L'Évangile du jour

Lundi 7 décembre 2026

Lundi de la 2e semaine de l'Avent

S. Ambroise, évêque, docteur de l'Église · Mémoire

Mémoire Temps de l'Avent Année B Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 5, 17-26

« Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Alléluia, Alléluia.
Il va venir, le Roi, le Maître de la terre ;
il ôtera nos liens, il nous délivrera.
Alléluia.

17Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons.18Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus.19Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.20Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »21Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »22Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ?23Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ?24Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »25À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.26Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 5 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Is 35, 1-10« Dieu vient lui-même et va vous sauver »
  • Psaume Ps 84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14

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Comprendre ce passage

La guérison d'un paralyséLuc 5, 17-26

Contexte historique et social

Les pharisiens en observation

Pour la première fois, Luc signale la présence de pharisiens et docteurs de la Loi venus « de tous les villages de Galilée, de Judée et de Jérusalem ». Ce rassemblement d'autorités religieuses, parties de la capitale jusqu'en Galilée, marque le début d'une surveillance organisée : on vient jauger ce maître dont la renommée court. Luc note aussitôt que « la puissance du Seigneur lui faisait opérer des guérisons ». L'épisode ouvre ainsi le cycle des cinq controverses galiléennes (5, 17 – 6, 11), où s'esquisse peu à peu l'opposition qui conduira à la Croix.

Le toit et la descente du brancard

Les maisons palestiniennes possédaient un toit en terrasse, accessible par un escalier extérieur et fait de poutres recouvertes de branchages et de terre battue. Ne pouvant fendre la foule pressée à la porte, les porteurs montent sur la terrasse, dégagent une ouverture et descendent le grabat « au milieu, devant Jésus ». Le terme grec klinidion désigne le pauvre brancard du malade, une simple natte portée à bras. Ce geste hardi, presque effractif, dit l'audace d'une foi que nul obstacle ne décourage : il faut absolument parvenir jusqu'au Christ.

Maladie et péché dans la mentalité juive

Dans l'arrière-plan vétérotestamentaire, la maladie était souvent reliée au péché, selon une théologie de la rétribution très répandue (cf. Jb ; Ps 38). Beaucoup voyaient dans l'infirmité le signe d'une faute personnelle ou familiale. Cette association explique pourquoi la parole de Jésus sur le pardon ne surprend pas d'abord l'assistance : on attendait peut-être qu'il dénonce la cause cachée du mal. Mais le Christ va déplacer le regard, en traitant le péché non comme une explication de la paralysie, mais comme le mal le plus radical dont l'homme doit être délivré.

Lecture biblique et exégétique

« Voyant LEUR foi »

Jésus est touché par la foi des porteurs autant que par celle du malade : le texte dit « leur » foi, au pluriel. Une foi collective, agissante, qui se traduit en effort et en risque. La foi des uns porte les autres jusqu'au Christ : on reconnaît ici une première figure de l'intercession et de la solidarité croyante, où la communauté supplée la faiblesse de chacun. Le paralysé, incapable de venir seul, est littéralement porté par d'autres ; image de l'Église qui soutient ses membres et les conduit, ensemble, vers la source du salut.

« Tes péchés te sont pardonnés »

Jésus s'adresse d'abord à la paralysie la plus profonde : le péché. Cette priorité étonne, car l'homme était venu chercher la guérison de son corps. En remettant les fautes, le Christ révèle que le mal véritable n'est pas l'infirmité mais la rupture avec Dieu. Les scribes objectent aussitôt en leur cœur : « Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Ils ont raison sur le principe — le pardon des péchés est une prérogative divine (Is 43, 25) — et c'est précisément ce que Jésus revendique en agissant comme Dieu lui-même.

« Qu'est-il plus facile de dire ? »

Devant leurs raisonnements, Jésus pose une question redoutable : « Qu'est-il plus facile de dire ? Tes péchés te sont pardonnés, ou : lève-toi et marche ? » Dire le pardon ne coûte rien d'apparent, puisque nul ne peut le vérifier ; commander à un paralysé de marcher expose à un démenti immédiat. Le Christ choisit donc de faire le geste visible pour attester le don invisible : « pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a le pouvoir de remettre les péchés ». Ce titre, emprunté à Daniel (Dn 7, 13-14), désigne le juge eschatologique investi de l'autorité de Dieu.

« Lève-toi et marche »

À l'instant même, l'homme se lève, charge son brancard et rentre chez lui en glorifiant Dieu. Le verbe « se lever » (egeirō) annonce déjà le vocabulaire de la résurrection : le pécheur pardonné est rendu debout, comme ressuscité. La foule, saisie d'une crainte sacrée, s'écrie : « Nous avons vu des choses étonnantes (paradoxa) aujourd'hui ! » L'« aujourd'hui » du salut, si cher à Luc (cf. 2, 11 ; 4, 21 ; 19, 9), retentit encore : le pardon et la guérison ne sont pas différés, mais offerts dans l'instant présent de la rencontre avec le Christ.

Pour la vie spirituelle et pratique

Porter les autres à Jésus

Les porteurs révèlent la force de l'intercession : amener à Jésus ceux qui ne peuvent venir seuls, par la prière, l'amitié patiente, l'accompagnement fraternel. Leur foi déterminée n'a reculé devant aucun obstacle, pas même le toit à percer. Souvent, c'est la foi d'autrui qui nous porte aux jours où la nôtre vacille : parents, amis, communauté nous soutiennent jusqu'au Seigneur. À notre tour, nous sommes appelés à devenir ces brancardiers de la grâce, conduisant vers le Christ ceux que la vie a blessés ou couchés à terre.

La vraie paralysie : le péché

Jésus soigne d'abord le mal le plus grave, en remettant les péchés avant de relever le corps. Il nous apprend ainsi à reconnaître que la paralysie la plus profonde n'est pas physique mais spirituelle : le péché qui fige, enferme et empêche d'avancer vers Dieu. Le pardon précède et fonde toute guérison véritable ; il rend la liberté de se lever et de marcher de nouveau. Tel est le don de la réconciliation, que l'Église dispense au sacrement de la pénitence, où le Christ continue de relever ses paralysés.

Jésus, le Dieu qui pardonne

« Qui peut pardonner, sinon Dieu seul ? » La question des scribes devient, à leur insu, une profession de foi. La scène est en effet une révélation discrète de la divinité du Christ : en remettant les péchés de sa propre autorité, il pose un acte qui n'appartient qu'à Dieu. Nous pouvons donc nous approcher de lui avec une confiance sans limite dans sa miséricorde, certains qu'aucune faute n'est trop lourde pour son pardon. Reconnaître en Jésus le Sauveur qui pardonne, c'est déjà entrer dans la vraie guérison.

Se lever et glorifier Dieu

Le pardon remet l'homme debout et lui rend la joie : c'est tout le mouvement de la vie chrétienne, du péché qui couche à la grâce qui relève. Le paralysé s'en va « en glorifiant Dieu », et la foule rend gloire à son tour. Ainsi la vie du pécheur pardonné devient louange et témoignage : la miséricorde reçue ne reste pas secrète, elle déborde en action de grâce. Chaque réconciliation est une petite résurrection qui appelle, comme ici, l'émerveillement et la gloire rendue au Dieu qui sauve.

Cette semaine

  1. Dimanche 6 2e dimanche de l'Avent Mc 1, 1-8
  2. Lundi 7 Lundi de la 2e semaine de l'Avent Lc 5, 17-26
  3. Mardi 8 Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie Lc 1, 26-38
  4. Mercredi 9 Mercredi de la 2e semaine de l'Avent Mt 11, 28-30
  5. Jeudi 10 Jeudi de la 2e semaine de l'Avent Mt 11, 11-15
  6. Vendredi 11 Vendredi de la 2e semaine de l'Avent Mt 11, 16-19
  7. Samedi 12 Samedi de la 2e semaine de l'Avent Mt 17, 10-13

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