L'Évangile du jour

Mercredi 7 octobre 2026

Mercredi de la 27e semaine du Temps ordinaire

Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire · Mémoire

Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 11, 1-4

« Seigneur, apprends-nous à prier »

Alléluia. Alléluia.
Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ;
c’est en lui que nous crions « Abba », Père.
Alléluia.

1Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »2Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.3Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.4Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 11 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ga 2, 1-2.7-14« Ils ont reconnu la grâce qui m’a été donnée »
  • Psaume Ps 116 (117), 1, 2

Lire toute la messe sur le site de l'AELF

Comprendre ce passage

Les enseignements sur la prièreLuc 11, 1-13

Contexte historique et social

« Apprends-nous à prier »

La scène s'ouvre « en un certain lieu », tandis que Jésus prie : c'est ce spectacle, et non une question abstraite, qui suscite la demande d'un disciple. Au Ier siècle, chaque maître transmettait aux siens une prière propre, signe de l'esprit qui animait son école : « comme Jean l'a appris à ses disciples ». Demander une prière, c'est donc demander à entrer plus avant dans l'intimité du Maître. Chez Luc, la prière encadre tous les grands moments de Jésus (baptême, choix des Douze, Transfiguration), si bien que les disciples désirent partager cette source secrète de sa vie.

Le Notre Père selon Luc

La version lucanienne est plus brève que celle de Matthieu (6, 9-13) : l'invocation « Père » seule, puis cinq demandes — sanctification du Nom, venue du Règne, pain quotidien, pardon des péchés, préservation de l'épreuve. Beaucoup y voient une forme primitive, adaptée à des communautés de culture grecque, tandis que Matthieu reflète l'usage liturgique juif plus solennel. Loin d'être une formule à réciter machinalement, ce résumé de l'Évangile (selon le mot de Tertullien) ordonne déjà toute prière chrétienne, en plaçant Dieu avant nos besoins.

L'ami à minuit

La parabole suppose les coutumes de l'hospitalité orientale, sacrée et impérative : un voyageur arrive de nuit, accueillir est un devoir, mais le garde-manger est vide. On va donc réveiller un ami, au risque de déranger toute une maisonnée dormant souvent dans l'unique pièce commune. L'anaideia — ce mot grec dit moins l'« importunité » qu'une hardiesse sans gêne, presque une absence de honte — finit par tout obtenir. Le cadre villageois, où l'on se connaît tous, rend la requête d'autant plus naturelle et la résistance du voisin d'autant plus dérisoire.

Lecture biblique et exégétique

Oser dire « Père »

Jésus apprend à nommer Dieu « Père », derrière quoi affleure l'araméen Abba, ce mot familier qui était sur ses propres lèvres. Aucune piété juive n'avait osé une telle proximité comme point de départ de la prière. C'est l'inouï de la grâce chrétienne : nous prions de l'intérieur même de la relation du Fils à son Père. Saint Paul le dira (Rm 8, 15 ; Ga 4, 6), cet appel jaillit de l'Esprit qui fait crier « Abba » au fond du croyant. Toute la prière découle ainsi de notre filiation adoptive.

L'ordre des demandes

Les deux premières demandes regardent Dieu — que son Nom soit sanctifié, que son Règne vienne — avant que nous présentions nos besoins. Vient le pain « de chaque jour » : l'adjectif rare epiousios a embarrassé les traducteurs, et la tradition l'entend du nécessaire quotidien comme du pain eucharistique. Puis le pardon, explicitement lié à celui que nous accordons « à quiconque nous doit », et la préservation de l'épreuve ou tentation. Cette architecture remet Dieu au centre et situe l'homme dans sa juste dépendance de créature et de fils.

Demander, chercher, frapper

Trois impératifs en gradation — « demandez… cherchez… frappez » — disent la persévérance de la prière, et le grec emploie des présents qui suggèrent une action durable, jamais lassée. Non que Dieu soit sourd ou réticent : la prière n'arrache rien à un Père avare, elle creuse en nous le désir et la confiance, élargissant le cœur à la mesure du don. Comme l'ami de la parabole finit par se lever, le Père ouvre ; mais le délai même fait partie de la pédagogie de la foi, qui apprend à attendre sans douter.

« Combien plus… l'Esprit Saint »

Le sommet, propre à Luc, procède par un raisonnement a fortiori cher aux rabbins : un père terrestre, « tout mauvais » qu'il soit, ne donne ni serpent ni scorpion à son enfant qui réclame du poisson ou un œuf. « Combien plus » le Père céleste, infiniment bon ! Là où Matthieu dit « de bonnes choses » (7, 11), Luc nomme le don suprême : l'Esprit Saint lui-même. Le terme de toute prière n'est donc pas telle faveur passagère, mais Dieu se donnant en personne, source de tous les autres dons.

Pour la vie spirituelle et pratique

Prier en enfant

Avant d'être une technique ou un effort, la prière est une relation : dire « Père », c'est se tenir non en étranger qui quémande, mais en enfant aimé devant celui qui le connaît. Cette confiance filiale change tout, libère des formules anxieuses et rend la prière possible même quand les mots manquent. Le premier pas n'est pas de bien parler, mais de se laisser regarder par un Père et de s'abandonner à sa bonté, sûr d'être attendu et accueilli.

Chercher d'abord son Règne

À l'école du Notre Père, ordonner sa prière : commencer par la gloire de Dieu — son Nom, son Règne, sa volonté — avant d'égrener nos besoins. Bien des supplications inquiètes s'apaisent dès qu'on a prononcé « que ton règne vienne », parce que ce renversement remet chaque chose à sa place et décentre de soi. Demander notre pain et notre pardon vient ensuite, plus paisiblement, une fois le cœur rendu à l'essentiel et accordé au désir même de Dieu.

Persévérer sans se lasser

Devant les silences apparents de Dieu, la tentation est de se décourager ou de cesser de croire qu'il écoute. Jésus enseigne au contraire la hardiesse de l'ami de minuit : « frappez », encore et toujours. La prière persévérante ne fléchit pas un Dieu réticent, elle nous dispose lentement à recevoir ce qu'il veut déjà nous donner, et purifie nos demandes. L'apparent retard est une école de foi, d'humilité et d'espérance, qui creuse en nous la place du don.

Demander l'Esprit Saint

Plus que telle ou telle grâce particulière, l'enseignement invite à demander le don de l'Esprit, qui contient et surpasse tous les autres. C'est la prière que le Père exauce toujours, car elle rejoint son dessein le plus profond : nous communiquer sa vie. Élever sa prière jusqu'à ce désir, c'est cesser de réduire Dieu à un distributeur de biens pour l'accueillir lui-même, et laisser l'Esprit transformer peu à peu le cœur à l'image du Christ priant.

Cette semaine

  1. Dimanche 4 27e dimanche du Temps ordinaire Mt 21, 33-43
  2. Lundi 5 Lundi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 25-37
  3. Mardi 6 Mardi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 10, 38-42
  4. Mercredi 7 Mercredi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 1-4
  5. Jeudi 8 Jeudi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 5-13
  6. Vendredi 9 Vendredi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 15-26
  7. Samedi 10 Samedi de la 27e semaine du Temps ordinaire Lc 11, 27-28

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