L'Évangile du jour
Mardi 1er septembre 2026
Mardi de la 22e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu »
Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia.
31Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.32On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité.33Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte :34« Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »35Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal.36Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! »37Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Co 2, 10b-16« L’homme, par ses seules capacités, n’accueille pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu. Celui qui est animé par l’Esprit soumet tout à examen »
- Psaume Ps 144 (145), 8-9, 10-11, 12-13ab, 13cd-14
Comprendre ce passage
Enseignement et guérisons à CapharnaümLuc 4, 31-44
Capharnaüm, ville d'appui
Chassé de Nazareth (4, 16-30), Jésus « descend » à Capharnaüm — le verbe note le dénivelé réel, le bourg étant en contrebas, sur la rive nord du lac de Galilée. Cette modeste cité de pêcheurs, proche d'une route commerciale et d'un poste de péage, deviendra le véritable quartier général de son ministère galiléen, au point que Matthieu la nomme « sa ville » (Mt 9, 1). Là se croisent les foules ; là Jésus enseigne, guérit, appelle ses premiers disciples. Le rejet des siens ouvre ainsi l'accueil d'une terre de passage et de mélange.
La synagogue et le sabbat
C'est « le jour du sabbat » que Jésus enseigne, à la synagogue, selon l'usage hérité de l'exil : l'assemblée s'y réunit pour la lecture de la Loi et des Prophètes, puis pour un commentaire que pouvait donner tout homme jugé compétent. Capharnaüm gardait le souvenir d'un édifice ancien, sous la synagogue de pierre blanche encore visible aujourd'hui. Ce cadre liturgique est essentiel : la première manifestation publique de l'autorité de Jésus ne se fait pas sur une place, mais au cœur même du culte d'Israël, là où la Parole était attendue.
Maladie et possession
Le monde du Ier siècle rapportait volontiers nombre de maux à l'action d'esprits impurs, et la frontière entre maladie et possession y restait floue. Luc, que la tradition tient pour médecin (Col 4, 14), se montre pourtant attentif au concret : il distingue soigneusement l'exorcisme du démoniaque et la guérison de la fièvre, sans tout confondre ni tout ramener au démon. Cette sobriété rejoint la foi de l'Église, qui reconnaît l'existence réelle du Mauvais (CEC 391-395) tout en ne voyant pas en lui la cause de toute souffrance.
Une parole qui fait autorité
« Il les frappait par son enseignement, car sa parole était pleine d'autorité » (exousia). À la différence des scribes, qui appuyaient toujours leur dire sur les maîtres antérieurs, Jésus parle en son nom propre : sa parole ne cite pas, elle commande. Luc place ce trait en tête comme une clef : l'autorité annoncée va aussitôt se vérifier dans les faits, sur les esprits et sur la chair. La Parole créatrice de la Genèse, qui « dit » et la chose advient, agit de nouveau dans la bouche du Fils.
L'exorcisme à la synagogue
Un homme « possédé d'un esprit impur » s'écrie : « Que nous veux-tu ?... Je sais qui tu es : le Saint de Dieu ! » Le démon connaît l'identité de Jésus mais la profère pour mieux résister. Jésus le fait taire — « Tais-toi et sors » — refusant ce témoignage : c'est le secret messianique, car la vérité sur lui ne peut être dite par la bouche du mensonge. L'esprit jette l'homme à terre, mais sort « sans lui faire aucun mal ». La stupeur de l'assemblée scelle la scène : « il commande avec autorité et puissance ».
La belle-mère de Simon
La scène passe chez Simon (Pierre), déjà présent — alors que Luc ne racontera son appel qu'au chapitre suivant (5, 1-11). Sa belle-mère est saisie d'une « forte fièvre », tenue pour dangereuse. Jésus « menace la fièvre » : le verbe (epitimaō) est celui-là même employé contre l'esprit impur, comme si la maladie était traitée en ennemie à repousser. La femme, guérie à l'instant, « se leva et se mit à les servir » : le service (diakonia) jaillit spontanément de qui a été relevé par le Christ.
Le soir les foules, au matin la mission
Au coucher du soleil, le sabbat fini et son repos levé, on lui amène « tous » les malades ; il impose les mains à chacun, geste de proximité et de bénédiction, et guérit, faisant taire les démons. Puis, « dès le jour », il gagne « un lieu désert » — pour prier. Les foules veulent le retenir, mais il répond : « il me faut (dei) annoncer aussi aux autres villes la bonne nouvelle du Royaume de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Ce dei dit la nécessité d'un dessein qui le dépasse et l'oriente toujours plus loin.
La parole qui libère
La parole du Christ a autorité sur le mal : « il commande, et ils sortent ». Devant nos esclavages intérieurs — peurs tenaces, addictions, obsessions, pensées qui tourmentent —, la voie n'est pas de lutter seul, mais de lui présenter ces chaînes et de lui faire confiance. Ce que Jésus a fait à la synagogue, il le poursuit dans son Église par la prière, les sacrements et sa Parole proclamée. Nul mal n'est plus fort que le Saint de Dieu, et nulle servitude trop ancienne pour échapper à sa puissance libératrice.
Guéris pour servir
À peine relevée, la belle-mère sert. L'ordre des verbes est une leçon : on est d'abord guéri, puis l'on donne. Toute grâce reçue appelle ainsi un fruit ; être touché par le Christ ne nous enferme pas sur notre soulagement, mais nous tourne vers les autres. Le service n'est pas le prix de la guérison, il en est le débordement naturel, la santé retrouvée se faisant aussitôt charité. C'est là, discrètement, la figure de toute vie chrétienne : relevés gratuitement, envoyés servir.
Se retirer pour prier
Au plus fort même du succès, quand la ville entière le cherche, Jésus se retire « à l'écart » pour prier. Luc souligne souvent ce trait : aux heures décisives, le Maître se met seul devant le Père (5, 16 ; 6, 12 ; 9, 18). Modèle d'un rythme juste, où l'action ne s'épuise pas en elle-même mais puise sa force dans le silence. Même les bonnes sollicitations, même les attentes pressantes des foules, ne doivent pas étouffer le cœur à cœur avec Dieu, source de toute fécondité.
« Il faut que j'annonce aussi aux autres »
Jésus refuse de se laisser accaparer par une seule ville, si accueillante soit-elle : la bonne nouvelle est destinée à tous. Sa réponse aux foules de Capharnaüm est un avertissement contre la tentation de retenir le Christ pour soi, son groupe ou sa paroisse, comme une possession. L'Évangile est par nature envoyé : il pousse toujours plus loin, vers les villes qui n'ont pas encore entendu. Cette universalité du salut, si chère à Luc, est inscrite dès les premiers pas du ministère.
Cette semaine
- Dimanche 30 22e dimanche du Temps ordinaire Mt 16, 21-27
- Lundi 31 Lundi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 16-30
- Mardi 1 Mardi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 31-37
- Mercredi 2 Mercredi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 38-44
- Jeudi 3 Jeudi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 5, 1-11
- Vendredi 4 Vendredi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 5, 33-39
- Samedi 5 Samedi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 1-5
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