L'Évangile du jour
Lundi 14 septembre 2026
La Croix Glorieuse
Fête
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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé »
Alléluia. Alléluia.
Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons :
par ta Croix, tu as racheté le monde.
Alléluia.
13Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.14De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,15afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.16Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle.17Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Nb 21, 4b-9« Celui qui regardait vers le serpent de bronze restait en vie ! »
- Deuxième lecture Ph 2, 6-11« Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté »
- Psaume Ps 77 (78), 3-4a.c, 34-35, 36-37, 38ab.39
Comprendre ce passage
L'entretien avec NicodèmeJean 3, 1-21
Nicodème, notable venu de nuit
Nicodème est pharisien, « chef des Juifs » — sans doute membre du Sanhédrin, le grand conseil de soixante-dix anciens qui régissait la vie religieuse à Jérusalem — et « docteur en Israël », maître réputé de la Loi. Qu'un tel homme s'approche de Jésus dit déjà l'attrait qu'exerce le Galiléen. Mais il vient « de nuit » : par prudence, pour ne pas se compromettre devant ses pairs, et selon le symbolisme cher au quatrième évangile, comme un pas hésitant des ténèbres vers la lumière.
Un dialogue de figures, propre à saint Jean
L'entretien inaugure une série de rencontres que Jean affectionne, où Jésus dévoile le mystère à un interlocuteur singulier : Nicodème ici, la Samaritaine au chapitre suivant (Jn 4), l'aveugle- né plus loin (Jn 9). Le procédé est constant : une parole de Jésus est d'abord mal comprise au sens matériel, ce qui ouvre l'approfondissement spirituel. Nicodème représente le judaïsme sérieux et instruit, sincèrement en quête, mais encore prisonnier d'une intelligence trop charnelle des choses de Dieu.
« Naître de nouveau, d'en haut »
Le mot grec anōthen porte un double sens : « de nouveau » et « d'en haut ». Jésus l'entend au second, Nicodème au premier — d'où son objection : « Peut-on rentrer dans le sein de sa mère ? » Ce quiproquo n'est pas naïveté, mais le ressort littéraire qui prépare la révélation. L'arrière-plan est la régénération baptismale, déjà pressentie par les prophètes annonçant un cœur nouveau et un esprit nouveau répandu sur Israël (Ez 36, 25-27 ; Jr 31, 31-34).
Naître d'eau et d'Esprit
« Si l'on ne naît d'eau et d'Esprit, on ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. » La tradition de l'Église y a lu, presque unanimement, une annonce du baptême : l'eau qui purifie et l'Esprit qui recrée. Jésus oppose deux ordres : « ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l'Esprit est esprit. » La vie nouvelle ne prolonge pas la nature : elle vient d'en haut, comme un don gratuit qui fait du croyant un véritable enfant de Dieu (cf. Jn 1, 12-13).
Le vent et l'Esprit
« Le vent souffle où il veut, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va. » Le même mot grec, pneuma, désigne le vent et l'Esprit : Jésus joue de cette résonance pour dire la liberté souveraine et le mystère insaisissable de l'action divine. On en perçoit les effets sans en maîtriser la source. La nouvelle naissance échappe ainsi à tout calcul humain ; elle relève de la pure initiative de Dieu, que l'on accueille sans la commander.
Le Fils de l'homme élevé et le serpent de bronze
« Comme Moïse éleva le serpent au désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé. » L'allusion renvoie au serpent de bronze du livre des Nombres (Nb 21, 8-9) : les Israélites mordus guérissaient en le regardant. De même, lever les yeux vers le Crucifié donne la vie. Le verbe grec hypsoō, « élever », unit indissociablement chez Jean l'élévation sur la croix et la glorification : le moment de la plus grande humiliation est celui même où la gloire du Fils se manifeste.
« Dieu a tant aimé le monde »
Au cœur du discours se tient la source de tout : l'amour du Père pour le monde, jusqu'au don de son Fils unique. La formule évoque le sacrifice d'Isaac, « ton fils, ton unique » (Gn 22, 2), mais ici c'est Dieu lui-même qui livre le sien. Le Fils est envoyé « non pour juger le monde, mais pour le sauver » (vv. 16-17). À l'homme de répondre par la foi, qui ouvre dès maintenant à la vie éternelle, comprise comme communion vivante avec Dieu.
Lumière, ténèbres et jugement
Le jugement (krisis) ne tombe pas du dehors : il se joue dans l'accueil ou le refus de la lumière venue dans le monde. « Qui fait le mal hait la lumière » et la fuit, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; « qui fait la vérité vient à la lumière. » C'est donc un auto-jugement : chacun se situe lui-même selon sa réponse au Christ. On retrouve le grand contraste johannique entre lumière et ténèbres, vie et mort, ouvert dès le Prologue (Jn 1, 4-5).
Renaître d'en haut
L'entretien éclaire le sens du baptême et de la vie nouvelle reçue dans l'Esprit. Nul ne se sauve par ses seules forces — c'est l'ordre de la « chair », toujours impuissant à atteindre Dieu —, mais par une naissance d'en haut qui est pure grâce. Le chrétien est appelé à vivre réellement de son baptême, à le laisser porter du fruit, en se souvenant qu'il porte en lui une vie qui ne vient pas de lui mais de l'Esprit reçu.
Se laisser conduire par l'Esprit
« Le vent souffle où il veut » invite à la docilité. Plutôt que de tout maîtriser et de réduire Dieu à nos prévisions, il s'agit d'accueillir la part d'imprévisible et de liberté de son action. L'Esprit déconcerte souvent nos plans pour mieux nous conduire ; la vie spirituelle consiste à suivre ses motions plus qu'à les devancer. Cette disponibilité, faite de confiance, ouvre l'âme aux chemins inattendus par lesquels Dieu veut la mener.
Contempler le Crucifié élevé
À la suite de Nicodème, il nous est demandé de lever les yeux vers la croix, comme les Israélites vers le serpent d'airain. Là se reçoit la vie : non dans un regard distrait, mais dans une contemplation croyante de Celui qui a été élevé par amour. Le Christ l'a promis : « élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32). Toute prière chrétienne trouve ici son foyer, dans ce face-à-face qui guérit et sauve.
Venir à la lumière
Enfin, l'entretien presse chacun de sortir de sa propre nuit. Accueillir la lumière, c'est consentir à être vu tel qu'on est, sans se dérober ; « faire la vérité », c'est laisser sa vie s'accorder à ce qu'on croit. Nicodème, venu dans l'ombre, reparaîtra au grand jour pour défendre Jésus (Jn 7, 50), puis pour l'ensevelir (Jn 19, 39) : signe d'un cheminement de la prudence vers la pleine foi, où chacun peut se reconnaître.
Cette semaine
- Dimanche 13 24e dimanche du Temps ordinaire Mt 18, 21-35
- Lundi 14 La Croix Glorieuse Jn 3, 13-17
- Mardi 15 Mardi de la 24e semaine du Temps ordinaire Jn 19, 25-27
- Mercredi 16 S. Cyprien, évêque et martyr Jn 12, 24-26
- Jeudi 17 Jeudi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 7, 36-50
- Vendredi 18 Vendredi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 1-3
- Samedi 19 Samedi de la 24e semaine du Temps ordinaire Lc 8, 4-15
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