L'Évangile du jour
Mardi 17 novembre 2026
Mardi de la 33e semaine du Temps Ordinaire
Ste Elisabeth de Hongrie · Mémoire
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu »
Alléluia. Alléluia.
Dieu nous a aimés,
il a envoyé son Fils
comme Pardon pour nos péchés.
Alléluia.
1Entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.2Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.3Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.4Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.5Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »6Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.7Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »8Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »9Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.10En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ap 3, 1-6.14-22« Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je prendrai mon repas avec lui »
- Psaume Ps 14 (15), 1a.2, 3bc-4ab, 4d.5
Comprendre ce passage
La conversion de ZachéeLuc 19, 1-10
Jéricho, carrefour de péages
L'épisode se déroule à Jéricho, dernière étape avant la montée vers Jérusalem où Jésus va souffrir. Oasis fertile de la vallée du Jourdain, célèbre pour son baume et ses palmiers, la ville était un nœud du commerce et un poste de douane important ; Hérode le Grand y avait son palais d'hiver. Carrefour de richesse et de marchandises, Jéricho offrait un terrain de choix aux collecteurs d'impôts, qui prélevaient taxes et péages sur les voyageurs de cette route stratégique.
Zachée, chef des publicains
Luc présente Zachée comme architelōnēs — chef des collecteurs d'impôts — et riche. Rome affermait la levée des taxes : le publicain avançait la somme due, puis se remboursait sur le peuple, avec profit. Le métier passait pour celui d'un collaborateur de l'occupant et d'un voleur, souillé par le contact des païens et de l'argent ; on le tenait pour pécheur public, exclu de la société religieuse. Comble d'ironie, son nom Zakkaï signifie « pur, juste », justice cachée que la grâce fera surgir.
Le sycomore et la curiosité
Petit de taille, Zachée ne peut voir par-dessus la foule. Il court en avant et monte sur un sycomore — figuier au tronc bas et aux larges branches, facile à escalader et commun dans la région. Le geste est indigne d'un notable : un homme riche et redouté qui grimpe à un arbre comme un enfant s'expose à la moquerie. Zachée s'abaisse ainsi de lui-même, mû par un désir de voir Jésus plus fort que le souci de son rang.
« Zachée, descends vite »
Parvenu là, Jésus lève les yeux et appelle par son nom cet homme qu'il n'a jamais rencontré. Il prend l'initiative : « il faut (dei) que je demeure aujourd'hui dans ta maison. » Ce « faut » impersonnel, fréquent chez Luc, dit la nécessité du dessein divin de salut. Et l'adverbe aujourd'hui (sēmeron) est le mot lucanien par excellence du salut présent, celui qui résonne à Nazareth, à la crèche et sur la croix : la grâce de Dieu se donne maintenant.
S'inviter chez un pécheur
Voyant Jésus entrer chez un tel homme, tous murmurent : « il est allé loger chez un pécheur. » Jésus assume une fois de plus le scandale de la miséricorde, comme lorsqu'il accueillait les publicains aux repas qui faisaient gronder les pharisiens (cf. Lc 5, 30 ; 15, 2). En se faisant l'hôte de Zachée, il ne récompense pas une vertu déjà acquise : il offre le premier sa présence. La table partagée devient ainsi le signe d'une communion donnée par pure grâce, avant toute réparation.
La conversion et la restitution
Saisi par cet accueil, Zachée, debout, prend la parole devant tous. Il donne « la moitié » de ses biens aux pauvres et promet de rendre le quadruple à quiconque il aurait lésé. La mesure dépasse ce qu'exigeait la Loi, qui ne réclamait pareille restitution que pour le bétail dérobé et tué (cf. Ex 21, 37). La rencontre du Christ porte un fruit concret et chiffré : la grâce transforme jusqu'au rapport à l'argent, et la foi se fait justice et charité.
« Fils d'Abraham » et « chercher et sauver »
Jésus conclut : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison. » Malgré le mépris des hommes, il déclare Zachée vrai « fils d'Abraham » : l'appartenance au peuple de la promesse ne tient pas au rang social, mais à la foi qui accueille le salut. Le verset 10 résume toute la mission du Christ : « le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » — écho du Dieu pasteur d'Ézéchiel qui part chercher la brebis égarée (cf. Ez 34, 16).
Le désir de voir Jésus
À l'image de Zachée, il s'agit de surmonter les obstacles qui empêchent de voir le Christ : sa propre « petitesse », le regard d'autrui, la honte de son péché. Le publicain n'a pas attendu de se sentir digne ; il a cherché, couru, grimpé. Dieu honore ce désir, même maladroit ou intéressé au départ, et vient au-devant de qui le cherche. Un simple mouvement de curiosité sincère pour le Christ est déjà le commencement secret d'une grâce qui appelle.
L'initiative de la grâce
Tout part de Jésus : c'est lui qui lève les yeux, qui appelle, qui s'invite, le premier. Zachée croyait chercher, mais il était déjà cherché. Le salut est d'abord un don avant d'être une réponse, et la conversion naît de cette gratuité qui nous précède. La vie chrétienne consiste alors à se laisser regarder et nommer par le Seigneur, à accueillir sa visite dans la maison de notre vie, plutôt qu'à vouloir mériter d'abord une présence qui nous est offerte.
La conversion qui se traduit en actes
Une conversion authentique ne reste pas au seuil des sentiments : elle répare, elle partage, elle rend justice. Zachée touche son portefeuille, ce lieu si révélateur du cœur, et restitue le tort commis. L'aumône aux pauvres et la réparation des injustices ne sont pas facultatives : elles sont la preuve et le fruit du retour à Dieu. La foi qui ne change rien à nos comptes ni à nos biens mal acquis n'a pas encore rejoint la profondeur où le Christ veut la conduire.
Personne n'est perdu pour Dieu
« Chercher et sauver ce qui était perdu » : nul n'est exclu de cette espérance, pas même les pécheurs publics que la société range parmi les coupables. Le récit interdit de mépriser aucun « Zachée », de désespérer d'aucune vie. Dieu voit la justice cachée sous les apparences les plus défavorables et n'attend qu'un signe de désir pour s'inviter. À sa suite, l'Église regarde chaque homme comme un appelé possible au salut.
Cette semaine
- Dimanche 15 33e dimanche du Temps ordinaire Mt 25, 14-30
- Lundi 16 Lundi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 18, 35-43
- Mardi 17 Mardi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 1-10
- Mercredi 18 Mercredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 11-28
- Jeudi 19 Jeudi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 41-44
- Vendredi 20 Vendredi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 19, 45-48
- Samedi 21 Samedi de la 33e semaine du Temps Ordinaire Lc 20, 27-40
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