L'Évangile du jour

Vendredi 13 novembre 2026

Vendredi de la 32e semaine du Temps Ordinaire

Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 17, 26-37

« Le jour où le Fils de l’homme se révélera »

Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.
Alléluia.

26Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme.27On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr.28Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ;29mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ;30cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.31En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière.32Rappelez-vous la femme de Loth.33Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.34Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée.35Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. »

· · ·

37Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 17 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 2 Jn 1a. 4-9« Celui qui se tient à l’enseignement du Christ, celui-là reste attaché au Père et au Fils »
  • Psaume Ps 118 (119), 1-2, 10-11, 17-18

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Comprendre ce passage

Le jour du Fils de l'hommeLuc 17, 20-37

Contexte historique et social

L'attente fiévreuse du Royaume

Au Ier siècle, beaucoup en Israël attendaient une venue glorieuse et observable du Royaume : un Messie victorieux chassant l'occupant romain, des signes spectaculaires dans le ciel et la restauration politique du trône de David. Les courants apocalyptiques multipliaient les calculs sur la fin des temps. La question des pharisiens porte précisément sur le « quand », trahissant cette curiosité avide de dates et de prodiges. Jésus va déplacer le regard : le Royaume n'est pas un événement à épier au calendrier, mais une présence à reconnaître.

Noé, Lot et le souvenir de la Genèse

Pour avertir, Jésus puise dans la Genèse, livre familier à tout auditeur juif : le déluge (Gn 6-7) et la destruction de Sodome (Gn 19). Dans les deux récits, la vie la plus ordinaire — manger, boire, se marier, acheter, bâtir, planter — se poursuit sans inquiétude jusqu'à ce qu'un jugement soudain l'engloutisse. La femme de Lot (Gn 19, 26), changée en statue de sel pour s'être retournée vers la ville maudite, était devenue dans la tradition juive l'image proverbiale du regard en arrière, de l'attachement fatal à ce qui doit périr.

« Là où est le corps... »

La parole qui clôt le discours emprunte la forme d'un proverbe populaire : « Là où est le corps, là aussi se rassembleront les vautours » (ou les aigles, l'oiseau de proie des steppes du Proche-Orient). De loin, leur vol circulaire signale infailliblement le cadavre. L'image, volontairement énigmatique, suggère que le jugement s'abattra avec la même évidence et la même certitude, là précisément où il doit frapper : nul besoin d'aller le chercher, il se manifestera de lui-même au lieu et à l'heure voulus par Dieu.

Lecture biblique et exégétique

« Il ne vient pas de façon à frapper les regards »

L'expression grecque meta paratērēseōs désigne une venue qui se prête à l'observation attentive, au repérage de signes que l'on pourrait épier — le même verbe servait à décrire les guetteurs qui surveillent Jésus pour le prendre en faute (Lc 14, 1 ; 20, 20). Il est donc vain de proclamer « le voici ! » ou « le voilà ! » en désignant tel lieu ou tel moment. Le Royaume échappe par nature à ce genre de localisation spectaculaire : il ne s'inscrit pas sur une carte ni dans un agenda.

« Au milieu de vous »

La formule entos hymōn se traduit le plus souvent « au milieu de vous » : le Royaume est déjà là, présent dans la personne du Christ qui parle à ses interlocuteurs. Certains Pères, comme Origène, l'entendent aussi « au-dedans de vous », règne intérieur de la grâce dans l'âme. Les deux sens se rejoignent : le Royaume est inauguré par Jésus et s'offre à qui l'accueille. Il ne reste donc plus à le localiser dans le futur ou l'ailleurs, mais à le reconnaître et à s'y soumettre dès maintenant.

Soudaineté — mais la Passion d'abord

La venue du Fils de l'homme sera, elle, pleinement manifeste et universelle : « comme l'éclair » qui illumine d'un bout à l'autre du ciel, visible de tous à l'instant même. Inutile alors de courir après les faux messies qui surgiront. Mais Jésus pose aussitôt une condition décisive : « il faut d'abord qu'il souffre beaucoup et qu'il soit rejeté par cette génération ». La croix précède la gloire ; la Pâque douloureuse vient avant le triomphe éclatant, et nul n'accède à l'une sans passer par l'autre.

Veiller : Noé, Lot et le détachement

L'insouciance des contemporains de Noé et de Lot, absorbés par leurs affaires, a causé leur perte. Au jour du Fils de l'homme, « que celui qui sera sur la terrasse ne descende pas » récupérer ses biens dans la maison : l'heure exige un détachement immédiat et total. « Souvenez-vous de la femme de Lot » résume tout l'avertissement. Et Jésus énonce la loi pascale qui gouverne la vie du disciple : « qui cherchera à conserver sa vie la perdra, et qui la perdra la sauvegardera » — paradoxe central de l'Évangile.

« L'un pris, l'autre laissé »

Au cœur du même quotidien partagé — deux personnes sur un lit, deux femmes tournant la meule —, une séparation mystérieuse s'opère au jugement : « l'un sera pris, l'autre laissé ». La proximité des situations rend le partage d'autant plus saisissant : ce n'est pas la condition extérieure qui décide, mais l'état du cœur. Cette ambiguïté du sort appelle une vigilance de chaque instant. (Le verset 36, « deux hommes seront aux champs », est absent des meilleurs manuscrits et provient sans doute du parallèle de Matthieu.)

Pour la vie spirituelle et pratique

Le Royaume déjà présent

La première leçon est de ne pas chercher Dieu seulement dans l'extraordinaire ou le futur. Il règne déjà au milieu de nous : dans le Christ ressuscité, dans son Église, dans les sacrements où il se donne réellement, dans le cœur qui s'ouvre à sa grâce. L'attente du Royaume ne dispense pas de le servir aujourd'hui ; au contraire, elle s'enracine dans une présence déjà offerte. Reconnaître cette présence discrète, c'est commencer dès maintenant à vivre en citoyen du Royaume.

Veiller dans le quotidien

Les occupations ordinaires — manger, travailler, se marier, bâtir — sont bonnes et voulues par Dieu ; le récit ne les condamne nullement. Mais elles ne doivent pas endormir l'âme ni l'absorber au point de lui faire oublier l'essentiel. Le chrétien est appelé à vivre chaque journée prêt à rencontrer le Seigneur, comme s'il pouvait venir à toute heure, sans pour autant déserter ses devoirs terrestres. La vraie vigilance n'est pas l'angoisse, mais une fidélité paisible et constante.

Le détachement du cœur

« La femme de Lot » enseigne à ne pas se retourner avec regret vers ce que l'on quitte pour suivre Dieu. La loi pascale — perdre sa vie pour la sauver — invite à desserrer l'étreinte qui nous lie aux biens, aux honneurs et aux sécurités de ce monde. Ce détachement n'est pas mépris des choses, mais liberté intérieure : un cœur dégagé est un cœur disponible, capable d'accueillir le Seigneur sans rien retenir qui le retiendrait au seuil.

Espérer la venue du Seigneur

Entre le « déjà » du Royaume inauguré et le « pas encore » de son achèvement glorieux, le chrétien vit dans l'espérance vigilante. Il ne spécule pas sur les dates, ne court pas après les faux signes ni les prophètes de malheur, mais attend avec confiance Celui qui viendra « comme l'éclair ». Cette espérance, loin de paralyser, dynamise le présent : elle donne sens à la patience, courage à l'épreuve et joie à la fidélité quotidienne, dans l'attente du jour où le Fils de l'homme se manifestera.

Cette semaine

  1. Dimanche 8 32e dimanche du Temps ordinaire Mt 25, 1-13
  2. Lundi 9 Dédicace de la Basilique du Latran Jn 2, 13-22
  3. Mardi 10 Mardi de la 32e semaine du Temps Ordinaire Lc 17, 7-10
  4. Mercredi 11 Mercredi de la 32e semaine du Temps Ordinaire Lc 17, 11-19
  5. Jeudi 12 Jeudi de la 32e semaine du Temps Ordinaire Lc 17, 20-25
  6. Vendredi 13 Vendredi de la 32e semaine du Temps Ordinaire Lc 17, 26-37
  7. Samedi 14 Samedi de la 32e semaine du Temps Ordinaire Lc 18, 1-8

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