L'Évangile du jour
Samedi 26 septembre 2026
Samedi de la 25e semaine du Temps ordinaire
S. Côme et S. Damien, martyrs · Mémoire facultative
Mémoire Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. Les disciples avaient peur de l’interroger sur cette parole »
Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia.
43Et tous étaient frappés d’étonnement devant la grandeur de Dieu. Comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples :44« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »45Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Qo 11, 9 – 12, 8« Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que la poussière retourne à la terre, et le souffle, à Dieu »
- Psaume Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc
Comprendre ce passage
La délivrance de l'enfant possédéLuc 9, 37-43
Du sommet à la vallée
À peine descendu de la gloire du Thabor, Jésus retrouve la détresse des hommes : une grande foule l'attend, un père éploré se jette à sa rencontre, un enfant gît convulsé sur la terre. Le contraste est voulu et saisissant entre la lumière d'en haut, où le Père révélait son Fils bien-aimé, et la souffrance d'en bas, où le mal défigure les corps. Comme Moïse redescendant du Sinaï trouve le peuple infidèle (Ex 32), le Christ glorifié plonge aussitôt dans la misère du monde, qu'il est précisément venu relever.
Un fils unique
Le père implore pour son « fils unique » : le grec monogenēs, que Luc seul retient ici, désigne l'enfant irremplaçable, toute la descendance et tout l'espoir d'une famille. L'évangéliste affectionne ce trait, déjà employé pour la fille de Jaïre (8, 42) et le fils de la veuve de Naïm (7, 12) : trois fois un unique enfant menacé, trois fois la compassion du Maître. Discrètement, le mot oriente vers le mystère du Fils unique du Père, livré pour notre salut, ce que Jean reprendra explicitement (Jn 3, 16).
Une maladie lue comme possession
L'enfant est saisi, jeté à terre, écumant, broyé et déchiré par un esprit qui ne le quitte qu'à grand-peine. Les symptômes décrits — cris soudains, convulsions, écume, raidissement — évoquent ce que notre langue nomme l'épilepsie, que l'Antiquité appelait le « mal sacré » et rapportait volontiers à une influence surnaturelle. Luc, qui connaît le vocabulaire médical, distingue cependant nettement maladie et possession : ici, c'est bien un esprit mauvais qui asservit l'enfant, et la guérison prendra la forme d'un exorcisme.
« Génération incrédule »
Devant l'échec de ses disciples, Jésus soupire : « Génération incrédule et pervertie, jusques à quand serai-je auprès de vous et vous supporterai-je ? » La plainte reprend les accents de Moïse devant un peuple au cœur dur (Dt 32, 5.20) et embrasse, au-delà des Douze, toute une humanité fermée à Dieu. Les disciples avaient pourtant reçu « puissance et autorité sur tous les démons » (9, 1) ; leur impuissance révèle que ce pouvoir ne porte fruit que dans une foi humble et une prière persévérante, jamais comme une recette dont on disposerait.
« Il le rendit à son père »
Sans tarder, Jésus menace l'esprit impur, guérit l'enfant et « le rendit à son père ». Le détail, propre à Luc, fait écho au geste de Naïm, où le Christ « rendit » à sa mère le fils ressuscité (7, 15) : le Sauveur ne délivre pas un individu isolé, il recompose les liens brisés, restitue les enfants aux parents et reconstruit la communion que le mal cherchait à détruire. La délivrance personnelle s'accomplit dans la restauration de toute une famille, image du salut qui rassemble les dispersés.
« La grandeur de Dieu »
« Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu. » La gloire entrevue par trois témoins sur la montagne se manifeste ici aux yeux de la foule : non dans l'éclat d'une vision, mais dans la compassion à l'œuvre qui arrache un enfant à la mort vivante. Luc relie ainsi la Transfiguration et l'exorcisme comme deux révélations d'une même majesté. Dieu est grand, suggère le récit, dans la délivrance des petits plus encore que dans la splendeur du Thabor.
Redescendre vers les souffrants
La vie chrétienne fait alterner la montagne — la prière, les grâces, les moments de lumière — et la vallée, où attendent le service et la misère du monde. Comme le Christ, on ne s'attarde pas sur les sommets : Pierre voulait y dresser trois tentes, mais c'est en bas, auprès de l'enfant convulsé, que la gloire se révèle féconde. La grâce reçue dans l'oraison n'est pleinement reçue que lorsqu'elle se dépense auprès des affligés.
Foi et prière contre le mal
L'impuissance des disciples enseigne une leçon durable : certaines délivrances n'adviennent que par une foi priante et humble, dégagée de toute présomption. Dans le parallèle de Marc, Jésus le dit clairement — « cette espèce-là ne peut sortir que par la prière » (Mc 9, 29). Devant un mal qui nous dépasse, qu'il soit affliction, addiction ou emprise spirituelle, la sagesse est de recourir à Dieu plutôt qu'à nos seules forces, dans une confiance qui sait son propre dénuement.
Présenter ses enfants à Jésus
À l'image de ce père qui supplie « regarde mon fils », nous sommes invités à porter au Christ ceux que nous aimons et qui souffrent, et d'abord nos enfants. L'intercession confiante d'un parent, persévérant malgré l'échec apparent des secours humains, est une prière que Jésus exauce. Là où nos propres mains demeurent impuissantes, demeure ouvert le recours à Celui qui « rend » l'enfant à son père et console toute détresse.
Reconnaître notre propre incrédulité
La plainte sur la « génération incrédule » nous atteint aussi. Combien de fois cherchons-nous la délivrance sans la foi, ou désespérons-nous trop vite devant le mal ? Le père de l'enfant offre le chemin : un cri pauvre et confiant, qui mêle supplication et aveu de faiblesse. Laisser cette parole débusquer nos doutes et raviver une espérance plus dépouillée est déjà un pas vers la guérison que Dieu veut opérer en nous.
Cette semaine
- Dimanche 20 25e dimanche du Temps ordinaire Mt 20, 1-16
- Lundi 21 Saint Matthieu, apôtre et évangéliste Mt 9, 9-13
- Mardi 22 Mardi de la 25e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 19-21
- Mercredi 23 Mercredi de la 25e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 1-6
- Jeudi 24 Jeudi de la 25e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 7-9
- Vendredi 25 Vendredi de la 25e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 18-22
- Samedi 26 Samedi de la 25e semaine du Temps ordinaire Lc 9, 43b-45
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