L'Évangile du jour
Jeudi 27 août 2026
Ste Monique, Fête en Afrique du Nord
Fête Temps ordinaire Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
« Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi »
Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.
Alléluia.
11Par la suite, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.12Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme.13Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. »14Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »15Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.16La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »17Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture 1 Jn 5, 14-16« Nous savons qu’il nous écoute en toutes nos demandes »
- Psaume 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8
Comprendre ce passage
La résurrection du fils de la veuve de NaïmLuc 7, 11-17
Naïm et la rencontre de deux foules
Naïm est un modeste bourg de Galilée, sur le versant nord de la colline du « Petit Hermon », à quelques heures de marche au sud de Nazareth, non loin de Sunem où Élisée jadis ressuscita un enfant (2 R 4). À la porte de la ville, deux cortèges se croisent : la foule qui suit Jésus, porteuse de vie, et un convoi funèbre, escorte du deuil. Cette rencontre frontale, au seuil même de la cité, prépare le choc entre la mort qui sort et le Vivant qui entre.
Les usages funéraires juifs
En climat chaud, on enterrait le jour même du décès, hors des murs, dans des tombes creusées au rocher. Le corps, lavé et enveloppé de bandelettes, était porté à découvert sur un brancard (soros) jusqu'au lieu de sépulture. Pleureuses et joueurs de flûte accompagnaient la marche : le deuil, en Israël, était une affaire publique et bruyante, à laquelle tout passant se joignait par devoir de charité. Jésus entre donc dans une scène sociale parfaitement codée.
Une veuve sans fils, sans avenir
Le mort n'est pas n'importe qui : c'est le fils unique (monogenēs) d'une veuve. Privée d'abord de son mari, puis de son seul fils, cette femme perd tout soutien matériel et toute postérité dans une société où la veuve sans enfant comptait parmi les plus vulnérables. La Loi et les prophètes plaçaient justement l'orphelin et la veuve sous la protection particulière de Dieu (Ex 22, 21 ; Dt 24, 17). Luc, attentif aux petits, met cette détresse totale en pleine lumière.
Toucher un mort : la pureté rituelle
Selon la Loi, le contact d'un cadavre ou de son brancard rendait impur pour sept jours (Nb 19, 11-16). Or Jésus « s'approche et touche » le soros, geste qui arrête net le cortège. Là où la mort contaminait d'ordinaire le vivant, c'est l'inverse qui se produit : sa sainteté n'est pas souillée, c'est la vie qui déborde et l'emporte sur la corruption, comme l'eau pure purifie ce qu'elle touche.
« Le Seigneur, saisi de compassion »
Personne ne demande rien : aucune foi n'est ici sollicitée, aucune supplication formulée. C'est « le Seigneur » — Luc emploie ce titre solennel, ho Kyrios, qui dit déjà la divinité — qui, voyant la mère éplorée, est « saisi de compassion » (esplanchnisthē, littéralement « remué jusqu'aux entrailles »). Ce verbe rare, réservé chez les évangélistes aux mouvements les plus profonds du cœur du Christ, révèle une miséricorde toute gratuite, première, qui précède toute prière et tout mérite.
« Jeune homme, lève-toi »
D'un mot souverain, Jésus commande au mort comme à un vivant : « je te le dis, lève-toi » (egerthēti), verbe que les premiers chrétiens emploieront pour la résurrection du Seigneur lui-même. Aussitôt le jeune homme « se redressa et se mit à parler » — preuve d'une vie pleinement rendue. Puis Jésus « le rendit à sa mère » : la formule reprend mot pour mot le geste d'Élie restituant l'enfant à la veuve de Sarepta (1 R 17, 23). Le prophète avait prié et s'était étendu sur l'enfant ; Jésus, lui, ordonne et il suffit.
Plus grand que les prophètes
Élie et Élisée avaient déjà ranimé des morts, mais au prix d'une intercession suppliante et de gestes répétés. Ici, Jésus agit par sa seule parole, de sa propre autorité : il ne demande pas la vie, il la donne. Le récit le situe ainsi non comme un prophète parmi d'autres, mais comme le Maître de la vie, accomplissant et dépassant toute l'attente d'Israël. La résurrection de Naïm annonce déjà, discrètement, celle de Lazare et la sienne propre.
« Dieu a visité son peuple »
La crainte sacrée saisit tous les témoins, qui glorifient Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous », « Dieu a visité son peuple ». Ces paroles font écho au Benedictus de Zacharie (1, 68 : « Dieu a visité et racheté son peuple ») et préparent la réponse de Jésus aux envoyés du Baptiste : « les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres » (7, 22). La visite de Dieu, si longtemps espérée, prend ici un visage de chair et de compassion.
La compassion de Dieu pour les affligés
Avant tout miracle, il y a un regard et un cœur bouleversé par la douleur d'une mère. Dieu n'est pas un spectateur indifférent de nos larmes : son cœur se penche sur les endeuillés, les solitaires, ceux qui ont tout perdu. La tendresse du Christ pour cette veuve révèle le visage même du Père, lent à la colère et riche en miséricorde. Notre prière peut s'appuyer en confiance sur cette compassion qui nous devance.
« Ne pleure pas » : l'espérance plus forte que la mort
Cette parole n'est ni un déni de la souffrance ni une consolation vaine : elle s'appuie sur la victoire du Christ sur la mort, qu'il va manifester à l'instant. Dans le deuil chrétien, les larmes demeurent, mais elles ne sont pas « comme celles qui n'ont pas d'espérance » (cf. 1 Th 4, 13). Le Seigneur est maître de la vie ; en lui, la mort n'a plus le dernier mot, et toute séparation s'ouvre sur la promesse des retrouvailles.
Rendu à sa mère : la restauration des liens
Le Christ ne rend pas seulement un corps à la vie : il « le rendit à sa mère ». Il refait l'unité d'une famille que la mort avait déchirée et restaure les liens d'amour rompus. Tout don de la grâce tend ainsi à réconcilier et à rassembler ce que le péché et la mort dispersent. Là où Dieu passe, les communions brisées peuvent renaître, et les cœurs séparés se retrouver.
Reconnaître et célébrer la visite de Dieu
« Dieu a visité son peuple. » À l'exemple de la foule de Naïm, le disciple apprend à discerner les visites de Dieu dans son existence — un secours inattendu, une grâce reçue, un relèvement après l'épreuve — et à lui en rendre grâce. Trop souvent ces visites passent inaperçues, faute d'un cœur attentif. Cultiver cette vigilance reconnaissante, c'est laisser chaque jour le Seigneur entrer par la porte de notre vie.
Cette semaine
- Dimanche 23 21e dimanche du Temps ordinaire Mt 16, 13-20
- Lundi 24 Saint Barthélémy, apôtre Jn 1, 45-51
- Mardi 25 Mardi de la 21e semaine du Temps ordinaire Mt 23, 23-26
- Mercredi 26 Mercredi de la 21e semaine du Temps ordinaire Mt 23, 27-32
- Jeudi 27 Ste Monique, Fête en Afrique du Nord Lc 7, 11-17
- Vendredi 28 S. Augustin, évêque et docteur de l'Église, Solennité Jn 15, 9-17
- Samedi 29 Samedi de la 21e semaine du Temps ordinaire Mc 6, 17-29
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