L'Évangile du jour
Mardi 12 mai 2026
Mardi de la 6e semaine du Temps pascal
S. Nérée et S. Achille, martyrs ; S. Pancrace, martyr · Mémoire facultative
Mémoire Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous »
Alléluia. Alléluia.
Je vous enverrai l’Esprit de vérité, dit le Seigneur ;
il vous conduira dans la vérité tout entière.
Alléluia.
5Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?”6Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur.7Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai.8Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement.9En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi.10En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus.11En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 16, 22-34« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison »
- Psaume 137 (138), 1-2a, 2bc- 3, 7c- 8
Comprendre ce passage
La venue du DéfenseurJean 16, 5-15
Le grand discours d'adieu
Ces versets appartiennent au long discours après la Cène (Jn 13–17), confidence ultime de Jésus aux siens avant la Passion, dans la chambre haute de Jérusalem. La forme rejoint celle des testaments bibliques, où un patriarche mourant — Jacob, Moïse — lègue ses dernières paroles et annonce l'avenir. L'heure est grave : Jésus s'adresse à un cercle restreint, des Galiléens montés pour la Pâque, bouleversés par l'imminence du départ de leur Maître.
Une tristesse qui ferme le cœur
Les disciples sont si accablés que nul ne demande plus « Où vas-tu ? » ; la tristesse « a rempli leur cœur » et les empêche d'entendre la promesse. Cette détresse se comprend : perdre celui en qui l'on a tout misé, alors que les autorités se font menaçantes, c'est se voir livré sans appui à un monde hostile. Jésus ne reproche pas cette peine, mais veut la dépasser en révélant le sens caché de son départ, qui n'est pas un abandon mais une promesse.
Le Paraclet, « avocat-défenseur »
Le terme grec Paraklētos désigne littéralement celui qu'on appelle auprès de soi : dans le langage judiciaire de l'époque, l'avocat qui assiste l'accusé, le défenseur, mais aussi le consolateur qui réconforte. Ce vocabulaire juridique structure tout le passage : Jésus annonce un véritable procès opposant le monde au Christ. La Vulgate transcrit Paracletus ; la tradition y a vu tantôt « Consolateur », tantôt « Défenseur », deux facettes d'un même office de l'Esprit Saint.
« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille »
Jésus pose un paradoxe saisissant : « c'est votre avantage que je parte ». Tant qu'il demeure visiblement présent, l'Esprit promis ne peut être pleinement donné ; il faut que s'accomplisse la glorification — Passion, Résurrection, Ascension — pour que jaillisse le don d'en haut. La présence charnelle du Christ, limitée à un lieu, fait place à une présence universelle et intérieure, par l'Esprit répandu sur toute chair. Le départ est donc la condition d'une intimité plus profonde, non sa rupture.
L'Esprit confond le monde
L'Esprit « établira le monde en faute » : le verbe elenchō signifie « confondre, convaincre, démontrer le tort ». Le procès porte sur trois chefs. Le péché, d'abord : « ils ne croient pas en moi » — l'incrédulité est la racine de tout refus. La justice ensuite : « je vais au Père » — la Résurrection prononce l'acquittement du Juste condamné. Le jugement enfin : « le prince de ce monde est jugé ». Par la Croix, l'accusé devient juge : ce n'est plus Jésus, mais le monde lui-même qui passe en jugement.
« Il vous conduira dans la vérité tout entière »
L'Esprit de vérité « vous guidera vers la vérité tout entière ». Il n'apporte pas une révélation nouvelle qui s'ajouterait au Christ, mais introduit toujours plus avant dans le mystère déjà donné. Il ne parle pas « de lui-même » : il redit ce qu'il entend du Père et du Fils, et « annonce les choses à venir ». L'Église y reconnaît le fondement du développement homogène de la doctrine : sous la conduite de l'Esprit, la Tradition vivante déploie sans le trahir le dépôt reçu (cf. Dei Verbum 8).
« Il me glorifiera »
L'œuvre de l'Esprit n'est pas autocentrée : « il prendra de ce qui est à moi et vous l'annoncera. » Loin de détourner du Christ, l'Esprit conduit à lui et le glorifie. Jésus précise aussitôt l'unité divine : « tout ce qu'a le Père est à moi », d'où l'Esprit puise. On entrevoit ici la communion trinitaire dans l'unique mission du salut : le Père est source, le Fils révèle, l'Esprit intériorise et fait resplendir le Fils dans les cœurs.
Accueillir l'Esprit de vérité
L'Esprit conduit « vers la vérité tout entière » : il revient au croyant de cultiver la docilité à ses motions. C'est lui qui éclaire l'Écriture de l'intérieur, qui guide l'Église et fait mûrir l'intelligence de la foi. Demander ses lumières dans la prière, lire la Parole en l'invoquant, se laisser enseigner par l'Église : autant de manières de coopérer à ce travail patient par lequel la vérité du Christ devient peu à peu notre vie, et non un simple savoir.
Le départ qui est un don
Le paradoxe du « il vaut mieux que je m'en aille » éclaire nos propres absences : Dieu se voile parfois pour donner davantage. La disparition d'une consolation sensible, l'épreuve de la sécheresse ou du deuil peuvent ouvrir à une présence plus pure et plus libre, où la foi s'affermit sans appuis. Comme les disciples, nous sommes invités à ne pas mesurer la fidélité de Dieu à nos émotions, mais à lui faire confiance au-delà du sensible.
L'Esprit qui glorifie le Christ
Puisque l'Esprit « prend de ce qui est au Christ » et le glorifie, il offre un critère sûr de discernement : le véritable esprit conduit toujours au Christ, jamais à soi-même ni à des expériences qui flattent. Ce qui exalte le moi, divise ou éloigne de l'Évangile ne vient pas de lui. Discerner les esprits, c'est éprouver leur référence au Christ et leur accord avec la foi de l'Église : tout don authentique ramène, humblement, au Seigneur Jésus.
Le monde jugé par la vérité
Le « procès » mené par l'Esprit délivre les croyants de la peur. Si le monde accuse et condamne, l'Esprit, lui, défend les disciples et confond le mal déjà vaincu à la Croix. Le chrétien n'a donc pas à trembler devant l'hostilité : il peut témoigner avec assurance, sachant que la vérité finit toujours par s'imposer. Cette certitude paisible, fruit de l'Esprit, est la force des martyrs et de tout fidèle pressé de rendre raison de son espérance.
Cette semaine
- Dimanche 10 6e dimanche de Pâques Jn 14, 15-21
- Lundi 11 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
- Mardi 12 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
- Mercredi 13 Mercredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 12-15
- Jeudi 14 Ascension du Seigneur Mt 28, 16-20
- Vendredi 15 Vendredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 20-23a
- Samedi 16 Samedi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 23b-28
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