L'Évangile du jour
Mardi 13 octobre 2026
Mardi de la 28e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.»
Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, énergique, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Alléluia.
37Pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place.38Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas.39Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.40Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ?41Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ga 5, 1-6« Ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité »
- Psaume Ps 118 (119), 41.43, 44-45, 47-48
Comprendre ce passage
Contre les pharisiens et les docteurs de la LoiLuc 11, 37-54
Le repas et les ablutions rituelles
Comme souvent chez Luc, la scène se noue autour d'une table : un pharisien invite Jésus, et l'étonnement de l'hôte naît aussitôt de ce qu'il ne s'est pas « lavé » avant le repas. Le verbe grec (baptizō) ne vise pas l'hygiène mais la pureté rituelle : l'immersion des mains qui, selon la tradition orale, devait écarter toute souillure contractée au contact du monde. Cette coutume, étrangère à la Loi écrite, relevait de la « tradition des anciens ». Le repas devient ainsi, comme en 7, 36 ou 14, 1, le lieu d'une révélation des cœurs.
Pharisiens et docteurs de la Loi
Le récit met en scène deux groupes distincts. Les pharisiens étaient des laïcs pieux, zélés pour l'observance et la sanctification du quotidien par les règles de pureté. Les docteurs de la Loi, ou légistes (nomikoi), en étaient les interprètes savants, proches des scribes. Ensemble ils formaient l'élite religieuse la plus influente du judaïsme du Ier siècle. Jésus leur adresse une double série de trois malheurs, non par mépris, mais à la manière des prophètes d'Israël qui dénonçaient pour appeler à la conversion.
Le genre prophétique du « malheur »
La formule « Malheur à vous » (ouai) n'est pas une malédiction vengeresse mais une lamentation solennelle, héritée d'Isaïe, d'Amos ou d'Habacuc, qui pleure sur un peuple engagé dans une voie de mort. En la reprenant, Jésus se situe dans la lignée des prophètes envoyés à Israël, et qu'Israël a souvent rejetés. Le ton est grave : ces « malheurs » sont l'envers d'un amour blessé, un dernier avertissement lancé à ceux qui détiennent l'autorité spirituelle et égarent le peuple confié à leur garde.
Le dedans et le dehors
Jésus saisit l'occasion des ablutions pour dévoiler une logique plus profonde : « Vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais votre intérieur est plein de rapine et de méchanceté. » L'image dénonce un renversement des priorités : on soigne l'apparence et l'on délaisse le cœur, que Dieu seul scrute (cf. 1 S 16, 7). Le remède proposé surprend : « donnez plutôt en aumône ce qui est au-dedans, et tout sera pur ». La charité, jaillie d'un cœur converti, purifie bien plus sûrement que mille rites extérieurs.
Les trois malheurs aux pharisiens
Le premier reproche vise la dîme : ils l'acquittent jusque sur la menthe et la rue, ces herbes minuscules du potager, mais négligent la justice et l'amour de Dieu — exactement ce que réclamaient les prophètes (Mi 6, 8). Le deuxième dénonce leur goût des premiers rangs dans les synagogues et des salutations sur les places, soif de reconnaissance qui pervertit la piété. Le troisième les compare à des tombes invisibles : selon Nb 19, 16, toucher un sépulcre rendait impur ; ils contaminent donc sans qu'on le sache, religion de surface qui souille en se donnant pour sainte.
Les trois malheurs aux légistes
Un légiste, se sentant atteint, proteste ; Jésus se tourne alors vers les siens. Ils chargent les hommes de fardeaux accablants — la casuistique des préceptes — sans les toucher « d'un seul doigt ». Ils bâtissent les tombeaux des prophètes que leurs pères ont tués : entretenir ces monuments tout en refusant leur message les rend complices par-delà les générations, depuis le sang d'Abel jusqu'à celui de Zacharie. Surtout, ils ont « enlevé la clé de la connaissance » : non seulement ils ne sont pas entrés, mais ils ont empêché d'entrer ceux qui le voulaient.
L'hostilité grandissante
Le récit s'achève sur un durcissement : loin de se laisser toucher, scribes et pharisiens se font violents, le pressant de questions et « lui tendant des pièges pour surprendre quelque parole de sa bouche ». L'évangéliste laisse pressentir la Passion : le refus de la lumière devient hostilité, puis complot. Ce que Jésus avait diagnostiqué — un cœur fermé sous des dehors religieux — se vérifie dans leur réaction même, qui transforme l'avertissement en motif d'inimitié.
Purifier le dedans
Le danger dénoncé n'a pas vieilli : l'hypocrisie, ce divorce entre l'image soignée et le cœur négligé. La parole invite à un examen permanent : ma prière, mes pratiques, mes œuvres me convertissent-elles vraiment de l'intérieur, ou ne sont-elles qu'une façade destinée au regard d'autrui ? Le Catéchisme rappelle que le culte agréable à Dieu jaillit d'un cœur droit ; le rite sans la charité demeure vide. Donner « en aumône ce qui est au-dedans », c'est laisser l'amour purifier d'abord nos intentions.
Ne pas négliger l'essentiel
« La justice et l'amour de Dieu » priment sur les minuties. Jésus ne condamne pourtant pas les petites fidélités — « sans omettre le reste », précise-t-il — mais il dénonce leur inversion : s'absorber dans l'accessoire pour s'exonérer de l'essentiel. La sagesse chrétienne consiste à ordonner chaque observance à sa fin, qui est d'aimer Dieu et le prochain. Une vie spirituelle saine garde le sens des proportions et ne se réfugie jamais dans le détail pour fuir l'exigence de la charité.
Ne pas charger les autres
Le reproche fait aux légistes vise quiconque enseigne, gouverne ou accompagne : ne pas imposer aux autres des fardeaux qu'on ne porte pas soi-même. Le pasteur véritable allège plutôt qu'il n'accable, à l'exemple du Christ dont « le joug est doux » (Mt 11, 30). Toute autorité spirituelle est appelée à la miséricorde, à porter avec ceux qu'elle guide le poids du chemin, sans dureté ni mépris pour les faibles et les pécheurs qu'elle est chargée de relever.
Ouvrir la porte de Dieu
Le plus grave reproche demeure d'avoir enlevé la clé de la connaissance. La vocation de tout croyant, et plus encore de qui transmet la foi, est d'ouvrir aux autres l'accès à Dieu, jamais de le fermer par le contre-témoignage, le légalisme ou le scandale. Le Christ est lui-même cette porte (Jn 10, 9) : le servir, c'est en faciliter le seuil. Examiner si, par notre vie, nous rapprochons les autres de Dieu ou les en éloignons est un chemin de conversion.
Cette semaine
- Dimanche 11 28e dimanche du Temps ordinaire Mt 22, 1-14
- Lundi 12 Lundi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 29-32
- Mardi 13 Mardi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 37-41
- Mercredi 14 Mercredi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 42-46
- Jeudi 15 Jeudi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 47-54
- Vendredi 16 Vendredi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 1-7
- Samedi 17 Samedi de la 28e semaine du Temps ordinaire Lc 12, 8-12
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