L'Évangile du jour

Lundi 23 novembre 2026

Lundi de la 34e semaine du Temps Ordinaire

S. Clément Ier, pape et martyr. Mémoire facultative · S. Colomban, abbé. Mémoire facultative

Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts Semaine II du Psautier

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 21, 1-4

« Jésus vit une veuve misérable mettre deux petites pièces de monnaie »

Alléluia. Alléluia.
Veillez, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y pensez pas
que le Fils de l’homme viendra.
Alléluia.

1Levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.2Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie.3Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres.4Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 21 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ap 14, 1-3.4b-5« Ils portent, inscrits sur leur front, le nom du Christ et celui de son Père »
  • Psaume Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6

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Comprendre ce passage

L'offrande de la veuveLuc 21, 1-4

Contexte historique et social

Le Trésor du Temple

La scène se déroule dans la cour des femmes, l'enceinte la plus accessible du Temple d'Hérode, où treize troncs de métal en forme de trompette (shopharot) recevaient les offrandes des fidèles. Leur évasement permettait de voir tomber les pièces et d'en entendre le tintement, si bien que l'importance d'un don ne passait pas inaperçue. Les riches y déposaient des sommes considérables, parfois ostensiblement. Jésus, assis « en face du Trésor » (cf. Mc 12, 41), observe ce va-et-vient comme le lieu où se révèle, sous l'apparence de la piété, le cœur véritable de chacun.

La veuve, figure du pauvre sans soutien

Dans l'Israël ancien, la veuve privée d'époux et souvent de fils incarne le pauvre sans défense, exposé à l'injustice et confié à la protection particulière de Dieu (Ex 22, 21 ; Dt 24, 17). Luc place d'ailleurs cette scène juste après la dénonciation des scribes qui « dévorent les maisons des veuves » (Lc 20, 47) : le contraste est voulu. Loin d'être une victime résignée, cette femme se présente comme le modèle inattendu de la vraie religion, à l'opposé de ceux qui exploitent les plus faibles tout en multipliant les longues prières.

Deux leptes, presque rien

Les deux piécettes de la veuve sont des leptes (lepta), la plus petite monnaie de bronze en circulation en Palestine ; Marc précise qu'elles font « un quadrant » (Mc 12, 42), une fraction infime du denier, salaire d'une journée de travail. Matériellement, son offrande est dérisoire et se perd dans la masse des dons opulents. Mais en donnant deux pièces, alors qu'elle aurait pu en garder une, elle se dépouille de tout : ce détail, souvent relevé par la tradition, souligne qu'elle ne retient rien pour elle, pas même le minimum vital.

Lecture biblique et exégétique

Le regard de Jésus

Jésus « lève les yeux » et voit ce que la foule ne remarque pas. Son regard ne s'arrête pas au montant affiché, mais perce jusqu'au sacrifice intérieur et à la disposition du cœur. Là où les hommes admirent l'abondance visible des riches, lui discerne la pauvreté cachée et la générosité secrète de la veuve. Ce renversement du regard est typique de Luc, attentif aux petits et aux oubliés : Dieu juge selon la vérité de l'amour, non selon l'éclat des apparences ni le poids des chiffres.

« Plus que tous les autres »

La sentence de Jésus est solennelle et paradoxale : cette femme « a mis plus que tous ». La mesure de Dieu inverse celle des hommes. Ce qui compte n'est pas la somme déposée, mais ce qu'il reste au donateur après le don. Les riches ont donné « de leur superflu », sans se priver ; elle a pris « sur son indigence ». Aux yeux du Christ, la valeur d'une offrande se mesure non à sa grandeur absolue, mais au renoncement qu'elle suppose et à l'amour qui l'inspire.

« Tout ce qu'elle avait pour vivre »

Le grec dit holon ton bion, littéralement « toute sa vie, tout son avoir », sa subsistance entière. La veuve ne donne pas seulement de l'argent : elle remet son avenir entre les mains de Dieu, sans garantie pour le lendemain. C'est un don total, expression d'une confiance absolue en la Providence. Les Pères y ont vu une anticipation du don du Christ se livrant tout entier sur la Croix : la veuve offre déjà, à sa mesure, ce que le Sauveur accomplira pour tous.

Au seuil du discours sur le Temple

Le récit charnière se situe juste après le jugement des scribes orgueilleux et juste avant l'annonce de la ruine du Temple (Lc 21, 5-6). Le contraste est saisissant : la veuve, qui donne tout, s'oppose à l'institution somptueuse parée de belles pierres et d'ex-voto, mais vouée à la destruction. Le geste humble d'une pauvre femme vaut davantage, devant Dieu, que la magnificence d'un sanctuaire devenu stérile. La vraie richesse est ailleurs, dans le cœur qui se donne, non dans les murs qui passeront.

Pour la vie spirituelle et pratique

Donner de sa substance, non de son superflu

La véritable générosité ne se mesure pas au montant offert, mais au sacrifice consenti : Dieu regarde le cœur bien plus que la main. La question posée à chacun est limpide : est-ce que je donne seulement mon superflu, ce dont je n'ai pas besoin, ou un peu de moi-même, au prix d'un vrai renoncement ? Un don qui ne coûte rien reste extérieur ; celui qui entame notre confort nous engage personnellement et rejoint la logique même de l'offrande de la veuve.

La confiance du pauvre

En remettant « toute sa vie » dans le tronc, la veuve fait un acte d'abandon à Dieu pour son lendemain. Elle ne calcule pas, ne se réserve aucune sécurité, mais s'en remet à la Providence du Père qui nourrit les oiseaux du ciel (Lc 12, 24). Sa pauvreté devient liberté. Voilà l'appel adressé à tout disciple : ne pas thésauriser par peur du manque, ne pas faire de l'argent un rempart, mais oser la confiance filiale qui délie le cœur de l'angoisse du lendemain.

Le regard de Dieu sur le caché

Tandis que les hommes s'attachent au visible et à l'éclatant, Dieu voit ce qu'ils ignorent : les gestes humbles et cachés des « petits » que nul ne remarque. La veuve n'a cherché aucun témoin, n'a reçu aucun éloge des passants ; pourtant son offrande est inscrite à jamais dans l'Évangile. Cela console et oriente : nos actes les plus secrets, les sacrifices discrets de chaque jour, ne sont jamais perdus, car le Père « qui voit dans le secret » (Mt 6, 4) les connaît et les récompense.

Tout donner à la suite du Christ

La veuve annonce prophétiquement le don total du Christ, qui ne retient rien et se livre tout entier par amour. À sa suite, le chrétien est invité à s'offrir sans rien retenir : non par demi-mesures, mais dans une remise de soi qui touche le temps, les biens et le cœur. La sainteté n'est pas affaire de grandeur ou de moyens, mais de plénitude du don. Comme cette pauvre femme, donner « tout ce que l'on a pour vivre », c'est déjà ressembler à Celui qui s'est livré jusqu'au bout.

Cette semaine

  1. Dimanche 22 Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l'Univers Mt 25, 31-46
  2. Lundi 23 Lundi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 1-4
  3. Mardi 24 Mardi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 5-11
  4. Mercredi 25 Mercredi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 12-19
  5. Jeudi 26 Jeudi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 20-28
  6. Vendredi 27 Vendredi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 29-33
  7. Samedi 28 Samedi de la 34e semaine du Temps Ordinaire Lc 21, 34-36

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