L'Évangile du jour
Dimanche 24 mai 2026
Pentecôte
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MESSE DU JOUR
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint »
Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.
19Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »20Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.21Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »22Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.23À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Ac 2, 1-11« Tous furent remplis de l’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues »
- Psaume Ps 103 (104), 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34
- Deuxième lecture 1 Co 12, 3b-7.12-13« C’est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps »
Les autres évangiles de ce jour
- MESSE DE LA VEILLE AU SOIR Jean 7, 37-39
Comprendre ce passage
Les apparitions aux disciples ; le don de l'Esprit et ThomasJean 20, 19-29
Le soir de Pâques, portes verrouillées
La scène se déroule « le soir de ce premier jour de la semaine », celui-là même où le tombeau fut trouvé vide. Les disciples se tiennent enfermés « par peur des Juifs », c'est-à-dire des autorités qui ont fait condamner Jésus et pourraient s'en prendre à ses proches. Les portes closes disent leur désarroi et leur enfermement intérieur autant que la précaution matérielle. C'est dans ce huis clos de la crainte que le Ressuscité fait irruption, sans forcer ni la serrure ni le cœur, mais en se rendant simplement présent au milieu d'eux.
Le « shalom » et le corps glorieux
Jésus « vient » et « se tient au milieu » d'eux, alors que les portes restent verrouillées : son corps glorieux, vrai et palpable, échappe pourtant aux contraintes ordinaires de l'espace. Sa première parole est une salutation toute hébraïque, le shalom — « la paix soit avec vous » —, mais chargée ici de tout le poids de la Pâque : non un simple souhait de bienvenue, mais le don de la réconciliation acquise par sa mort. Saint Jean note qu'il la répète, comme pour en sceller la plénitude au cœur des Apôtres bouleversés.
Thomas, huit jours après
L'un des Douze, Thomas appelé Didyme (« le Jumeau »), était absent lors de cette première venue. Au témoignage des autres — « Nous avons vu le Seigneur » — il oppose une exigence brutale : voir la marque des clous et y mettre la main. Or « huit jours après », c'est-à-dire le dimanche suivant, Jésus revient dans les mêmes conditions. Ce rythme hebdomadaire désigne déjà le jour du Seigneur, le dies dominica, où la communauté se rassemble et où le Ressuscité se rend présent à ses fidèles réunis.
La paix, la joie et l'envoi
En montrant « ses mains et son côté », Jésus prouve l'identité du Crucifié et du Vivant : ce sont bien ses plaies glorifiées qui authentifient la Résurrection. Alors « les disciples furent remplis de joie », accomplissant la promesse de l'adieu : « votre tristesse se changera en joie » (Jn 16, 20). Vient ensuite l'envoi : « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie ». La mission apostolique s'enracine dans la mission même du Fils et la prolonge, faisant de l'Église le prolongement visible de l'envoi éternel reçu du Père.
Le don de l'Esprit et le pardon des péchés
« Il souffla sur eux » : le geste évoque délibérément la Genèse, où Dieu insuffle l'haleine de vie à l'homme (Gn 2, 7), inaugurant ici une nouvelle création. La parole suit le souffle : « Recevez l'Esprit Saint ; à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis ». La tradition catholique y reconnaît, avec le concile de Trente, le fondement johannique du sacrement de réconciliation : le Ressuscité confie aux Apôtres et à leurs successeurs le pouvoir réel de pardonner ou de retenir, au nom de Dieu, les péchés des hommes.
Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu »
Loin de réprimander durement l'absent, Jésus condescend à son exigence : « Avance ton doigt… cesse d'être incrédule, sois croyant ». Saisi, Thomas n'a même plus besoin de toucher : il confesse, « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Cette acclamation est le sommet christologique du quatrième évangile, l'aveu explicite de la divinité du Christ. Elle forme une inclusion avec le Prologue — « le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1) — : ce que l'évangéliste affirmait au seuil, le disciple le proclame désormais à genoux devant le Ressuscité.
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu »
La réponse de Jésus dépasse la personne de Thomas pour atteindre tous les lecteurs : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Cette ultime béatitude de l'évangile s'adresse aux croyants de tous les temps, qui n'auront pour appui que le témoignage apostolique. Elle prépare la conclusion du livre : ces signes « ont été écrits pour que vous croyiez » (Jn 20, 31). Notre foi, ainsi, est déclarée bienheureuse précisément parce qu'elle s'appuie sur la parole reçue plutôt que sur l'évidence sensible.
Accueillir la paix du Ressuscité
Le Christ vient « portes closes » : aucune barrière, aucune peur, aucun enfermement du cœur ne lui résiste. À l'angoisse des disciples il oppose non un reproche, mais un don : « la paix soit avec vous ». Telle est la paix pascale, fruit de la Croix, qui apaise nos craintes et restaure la confiance. L'accueillir, c'est laisser le Ressuscité franchir les verrous que nous opposons à sa grâce, et reconnaître que sa présence précède toujours notre courage.
Recourir au sacrement de réconciliation
Le pouvoir de remettre les péchés n'est pas resté lettre morte : il se prolonge dans le sacrement de réconciliation, où le Christ ressuscité continue de pardonner par le ministère de l'Église. Chaque absolution est comme un écho de ce soir de Pâques. Rendre grâce pour ce don et y recourir avec confiance, c'est accueillir concrètement la paix offerte aux Apôtres, et faire l'expérience que la miséricorde de Dieu rejoint le pécheur jusque dans son enfermement.
« Mon Seigneur et mon Dieu »
La confession de Thomas est devenue la prière de toute l'Église. La tradition l'a notamment placée sur les lèvres des fidèles à l'élévation eucharistique, lorsque l'hostie est offerte à l'adoration : le même Seigneur, vivant et présent, se donne à reconnaître. Faire sienne cette parole, c'est passer du doute à l'adoration, et adorer dans le Christ le Dieu fait homme. Nos plaies et nos hésitations peuvent alors, comme celles de l'Apôtre, devenir le lieu même d'une foi plus ferme.
Croire sur le témoignage
Nous appartenons à ceux que Jésus déclare heureux : croire « sans avoir vu ». Notre foi repose sur le témoignage des Apôtres, transmis par l'Église et consigné dans l'Écriture. À l'exemple inversé de Thomas, il s'agit de ne pas réclamer de preuves sensibles avant de se rendre, mais de demander humblement une foi qui s'appuie sur la parole reçue. Cette confiance, loin d'être un moindre savoir, est saluée par le Seigneur comme une véritable béatitude.
Cette semaine
- Dimanche 24 Pentecôte Jn 20, 19-23
- Lundi 25 Bienheureuse Vierge Marie, Mre de l'Église Jn 19, 25-34
- Mardi 26 Mardi de la 8e semaine du Temps ordinaire Mc 10, 28-31
- Mercredi 27 Mercredi de la 8e semaine du Temps ordinaire Mc 10, 32-45
- Jeudi 28 Jeudi de la 8e semaine du Temps ordinaire Mc 10, 46b-52
- Vendredi 29 Vendredi de la 8e semaine du Temps ordinaire Mc 11, 11-25
- Samedi 30 Samedi de la 8e semaine du Temps ordinaire Mc 11, 27-33
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