L'Évangile du jour

Lundi 10 août 2026

Saint Laurent, diacre et martyr

Fête

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 12, 24-26

« Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera »

Alléluia. Alléluia.
Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
dit le Seigneur,
il aura la lumière de la vie.
Alléluia.

24Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.25Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle.26Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 12 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture 2 Co 9, 6-10« Dieu aime celui qui donne joyeusement »
  • Psaume Ps 111 (112), 1-2, 5-6, 7-8, 4b.9

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Comprendre ce passage

Jésus annonce la venue de son HeureJean 12, 20-36

Contexte historique et social

Les Grecs qui veulent voir Jésus

Montés à Jérusalem pour la Pâque, des Grecs demandent à « voir Jésus ». Non des Juifs de la diaspora, mais des païens prosélytes ou « craignant-Dieu » (phoboumenoi), attirés par le monothéisme d'Israël et admis dans le parvis extérieur du Temple. Leur démarche passe par Philippe et André, les deux apôtres aux noms grecs, originaires de Bethsaïde en Galilée des nations. Cette requête venue du monde gréco-romain annonce déjà que le salut va déborder les frontières d'Israël.

« L'Heure » johannique

Tout au long de l'évangile, Jean a noté que « l'heure n'était pas encore venue » (2, 4 ; 7, 30 ; 8, 20). Voici qu'elle bascule : « L'heure est venue où le Fils de l'homme doit être glorifié ». Dans le quatrième évangile, cette Heure n'est pas un simple instant, mais le moment décisif où Passion, mort, résurrection et exaltation forment un seul mystère de glorification. Le titre « Fils de l'homme », emprunté à Daniel 7, joint l'abaissement de la croix à la souveraineté de celui qui reçoit domination et royauté.

La fête de la Pâque, cadre du don

L'épisode se situe à l'approche de la Pâque, fête qui rassemblait à Jérusalem des foules venues de tout l'Empire. Or la Pâque commémore la libération d'Israël par le sang de l'agneau immolé (Ex 12). Jean place ainsi l'annonce de l'Heure sous le signe pascal : Jésus, désigné dès le début comme l'« Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (1, 29), va accomplir la délivrance définitive. Le décor liturgique éclaire d'avance le sens de la mort qui s'annonce.

Lecture biblique et exégétique

Le grain de blé

Jésus énonce une loi pascale au cœur de la création : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit ». La fécondité naît du don total de soi. Cette parabole vaut d'abord pour lui, semence enfouie qui lèvera en moisson de salut, puis pour le disciple : « Qui aime sa vie la perd ; qui la hait en ce monde la gardera pour la vie éternelle. » Le verbe « haïr » est ici un sémitisme : aimer moins, préférer Dieu à tout.

Le trouble de Jésus et la voix du ciel

« Maintenant mon âme est troublée » : Jean condense ici ce que les synoptiques rapportent à Gethsémani. Jésus n'éprouve pas une crainte qui le ferait reculer ; il assume librement l'épreuve : « Que dirai-je ? Père, sauve-moi de cette heure ? Mais c'est pour cela que je suis venu. » Sa prière s'achève en offrande : « Père, glorifie ton nom ». Aussitôt, une voix du ciel répond : « Je l'ai glorifié et je le glorifierai encore », comme jadis au baptême et à la Transfiguration le Père authentifiait son Fils.

« Élevé de terre, j'attirerai tous à moi »

Jésus annonce un double renversement : « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi. » Le verbe grec hypsoō, « élever », joue sur un double sens : être hissé sur le bois et être exalté dans la gloire. La croix devient ainsi le trône d'où le Christ, vainqueur de Satan, exerce son attraction universelle. L'évangéliste le précise : il signifiait « de quelle mort il allait mourir ».

« Marchez tant que vous avez la lumière »

La foule objecte que, selon la Loi, le Messie doit demeurer pour toujours : comment le Fils de l'homme peut-il être « élevé » ? Jésus ne discute pas, mais exhorte : « Encore un peu de temps la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, pour que les ténèbres ne vous saisissent pas. » Reprenant le thème johannique de la lumière (1, 4-9 ; 8, 12), il presse à croire « pour devenir fils de lumière ». Puis « il se cacha », geste qui scelle le terme de son ministère public.

Pour la vie spirituelle et pratique

Mourir pour porter du fruit

La loi du grain de blé vaut pour toute vie chrétienne : aucune fécondité véritable sans don de soi. Se replier sur soi, vouloir se garder intact, c'est « rester seul » et stérile ; accepter de mourir à son égoïsme, c'est lever en moisson. Le martyre, la vie consacrée, le sacrifice quotidien des époux et des parents témoignent de cette fécondité paradoxale : on ne possède vraiment sa vie qu'en la donnant.

Suivre et servir

« Si quelqu'un me sert, qu'il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. » Servir le Christ ne se réduit pas à une dévotion : c'est le suivre sur le chemin de la croix, jusqu'au don de sa vie s'il le faut. La promesse est immense : « Le Père l'honorera ». Le disciple n'est pas appelé à un destin différent de celui de son Maître ; sa gloire est de partager sa Passion pour partager sa résurrection, et d'être enfin là où le Christ demeure auprès du Père.

Le Crucifié qui attire

« Élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi » : la croix n'est pas seulement un supplice, elle est un aimant. Le Crucifié glorifié exerce sur les cœurs une attraction silencieuse, qui ne contraint pas mais séduit. Contempler le Christ en croix, l'adorer, c'est se laisser tirer hors de soi vers lui. Toute évangélisation puise là sa force : ce n'est pas d'abord l'habileté des hommes, mais le Crucifié lui-même qui rassemble en un seul Corps les enfants de Dieu dispersés.

Marcher dans la lumière

« Marchez tant que vous avez la lumière » : l'avertissement vaut pour chacun. Le temps de la grâce est offert, mais il n'est pas indéfini ; remettre sans cesse sa conversion, c'est risquer de laisser les ténèbres nous surprendre. Croire en la lumière qu'est le Christ, c'est en vivre aujourd'hui, marcher selon l'Évangile, devenir soi-même « fils de lumière ». La foi n'est pas une adhésion lointaine, mais une manière de cheminer ici et maintenant, sans différer le pas que Dieu attend.

Cette semaine

  1. Dimanche 9 19e dimanche du Temps ordinaire Mt 14, 22-33
  2. Lundi 10 Saint Laurent, diacre et martyr Jn 12, 24-26
  3. Mardi 11 Mardi de la 19e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 1-5.10.12-14
  4. Mercredi 12 Mercredi de la 19e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 15-20
  5. Jeudi 13 Jeudi de la 19e semaine du Temps ordinaire Mt 18, 21 – 19, 1
  6. Vendredi 14 Vendredi de la 19e semaine du Temps ordinaire Mt 19, 3-12
  7. Samedi 15 Assomption de la Vierge Marie Lc 1, 39-56

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