L'Évangile du jour
Lundi 31 août 2026
Lundi de la 22e semaine du Temps ordinaire
Férie Temps ordinaire Année paire Ornements verts
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays »
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi ;
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia.
16Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.17On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :18L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,19annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.20Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.21Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »22Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »23Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” »24Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.25En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;26pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.27Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »28À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.29Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.30Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Co 2, 1-5« Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié »
- Psaume Ps 118 (119), 97-98, 99-100, 101-102
Comprendre ce passage
Dans la synagogue de NazarethLuc 4, 14-30
Le retour en Galilée dans la puissance de l'Esprit
Au sortir du désert et de la tentation, Jésus revient en Galilée « avec la puissance de l'Esprit » et enseigne dans les synagogues, « glorifié par tous ». Luc, qui scande tout son évangile par l'action de l'Esprit Saint, souligne ainsi la continuité entre le baptême, l'épreuve victorieuse et le ministère qui commence. En plaçant à Nazareth, dès l'ouverture, une scène programmatique absente de la chronologie de Marc, l'évangéliste donne à cet épisode la valeur d'un manifeste : tout ce qui suivra, proximité des pauvres, ouverture aux nations et rejet final, s'y trouve déjà annoncé en raccourci.
La synagogue et la liturgie de la Parole
Le sabbat, la communauté juive se réunissait à la synagogue pour une liturgie de la Parole : après la prière, on lisait un passage de la Loi, puis un texte des Prophètes (la haftarah), debout et en hébreu, souvent traduit oralement en araméen pour le peuple. On tend à Jésus le rouleau d'Isaïe ; il le déroule, lit debout par respect pour l'Écriture, puis « s'assied » pour commenter — la posture du maître qui enseigne avec autorité. Tous « avaient les yeux fixés sur lui », attente saisissante que Luc met en relief avant la parole décisive.
Nazareth, sa patrie
Jésus est dans sa ville, ce bourg obscur de Galilée — « de Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? » (Jn 1, 46) — au milieu de ceux qui l'ont vu grandir et travailler de ses mains. La question « N'est-ce pas le fils de Joseph ? » dit toute l'ambiguïté de cette familiarité : on croit le connaître, et l'on s'en autorise pour ne pas l'accueillir. Le voisinage, qui devrait disposer à la foi, devient ici l'obstacle même : nul n'est prophète chez soi, et la trop grande proximité humaine voile la nouveauté de Dieu qui se donne.
Le programme messianique (Isaïe 61)
Jésus lit Isaïe 61, complété d'un verset d'Isaïe 58 : « l'Esprit du Seigneur est sur moi… pour porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer la délivrance aux captifs, le retour de la vue aux aveugles, libérer les opprimés et proclamer une année de grâce du Seigneur ». Cette « année de grâce » évoque le jubilé (Lv 25), où dettes et esclavages étaient remis : Jésus inaugure le grand jubilé du salut. Fait notable, il s'arrête avant « le jour de vengeance de notre Dieu » : son premier mot n'est pas le jugement mais la miséricorde offerte.
« Aujourd'hui s'accomplit cette Écriture »
« Aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Écriture que vous venez d'entendre » : ce mot est une clef de l'évangile de Luc, qui revient au berger de Bethléem, à Zachée et au bon larron (2, 11 ; 19, 9 ; 23, 43). La prophétie ne se réalise pas dans un avenir lointain, mais en sa personne, ici et maintenant : Jésus est l'Oint, le Messie (en grec Christos) que l'onction de l'Esprit consacre. L'Écriture cesse d'être promesse pour devenir présence ; celui qui lit est celui-là même que le texte annonçait.
De l'admiration au rejet
D'abord la foule s'émerveille des « paroles de grâce » qui sortent de sa bouche ; mais l'étonnement glisse vite au soupçon : « n'est-ce pas le fils de Joseph ? » On réclame en sous-main les miracles opérés à Capharnaüm. Jésus devance la demande par deux proverbes : « Médecin, guéris-toi toi-même » et « aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie ». Loin de flatter les siens, il dévoile leur incrédulité : ils veulent un prodige pour s'approprier le prophète, non la conversion du cœur qu'il appelle.
Élie et Élisée envoyés aux païens
Pour justifier ce refus des signes, Jésus convoque deux figures prophétiques : Dieu envoya Élie non aux veuves d'Israël mais à la veuve de Sarepta, en pays de Sidon (1 R 17), et Élisée ne guérit de la lèpre aucun Israélite, mais Naaman le Syrien (2 R 5) — des païens, et non des fils d'Abraham. Cette universalité du salut, chère à Luc, jette la foule dans la fureur : on le pousse hors de la ville pour le précipiter du haut de l'escarpement. Mais « passant au milieu d'eux, il s'en alla » — souveraine liberté qui préfigure déjà le rejet et le mystère de la Passion.
« Aujourd'hui », pour toi
La Parole de Dieu ne raconte pas seulement un passé : elle s'accomplit aujourd'hui, chaque fois qu'elle est proclamée dans la liturgie et accueillie dans la foi. Écouter l'Écriture, c'est entendre le Christ vivant dire à chacun : « aujourd'hui, pour toi, cette parole se réalise ». Le Concile rappelle d'ailleurs que le Christ est présent dans sa Parole proclamée à l'assemblée. Cette actualité nous tire de la nostalgie comme de l'attente vague : le salut n'est ni hier ni demain, mais offert dans l'instant présent.
Une bonne nouvelle pour les pauvres
Le programme que Jésus se donne — les pauvres, les captifs, les aveugles, les opprimés — demeure celui de l'Église en tout temps. L'amour préférentiel des pauvres, et de tous ceux que la vie a blessés, n'est pas une simple option charitable que l'on choisirait : il appartient au cœur même de la mission reçue du Christ. Annoncer l'Évangile, c'est inséparablement consoler, libérer et relever ; une Bonne Nouvelle qui oublierait les petits ne serait plus celle qu'inaugure le Seigneur à Nazareth.
Le prophète rejeté chez les siens
La familiarité peut paradoxalement fermer le cœur : « ce n'est que le fils de Joseph ». On enferme alors Dieu dans l'image que l'on s'est faite de lui, et l'habitude tient lieu de foi. La question vaut pour chacun : le Christ ordinaire et proche — celui des sacrements répétés, de la prière coutumière, du voisin de banc — peut-il encore me surprendre ? Ou l'ai-je relégué parmi les choses connues et sans nouveauté ? La vraie foi garde au Seigneur le pouvoir de déranger nos certitudes.
Dieu déborde nos frontières
Sarepta et Naaman rappellent que Dieu est libre d'aller au-delà de « notre » groupe, de nos appartenances et de nos mérites supposés. Contre toute possessivité religieuse, qui voudrait réserver la grâce à un cercle choisi, l'Évangile invite à se réjouir que le salut soit offert à tous, y compris à ceux du dehors et aux lointains. Telle est la conversion la plus difficile : non de recevoir la grâce, mais d'accepter qu'elle soit donnée aussi, et largement, à d'autres que nous.
Cette semaine
- Dimanche 30 22e dimanche du Temps ordinaire Mt 16, 21-27
- Lundi 31 Lundi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 16-30
- Mardi 1 Mardi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 31-37
- Mercredi 2 Mercredi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 4, 38-44
- Jeudi 3 Jeudi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 5, 1-11
- Vendredi 4 Vendredi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 5, 33-39
- Samedi 5 Samedi de la 22e semaine du Temps ordinaire Lc 6, 1-5
Calendrier et lectures selon l'AELF, ordo de la zone Luxembourg. Zone : RomeFranceCanadaBelgiqueSuisseLuxembourgAfrique