L'Évangile du jour

Lundi 18 mai 2026

Lundi de la 7e semaine du Temps pascal

S. Jean Ier, pape et martyr · Mémoire facultative

Mémoire Temps pascal Année A Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 16, 29-33

« Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde »

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia.

29Ses disciples lui disent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images.30Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »31Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez !32Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi.33Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 16 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ac 19, 1-8« Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit Saint ? »
  • Psaume 67 (68), 2-3, 4-5, 6-7ab

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Comprendre ce passage

L'annonce d'un prompt retourJean 16, 16-33

Contexte historique et social

La dernière veille du discours d'adieu

Ces paroles closent le long discours après la Cène (Jn 13–17), prononcé au Cénacle dans la nuit du jeudi saint, quelques heures avant l'arrestation au jardin. Le genre est celui des adieux d'un patriarche aux siens, à la manière de Jacob (Gn 49) ou de Moïse (Dt 32-33) : un maître, à l'heure de partir, lègue à ses disciples son testament spirituel. L'atmosphère est grave et intime ; Jésus prépare les Onze à l'heure imminente où il leur sera arraché, et au-delà de la nuit, à la lumière de Pâques.

« Encore un peu… » : l'énigme du peu de temps

L'énigme déconcerte les disciples, qui se répètent entre eux : « que veut-il dire ? ». Le grec mikron (« un petit moment ») revient avec insistance et scande tout le passage. Ce « peu de temps » désigne l'entre-deux de la mort — où on ne le voit plus — et de la résurrection — où on le revoit le matin de Pâques. Dans la perspective johannique, ce court intervalle s'ouvre aussi sur l'attente plus longue de l'Église, tendue vers la rencontre définitive où l'on verra Dieu face à face.

L'image de l'enfantement

Pour éclairer l'épreuve, Jésus recourt à une comparaison familière au monde antique et à la Bible : la femme qui enfante. Dans la douleur des contractions, « son heure est venue » ; mais la souffrance s'efface aussitôt « dans la joie qu'un homme soit né au monde ». Les prophètes employaient déjà ce langage pour dire les douleurs précédant le salut (Is 26, 17 ; 66, 7-14). Image transparente de la Passion : l'angoisse du Vendredi saint débouche sur la joie pascale, comme l'enfantement sur la vie nouvelle.

Lecture biblique et exégétique

La tristesse changée en joie

« Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie » : Jésus ne promet pas d'épargner la souffrance, mais de la retourner en son contraire. « Je vous reverrai, votre cœur se réjouira, et votre joie, nul ne vous l'enlèvera » : il s'agit d'une joie pascale, fondée non sur des circonstances changeantes mais sur la présence retrouvée du Ressuscité. Aussi est-elle durable et indestructible, à la mesure de la vie nouvelle qui ne connaît plus la mort — un don que ni l'épreuve ni les persécuteurs ne sauraient ravir.

Demander au nom de Jésus

« En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions » : la Pâque inaugure une économie nouvelle de la prière. « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera ; demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite. » Prier « au nom » du Fils n'est pas une formule magique mais l'accès filial ouvert par sa médiation : c'est s'unir à sa volonté et au mouvement même qui le porte vers le Père. La prière chrétienne passe désormais par le Fils, et trouve là sa plénitude de joie.

« Je suis sorti du Père… je quitte le monde »

Jésus parle enfin « ouvertement », sans paraboles : « je suis sorti du Père et venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père ». Ce double mouvement — descente et retour — résume tout le mystère du Verbe incarné, déjà chanté au Prologue (Jn 1). Les disciples croient enfin reconnaître son origine divine ; mais Jésus tempère leur élan : « voici venir l'heure où vous allez être dispersés chacun de son côté, et me laisser seul ». Annonce voilée de Gethsémani et de la fuite des Onze.

« J'ai vaincu le monde »

La conclusion solennelle du discours d'adieu rassemble tout : « je vous ai dit cela pour qu'en moi vous ayez la paix ; dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage (tharseite) : j'ai vaincu le monde ». Chez Jean, le « monde » désigne l'humanité fermée à Dieu et hostile au Christ. La victoire annoncée est paradoxalement remportée par la Croix, et son verbe est déjà au passé : elle est acquise d'avance. « Moi, je ne suis pas seul, le Père est avec moi » : la solitude du Christ demeure habitée par la communion trinitaire.

Pour la vie spirituelle et pratique

La joie que nul n'enlève

Le chrétien est invité à espérer la joie pascale par-delà l'épreuve, en comprenant la souffrance comme un enfantement : non une fin, mais le passage douloureux vers une vie nouvelle. Tenir dans la peine, sans s'y laisser engloutir, c'est croire que la tristesse présente porte déjà en germe la joie à venir. Cette joie ne dépend pas des consolations sensibles, toujours fragiles ; elle s'enracine dans le Ressuscité, et c'est pourquoi nul ne peut nous l'arracher, même au cœur des plus dures traversées.

Prier au nom de Jésus

À la suite de cette promesse, le disciple est appelé à prier le Père « au nom » du Fils, avec une audace toute filiale. « Demandez et vous recevrez » : non que Dieu doive plier à nos désirs, mais que la prière unie au Christ entre dans le dessein du Père et y trouve son exaucement véritable. Demander au nom de Jésus, c'est désirer ce qu'il désire, accueillir ce qu'il donne. Ainsi la prière devient source d'une joie parfaite, qui déborde la simple satisfaction de nos requêtes.

La paix dans l'épreuve

« En moi, la paix ; dans le monde, la tribulation » : Jésus ne situe pas la paix dans l'absence d'épreuves, mais en lui-même, au cœur même de la tempête. Chercher cette paix ailleurs — dans une vie sans contradiction, sans persécution, sans croix — serait se condamner au trouble. Le croyant la puise dans l'union au Christ, qui demeure ferme quand tout vacille. À ses disciples affolés par l'approche de la Passion, le Seigneur ne dit pas « tout ira bien », mais : courage, je suis avec vous.

« J'ai vaincu le monde »

Enfin, le disciple est appelé à vivre dans l'assurance de la victoire déjà remportée par le Christ. Les épreuves, les échecs, les persécutions ne sont pas le dernier mot : le combat décisif a été livré et gagné à la Croix et au matin de Pâques. Puiser son courage non dans ses propres forces, toujours défaillantes, mais dans cette victoire pascale : telle est l'attitude du chrétien dans le monde. Il n'a pas à vaincre seul, mais à entrer, par la foi, dans le triomphe de son Seigneur.

Cette semaine

  1. Dimanche 17 7e dimanche de Pâques Jn 17, 1b-11a
  2. Lundi 18 Lundi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 16, 29-33
  3. Mardi 19 Mardi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 17, 1-11a
  4. Mercredi 20 Mercredi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 17, 11b-19
  5. Jeudi 21 Jeudi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 17, 20-26
  6. Vendredi 22 Vendredi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 21, 15-19
  7. Samedi 23 Samedi de la 7e semaine du Temps pascal Jn 21, 20-25

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