L'Évangile du jour
Jeudi 6 août 2026
Transfiguration du Seigneur
Fête
Fête Temps ordinaire Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu
« Son visage devint brillant comme le soleil »
Alléluia. Alléluia.
Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le !
Alléluia.
1Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne.2Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière.3Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.4Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »5Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »6Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte.7Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »8Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.9En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Dn 7, 9-10.13-14« Son habit était blanc comme la neige »
- Deuxième lecture 2 P 1, 16-19« Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue »
- Psaume Ps 96, 1-2, 4-5, 6.9
Comprendre ce passage
La TransfigurationMatthieu 17, 1-9
1. Le « cercle des trois » et la montagne
Jésus n'emmène que trois disciples — Pierre, Jacques et Jean. Un maître pouvait avoir un cercle plus intime ; ces trois-là forment, dans les évangiles, le groupe restreint admis aux moments décisifs (le réveil de la fille de Jaïre, ici la Transfiguration, et l'agonie de Gethsémani). Gravir « une haute montagne, à l'écart » avait par ailleurs, pour un Juif, une résonance immédiate : la montagne est le lieu par excellence de la rencontre avec Dieu et des théophanies — le Sinaï de Moïse, l'Horeb d'Élie. (La tradition situe la scène au mont Thabor, en Galilée ; certains proposent l'Hermon.)
2. La fête des Tentes et les « trois tentes » de Pierre
La proposition de Pierre — « dressons trois tentes » — ne se comprend que par une coutume précise : la fête des Tentes (Soukkot), l'une des trois grandes fêtes de pèlerinage juives. Une semaine durant, on construisait et l'on habitait des huttes de branchages (souccot), en mémoire du séjour d'Israël sous la tente au désert. Cette fête avait pris une forte coloration messianique : on y espérait le « monde à venir ». En voyant la gloire, Pierre veut spontanément « faire les Tentes » sur place — comme si les temps messianiques étaient arrivés et qu'il fallût s'y installer.
3. Vêtements blancs, visage rayonnant, nuée
Le blanc éclatant des vêtements et le visage rayonnant appartiennent au langage des manifestations célestes de la tradition juive : on décrivait ainsi la gloire de Dieu et les êtres du ciel (le visage de Moïse rayonnant en descendant du Sinaï, Ex 34, 29 ; le vêtement « blanc comme la neige » de Dn 7, 9). La nuée lumineuse est, dans tout l'Ancien Testament, le signe sensible de la Présence divine (la Shekinah) qui guidait Israël au désert et remplissait la Tente de la Rencontre, puis le Temple (Ex 40 ; 1 R 8).
4. Pourquoi Moïse et Élie ?
Leur apparition n'a rien d'anodin pour des auditeurs juifs : ni l'un ni l'autre n'eurent une mort ordinaire. Moïse reçut une sépulture mystérieuse dont « nul n'a connu le lieu » (Dt 34, 6), et Élie fut enlevé au ciel sur un char de feu (2 R 2). Tous deux étaient attendus pour les derniers temps — le prophète « semblable à Moïse » (Dt 18, 15) et le retour d'Élie avant le Jour du Seigneur (Ml 3, 23). Ils incarnent en outre les deux grands ensembles de l'Écriture : la Loi (Moïse) et les Prophètes (Élie).
1. Un avant-goût de la gloire, pour fortifier avant la Passion
La Transfiguration dévoile un instant la gloire — la divinité — du Christ, voilée d'ordinaire sous son humanité. Sa place est capitale : venant après la première annonce de la Passion, elle est donnée pour fortifier les trois témoins privilégiés (qui seront aussi ceux de l'agonie à Gethsémani) : un éclair de Pâques pour tenir au Vendredi saint.
2. La Loi et les Prophètes rendent témoignage
Moïse et Élie s'entretenant avec Jésus signifient que toute l'Écriture — la Loi et les Prophètes — rend témoignage au Christ et trouve en lui son accomplissement. Et qu'ils parlent de son « exode » (sa Passion) montre que les Écritures conduisent à la Croix.
3. « Écoutez-le » : Jésus, Parole définitive
La voix du Père tisse le Psaume 2, 7 et Isaïe 42, 1 (« mon Fils bien-aimé »), et y ajoute l'ordre du Deutéronome (18, 15, le prophète « comme Moïse » qu'il faudra écouter) : « Écoutez-le. » Moïse et Élie disparaissent ; il ne reste que Jésus seul : le Fils est désormais l'unique Maître à écouter, qui accomplit et dépasse la Loi et les Prophètes.
4. La lumière incréée et l'espérance de notre transfiguration
La tradition orientale, avec saint Grégoire Palamas, a vu dans la lumière du Thabor la clarté incréée de la divinité, rayonnant à travers l'humanité du Christ. Et la Transfiguration est gage d'espérance : le chrétien est appelé à être un jour « configuré à son corps de gloire » (Ph 3, 21), « nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est » (1 Jn 3, 2).
Des heures de lumière pour les vallées d'épreuve
Dieu donne parfois des heures de lumière — au sommet de la montagne, dans la prière, un temps de consolation — pour soutenir la foi dans les vallées d'épreuve qui suivront. Les trois témoins du Thabor seront ceux de Gethsémani : la gloire entrevue les aidera (ou aurait dû les aider) à tenir. Garder la mémoire des grâces reçues pour les jours sombres.
Ne pas s'installer sur la montagne
« Dressons trois tentes » : on ne demeure pas au sommet ; il faut redescendre vers la plaine, vers les malades (le récit suivant) et vers la Croix. Les consolations spirituelles ne sont pas une fin : elles fortifient pour la mission et l'épreuve.
« Écoutez-le »
L'essentiel tient dans l'ordre du Père : « écoutez-le ». Toute la vie spirituelle est là — se mettre à l'écoute du Fils, lui donner le dernier mot sur nos vies. Et la prière (Luc note que Jésus fut transfiguré « en priant ») est la montagne où, peu à peu, nous sommes nous-mêmes transformés à son image.
Cette semaine
- Dimanche 2 18e dimanche du Temps ordinaire Mt 14, 13-21
- Lundi 3 Lundi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 14, 22-36
- Mardi 4 Mardi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 15, 1-2.10-14
- Mercredi 5 Mercredi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 15, 21-28
- Jeudi 6 Transfiguration du Seigneur Mt 17, 1-9
- Vendredi 7 Vendredi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 16, 24-28
- Samedi 8 Samedi de la 18e semaine du Temps ordinaire Mt 17, 14-20
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