L'Évangile du jour

Samedi 21 novembre 2026

Samedi de la 33e semaine du Temps Ordinaire

Présentation de la Vierge Marie · Mémoire

Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 20, 27-40

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants »

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia.

27Quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus28et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.29Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;30de même le deuxième,31puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.32Finalement la femme mourut aussi.33Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »34Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.35Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,36car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.37Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.38Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »39Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. »40Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 20 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ap 11, 4-12« Ces deux prophètes avaient causé bien du tourment aux habitants de la terre »
  • Psaume Ps 143 (144), 1, 2, 9-10

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Comprendre ce passage

La résurrection des mortsLuc 20, 27-40

Contexte historique et social

Qui sont les sadducéens

Issus de l'aristocratie sacerdotale liée au Temple de Jérusalem, les sadducéens forment au Ier siècle un groupe influent mais minoritaire, proche du pouvoir et soucieux de l'ordre établi. Ils ne reconnaissaient comme pleinement normatif que le Pentateuque, écartant les développements de la tradition orale chers aux pharisiens. De là leur refus de la résurrection, des anges et de toute survie de l'âme (cf. Ac 23, 8), doctrines qu'ils jugeaient absentes des cinq livres de Moïse. Leur question relève moins de la recherche que de la dispute d'école.

La loi du lévirat

Le cas s'appuie sur une institution réelle d'Israël, le lévirat (de levir, le beau-frère). Selon Dt 25, 5-6, lorsqu'un homme mourait sans enfant, son frère devait épouser la veuve pour « susciter une descendance » au défunt : le premier fils relèverait le nom du mort. Cette loi protégeait la veuve et assurait la continuité du nom, profondément liée à l'espérance vétérotestamentaire d'une survie par la postérité, là où la foi en l'au-delà restait encore peu explicite.

Un cas monté de toutes pièces

L'exemple des sept frères mariés successivement à une même femme est manifestement artificiel, construit pour pousser la doctrine adverse jusqu'à l'absurde. Le chiffre sept, symbole de plénitude, accentue le caractère caricatural de la mise en scène ; on songe au livre de Tobie, où Sara perd sept époux (Tb 3, 7-15). Les sadducéens ne cherchent pas la vérité mais une contradiction : qu'une vie ressuscitée engendrerait, selon eux, des situations inextricables, donc impossibles.

Lecture biblique et exégétique

Le piège des sept maris

La question — « à la résurrection, duquel des sept sera-t-elle la femme ? » — repose sur un présupposé non dit : l'au-delà ne serait qu'un prolongement matériel de la vie présente, avec ses liens charnels et ses rivalités. C'est l'erreur que Jésus va dénoncer. En enfermant la résurrection dans les catégories de ce monde, les sadducéens en font une absurdité ; mais le défaut est dans leur représentation, non dans la promesse de Dieu. Ils ignorent, dira Jésus ailleurs, « ni les Écritures ni la puissance de Dieu » (cf. Mt 22, 29).

Deux mondes, deux conditions

Jésus répond en distinguant deux âges (grec aiōn). Dans « ce monde-ci », on prend femme et mari, car les hommes meurent et la vie doit se transmettre ; le mariage et la génération appartiennent à l'ordre du temps présent. Mais ceux que Dieu juge dignes du monde à venir « ne meurent plus » : la mort étant vaincue, la transmission charnelle perd sa raison d'être. La vie ressuscitée n'est donc pas l'abolition de l'amour humain, mais sa transfiguration dans une plénitude que le mariage terrestre annonçait sans l'épuiser.

Semblables aux anges, fils de la résurrection

Les ressuscités sont dits « semblables aux anges » (le grec isangeloi, propre à Luc) : non qu'ils deviennent de purs esprits, mais qu'ils partagent l'incorruptibilité des êtres célestes, libérés de la mort. Ils sont aussi « fils de Dieu, étant fils de la résurrection » : leur filiation divine, déjà reçue au baptême, éclate alors dans la gloire. Saint Paul dira de même que le corps « est semé corruptible » et « ressuscite incorruptible » (1 Co 15, 42), promesse d'une continuité réelle de la personne, transformée et non détruite.

La preuve par Moïse : le buisson ardent

Habilement, Jésus argumente depuis le Pentateuque, seule autorité reconnue par ses adversaires. En Ex 3, 6, au buisson ardent, Dieu se révèle « le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob » — non pas qui fut leur Dieu, mais qui l'est encore. Or « il n'est pas le Dieu des morts mais des vivants » : les patriarches, depuis longtemps disparus, vivent donc devant lui. L'Alliance scellée avec eux ne saurait être brisée par la tombe ; la fidélité de Dieu garantit leur vie au-delà de la mort.

Pour la vie spirituelle et pratique

L'espérance de la résurrection

« Je crois à la résurrection de la chair » : cet article du Credo est au cœur de la foi chrétienne, fondé sur la résurrection du Christ, prémices de la nôtre. La mort n'a pas le dernier mot, et le tombeau n'est pas une fin mais un passage. Cette espérance n'est pas une fuite : elle appelle à vivre dès maintenant en fils de la résurrection, laissant cette certitude transfigurer nos épreuves, nos deuils et notre rapport même au temps qui passe.

Le ciel n'est pas un décalque de la terre

Jésus nous prévient contre la tentation d'enfermer l'au-delà dans nos catégories présentes. La vie éternelle n'est pas la simple reconduction de nos liens et de nos joies terrestres, mais leur transfiguration dans une communion « semblable aux anges ». « Ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu… voilà ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment » (1 Co 2, 9). Garder ce respect du mystère préserve notre espérance des images trop courtes et des déceptions qu'elles engendrent.

Le Dieu des vivants et la communion des saints

Si Dieu est le Dieu des vivants, alors nos défunts ne sont pas perdus : ils « vivent pour lui ». Cette parole fonde la communion des saints, ce lien indissoluble qui unit dans le Christ l'Église du ciel et celle de la terre. Nous pouvons prier pour eux, qui achèvent leur purification, et avec eux, déjà parvenus à la gloire. La mort blesse l'affection mais ne rompt pas la charité : en Dieu, le lien demeure, plus fort et plus pur qu'aux jours d'ici-bas.

L'Alliance plus forte que la mort

Le raisonnement de Jésus enracine notre espérance non dans nos mérites, mais dans la fidélité de Dieu. Celui que le Seigneur aime et nomme sien ne peut être abandonné au néant : « tu ne livreras pas ton fidèle à la corruption » (Ps 16, 10). Reposer son assurance sur cette Alliance, c'est trouver la paix au seuil de la mort. Le Dieu qui s'est lié à Abraham se lie aussi à chacun de nous, et son amour est plus tenace que la tombe.

Cette semaine

  1. Dimanche 15 33e dimanche du Temps ordinaire Mt 25, 14-30
  2. Lundi 16 Lundi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 18, 35-43
  3. Mardi 17 Mardi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 1-10
  4. Mercredi 18 Mercredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 11-28
  5. Jeudi 19 Jeudi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 41-44
  6. Vendredi 20 Vendredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 45-48
  7. Samedi 21 Samedi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 20, 27-40

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