L'Évangile du jour

Vendredi 18 septembre 2026

Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Luc 8, 1-3

« Des femmes les accompagnaient et les servaient en prenant sur leurs ressources »

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !
Alléluia.

1Ensuite, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient,2ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons,3Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 8 de saint Luc avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 1 Co 15, 12-20« Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur »
  • Psaume Ps 16 (17), 1, 6-7, 8.15

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Comprendre ce passage

Les femmes qui accompagnaient JésusLuc 8, 1-3

Contexte historique et social

Jésus en itinérance

Jésus va « de ville en ville et de village en village », proclamant « la bonne nouvelle du Royaume de Dieu ». Cette itinérance dessine le portrait d'un maître qui ne fixe pas une école, mais sillonne la Galilée pour rejoindre les foules là où elles vivent. Les Douze l'accompagnent désormais sans le quitter, eux qu'il vient d'instituer (6, 13) : la mission n'est plus une suite d'épisodes, mais une marche continue où le Royaume s'annonce par la parole et les actes. Autour de ce noyau gravite un cercle plus large de disciples qui partagent la route.

Des femmes dans le cortège

Fait remarquable pour l'époque, où une femme ne se mettait pas à la suite d'un rabbi itinérant : Luc nomme Marie de Magdala — du bourg de Magdala, sur les rives du lac —, Jeanne, femme de Chouza, l'intendant d'Hérode Antipas, et donc d'un rang social élevé, puis Suzanne, « et beaucoup d'autres ». Que des femmes de conditions si diverses, jusqu'à la cour du tétrarque, suivent ouvertement Jésus rompt avec les usages d'une société où la place féminine était à la maison. Luc, l'évangéliste attentif aux femmes, est seul à donner ici ces noms.

« Elles les servaient de leurs biens »

Ces femmes subviennent aux besoins du groupe « de leurs biens » : le verbe grec diakoneō dit le service concret, celui de la table et de l'intendance, mais déjà chargé du sens noble qu'il prendra dans l'Église. Bienfaitrices d'un groupe sans ressources fixes, elles assurent la subsistance matérielle de la mission par leur propre patrimoine, ce qui suppose une certaine autonomie. On retrouvera plusieurs d'entre elles, fidèles jusqu'au bout, au pied de la croix et au matin du tombeau (cf. 23, 49 ; 24, 10).

Lecture biblique et exégétique

Des disciples à part entière

Elles suivent et servent : ce sont précisément les deux verbes qui définissent le disciple chez Luc. Loin d'un rôle accessoire, leur présence montre que le Royaume rassemble hommes et femmes, gens du peuple et proches de la cour d'Hérode, sans distinction de sexe ni de condition sociale. La place qui leur est donnée préfigure l'Église, où « il n'y a plus l'homme et la femme » dans le Christ (Ga 3, 28). Leur service de leurs biens anticipe d'ailleurs la communion des premiers chrétiens, qui mettaient leurs ressources en commun pour la mission (Ac 2, 44-45).

Marie de Magdala

L'expression « sept démons » dont elle fut délivrée signale, par la plénitude du chiffre sept, une libération totale, non quelque réputation infamante. Rien dans le texte ne l'identifie à la pécheresse anonyme du chapitre précédent (7, 36-50) : cette confusion, répandue dans la tradition latine, est à écarter avec prudence. Guérie en profondeur, Marie devient l'une des plus fidèles parmi les disciples et, au matin de Pâques, la première à voir le Ressuscité et à l'annoncer aux Apôtres (24, 10 ; Jn 20, 18) — ce qui lui valut chez les Pères le titre d'apôtre des apôtres.

La sobriété d'un témoignage

Le récit, propre à Luc, glisse cette notation en trois versets, comme une transition discrète entre la pécheresse pardonnée et la parabole du semeur qui suit. Pourtant ces lignes ont une grande valeur historique : un évangéliste n'aurait guère inventé un détail aussi peu conforme aux convenances de son temps. La mention des femmes par leur nom garantit qu'il s'agit de personnes connues de la communauté, témoins vivantes des événements. Leur présence court ainsi, comme un fil, de la Galilée jusqu'au tombeau vide.

Pour la vie spirituelle et pratique

Servir de ses biens

Ces femmes rappellent que la mission a besoin d'être soutenue concrètement : par le temps, les talents et l'argent, autant que par la prière. Donner de ses ressources pour l'annonce de l'Évangile et pour les pauvres n'est pas un geste secondaire, mais une forme réelle et exigeante du discipulat. À leur suite, chacun peut se demander comment ses propres biens servent le Royaume plutôt que de l'encombrer, car la générosité matérielle est elle aussi un chemin de sainteté et une participation à l'œuvre du Christ.

Guéris pour suivre

Délivrées et guéries, ces femmes ne restent pas sur leur grâce reçue : elles la convertissent aussitôt en service. La logique spirituelle est limpide : qui a été relevé par le Christ se met à sa suite, et la reconnaissance se fait don de soi. Notre propre guérison — d'un mal, d'un péché, d'une détresse — n'est jamais pour nous seuls ; elle nous rend disponibles pour les autres. La grâce, quand elle est vraiment accueillie, déborde toujours en mission et en charité agissante.

La dignité des femmes disciples

Jésus s'entoure publiquement de femmes qui le suivent et le servent, à rebours des préjugés de son temps. Cette reconnaissance affirme, dès l'origine, la pleine dignité de la femme dans la vie et la mission de l'Église. Honorer leur place, hier comme aujourd'hui, c'est reconnaître les multiples manières, souvent discrètes, dont la sainteté féminine porte le corps ecclésial. De ces premières disciples galiléennes à toute la lignée des saintes, la même fidélité accompagne le Christ jusqu'à la Croix et au-delà.

Cette semaine

  1. Dimanche 13 24e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 21-35
  2. Lundi 14 La Croix Glorieuse Jn 3, 13-17
  3. Mardi 15 Mardi de la 24e semaine du Temps ordinaire Jn 19, 25-27
  4. Mercredi 16 Mercredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 31-35
  5. Jeudi 17 Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 36-50
  6. Vendredi 18 Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 1-3
  7. Samedi 19 Samedi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 4-15

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