L'Évangile du jour

Samedi 31 octobre 2026

Samedi de la 30e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 14, 1.7-11

« Quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé »

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples, dit le Seigneur,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia.

1Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.

· · ·

7Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :8« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.9Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.10Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.11En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 14 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ph 1, 18b-26« Pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage »
  • Psaume Ps 41 (42), 2, 3, 5abcd, 5efgh

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Comprendre ce passage

Chez un pharisien : guérison un jour de sabbatLuc 14, 1-6

Contexte historique et social

Un repas de sabbat sous surveillance

Jésus est reçu à table, un jour de sabbat, chez « l'un des chefs des pharisiens ». Partager le repas sabbatique était un honneur, mais l'atmosphère est lourde : « on l'observait ». Le verbe grec (paratēreō) évoque une surveillance hostile, l'œil aux aguets pour prendre en faute. Le repas devient presque un guet-apens. Chez Luc, la table est pourtant un lieu privilégié d'enseignement et de révélation : c'est souvent en mangeant que Jésus dévoile le cœur de ses hôtes (cf. 7, 36 ; 11, 37).

L'homme atteint d'hydropisie

« Devant lui » se tient un homme atteint d'hydropisie — un œdème, une rétention d'eau qui gonfle le corps et trahit souvent une affection grave, marquée par une soif que l'eau n'apaise pas. Les moralistes anciens en faisaient même l'image de la convoitise insatiable : détail suggestif, à l'orée d'un enseignement sur l'avidité des places et des biens. Qu'il ait été placé là comme appât ou venu chercher secours, sa présence met Jésus à l'épreuve sous le regard de tous.

La règle du sabbat

La tradition n'autorisait à soigner le jour du sabbat qu'en cas de danger de mort ; hors ce cas, il fallait attendre le lendemain. L'hydropisie n'étant pas une urgence, guérir reviendrait, aux yeux des pharisiens, à « travailler » le jour saint. C'est la troisième controverse de ce genre chez Luc (6, 6-11 ; 13, 10-17), preuve que la question du sabbat cristallisait le conflit entre Jésus et les docteurs de la Loi.

Lecture biblique et exégétique

Une question laissée sans réponse

Jésus « prend la parole » pour répondre, non à des mots, mais aux pensées qu'il lit dans les cœurs : « Est-il permis, oui ou non, de guérir le jour du sabbat ? » Les docteurs et pharisiens « gardent le silence » : nier la miséricorde leur est impossible, l'accorder les désavouerait. Ce mutisme trahit déjà un durcissement : on préfère se taire que de se laisser convertir par l'évidence.

Guérir, puis renvoyer

Sans attendre, Jésus « le prend » — le saisit avec sollicitude —, le guérit et le renvoie. Le geste est sobre, libre, presque second par rapport à la leçon : la guérison n'est pas une provocation calculée, mais l'acte spontané d'un cœur compatissant que les regards n'arrêtent pas. L'homme délivré disparaît du récit ; reste la question posée aux consciences.

L'argument a fortiori

Jésus retourne alors leur propre pratique contre eux : « Si votre fils — ou votre bœuf — tombe dans un puits, ne l'en retirez-vous pas aussitôt, même le jour du sabbat ? » Chacun le ferait sans hésiter, par bon sens et par affection. Combien plus pour un être humain en souffrance ! « Et ils ne purent rien répliquer » : second silence, où l'argument les laisse sans voix.

Le sabbat accompli, non violé

Comme pour la femme courbée (13, 16), Jésus montre que secourir n'enfreint pas le sabbat : cela l'accomplit. Le sabbat fait mémoire de la libération d'Israël et du Dieu qui sauve ; délivrer un homme ce jour-là, c'est donc l'honorer au plus haut, non le profaner. La Loi est au service de l'amour, jamais l'inverse.

Pour la vie spirituelle et pratique

La miséricorde n'a pas de jour de congé

Faire le bien ne connaît pas de « jour interdit ». Partout où une détresse appelle, l'amour ne diffère pas au prétexte de l'heure ou de la règle. C'est même ainsi qu'on sanctifie le plus vraiment le Jour du Seigneur : non en s'abstenant de tout, mais en le remplissant de charité, d'adoration et de service du prochain.

Agir librement sous le regard qui épie

Jésus n'est pas paralysé par ceux qui le guettent ; il agit en pleine liberté. À sa suite, ne pas laisser le qu'en-dira-t-on, la peur du jugement ou le souci de sa réputation étouffer le bien que la charité commande. La liberté des enfants de Dieu ne se règle pas sur le regard des autres, mais sur la volonté du Père.

Le bon sens de l'amour

Tous savent tirer leur bête d'un puits sans tergiverser : que ne ferait-on pour un homme ! L'amour a sa logique, simple et lumineuse, que l'esprit légaliste s'obstine à ne pas voir. La vraie sagesse spirituelle rejoint souvent ce bon sens du cœur que la casuistique finit par étouffer.

Se laisser interroger par sa question

« Est-il permis de guérir ? » La question est aussi posée à nous. Combien de fois nous abritons-nous derrière une règle, une habitude ou un principe pour nous dispenser du bien qui coûte ? Laisser cette parole débusquer nos faux prétextes et libérer notre charité est déjà un chemin de conversion.

Cette semaine

  1. Dimanche 25 30e dimanche du Temps ordinaire Mt 22, 34-40
  2. Lundi 26 Lundi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 10-17
  3. Mardi 27 Mardi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 18-21
  4. Mercredi 28 Saint Simon et Saint Jude, apôtres Lc 6, 12-19
  5. Jeudi 29 Jeudi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 13, 31-35
  6. Vendredi 30 Vendredi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1-6
  7. Samedi 31 Samedi de la 30e semaine du Temps ordinaire Lc 14, 1.7-11

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