Même Jean, que Jésus dira bientôt le plus grand des enfants des femmes (7, 28), connaît la question et l'attente. Le doute, porté honnêtement à Jésus plutôt que ruminé dans l'ombre, n'est pas un péché : il est souvent un passage obligé de la foi. Les saints eux-mêmes ont traversé leurs nuits intérieures. À l'exemple du Baptiste, on peut tout demander au Seigneur, jusqu'à l'interroger sur son identité, pourvu qu'on le fasse en se tournant vers lui.
Reconnaître le Messie à ses œuvres
Le signe donné à Jean, ce sont les œuvres de miséricorde : vie rendue, corps relevés, pauvres évangélisés. L'Église, qui continue ces gestes par ses sacrements, sa charité et son annonce, manifeste encore aujourd'hui que « celui qui vient » est à l'œuvre dans le monde. Là où des captifs sont libérés et des pauvres rejoints par la Bonne Nouvelle, la réponse de Jésus retentit pour notre temps : oui, c'est bien lui.
Ne pas se scandaliser de Dieu
Dieu agit souvent autrement que nous l'attendions : plus doux, plus lent, plus humble et plus caché. La tentation du scandale guette quand le Seigneur ne répond pas à nos calculs, ne renverse pas les puissants que nous voudrions abattre, ne hâte pas la justice que nous réclamons. Accueillir sa manière de sauver, sans nous heurter à sa discrétion ni à sa patience, est une grâce de maturité spirituelle.
Croire sans tout comprendre
La béatitude finale ouvre un chemin pour toute vie de foi : être heureux non parce que tout s'explique, mais parce qu'on s'en remet à Celui qui sait. Le mystère de Dieu déborde nos attentes ; y consentir libère du besoin de maîtriser. À l'image de Jean qui laisse Jésus répondre à sa façon, le disciple apprend à faire confiance dans la part d'ombre, certain que l'œuvre de salut suit son cours, même quand il ne la voit pas.
Cette semaine
- Dimanche 13 3e dimanche de l'Avent, de Gaudete Jn 1, 6-8.19-28
- Lundi 14 Lundi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 23-27
- Mardi 15 Mardi de la 3e semaine de l'Avent Mt 21, 28-32
- Mercredi 16 Mercredi de la 3e semaine de l'Avent Lc 7, 18b-23
- Jeudi 17 17 décembre Mt 1, 1-17
- Vendredi 18 18 décembre Mt 1, 18-24
- Samedi 19 19 décembre Lc 1, 5-25
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