L'Évangile du jour
Lundi 11 mai 2026
Lundi de la 6e semaine du Temps pascal
Férie Temps pascal Année A Ornements blancs
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« L’Esprit de vérité rendra témoignage en ma faveur »
Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité,
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia.
26Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.27Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.1Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés.2On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu.3Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi.4Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. Je ne vous l’ai pas dit dès le commencement, parce que j’étais avec vous.
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Lecture Ac 16, 11-15« Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul »
- Psaume 149, 1-2, 3-4, 5-6a.9b
Comprendre ce passage
Les disciples et le mondeJean 15, 18-27
Le « monde » johannique
Dans le quatrième évangile, le kosmos a un sens mobile. Il désigne d'abord la création sortie bonne des mains de Dieu, ce monde que le Père « a tant aimé » qu'il a donné son Fils (Jn 3, 16). Mais le plus souvent, dans ces discours d'adieu, le mot prend une valeur plus sombre : le monde en tant qu'il se ferme à la lumière, s'organise dans le refus et préfère les ténèbres (Jn 3, 19). Ainsi entendu, le monde n'est pas un lieu mais une attitude, celle de l'homme qui veut se passer de Dieu.
Le discours d'adieu et l'heure de la Passion
Ces paroles appartiennent au long discours après la Cène (Jn 13–17), au seuil de la Passion. Jésus, qui va « passer de ce monde au Père » (13, 1), prépare les siens à l'absence et à l'épreuve. Le ton n'est plus celui de l'enseignement public mais de la confidence intime, presque testamentaire. Après l'allégorie de la vigne et le commandement de l'amour mutuel, il déplace le regard du dedans vers le dehors : la communauté unie au Christ va affronter l'hostilité d'un monde qui ne l'a pas reconnu.
La persécution des premières communautés
L'arrière-plan vécu est celui des communautés johanniques confrontées au rejet. Les chrétiens d'origine juive ont connu l'exclusion de la synagogue (cf. 9, 22 ; 16, 2), rupture déchirante avec leurs frères et leur histoire ; d'autres ont éprouvé l'hostilité du monde gréco-romain. Les paroles de Jésus prennent alors la force d'une consolation prophétique : ce que vivent les disciples, il l'avait annoncé ; leur souffrance n'est pas un accident, mais le partage anticipé de son propre sort.
« Si le monde vous hait »
« Il m'a haï avant vous » : la haine subie par les disciples n'a rien d'original, elle remonte au Christ lui-même. Jésus en donne la raison : « si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais je vous ai choisis hors du monde : voilà pourquoi il vous hait » (15, 19). L'élection divine arrache au monde et constitue une appartenance nouvelle. Le verbe grec miseō (haïr) dit ici moins un sentiment qu'une opposition radicale entre deux logiques de vie inconciliables.
« Le serviteur n'est pas plus grand que son maître »
Jésus reprend une maxime déjà donnée au lavement des pieds (13, 16), mais pour en tirer une tout autre leçon. Le disciple ne saurait prétendre à un sort meilleur que celui de son Maître : « s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont la vôtre » (15, 20). La persécution devient ainsi un signe de ressemblance, presque une dignité ; le sort du serviteur épouse celui du Seigneur, dans le rejet comme, on l'espère, dans l'accueil.
Une haine sans excuse
Tout cela leur arrive « à cause de mon Nom » (15, 21) : c'est le Christ lui-même qui est en jeu. La gravité du refus tient à ce qu'il est éclairé : ayant vu les œuvres et entendu la parole, les adversaires sont « sans excuse » et leur incrédulité devient péché (15, 22-24). Jésus y voit l'accomplissement d'une parole de l'Écriture : « ils m'ont haï sans raison » (Ps 35, 19 ; 69, 5). Bien plus, cette haine atteint le Père : « qui me hait, hait aussi mon Père », tant le Fils et le Père ne font qu'un.
Le double témoignage : l'Esprit et les disciples
Au cœur de l'hostilité surgit la promesse. « Quand viendra le Défenseur — l'Esprit de vérité qui procède du Père —, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage » (15, 26-27). Le terme Paraklētos évoque l'avocat qui assiste l'accusé : devant le tribunal du monde, l'Esprit plaide la cause du Christ. Ce témoignage est conjoint : l'Esprit agit du dedans, les disciples au-dehors, « parce qu'ils sont avec lui depuis le commencement ». L'Église ne témoigne jamais seule.
Ne pas s'étonner de l'hostilité
La persécution et le rejet font partie de la condition normale du disciple : Jésus le dit clairement pour que nul ne soit pris au dépourvu. S'en étonner ou s'en scandaliser serait oublier que le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Loin d'être un échec, l'épreuve peut devenir une béatitude : « heureux les persécutés à cause de la justice » (Mt 5, 10). L'hostilité du monde, bien reçue, confirme l'appartenance au Christ plutôt qu'elle ne l'infirme.
Être « choisi hors du monde »
Le chrétien vit une tension féconde : présent dans le monde, il n'est pas « du monde ». Cette mise à part n'est pas un orgueil ni un mépris, mais le fruit d'une élection gratuite qui appelle à une vie différente. Assumer cette différence demande du courage, surtout quand elle isole ou expose. Il s'agit de ne pas se conformer au siècle présent (Rm 12, 2) tout en restant au milieu de lui, sel et lumière, sans jamais répondre à la haine par la haine.
Témoigner avec l'Esprit
Le témoignage chrétien n'est pas d'abord une performance humaine : il s'appuie sur l'Esprit de vérité, donné précisément pour soutenir les disciples dans l'épreuve. Dans la difficulté, la tentation est de se taire ou de compter sur ses seules forces ; l'Évangile invite plutôt à compter sur le Défenseur qui parle au cœur et délie les langues (cf. Lc 12, 12). Ce témoignage se rend par la parole, mais d'abord par la vie : une existence cohérente prêche plus fort que les discours.
Aimer le monde sans en être
Si le monde désigne l'hostilité à Dieu, il reste aussi peuplé d'hommes que le Père aime et veut sauver. Le disciple est donc appelé à une distinction délicate : haïr le mal, mais aimer les personnes, jusqu'à ceux qui le persécutent. C'est l'attitude même du Christ, qui « aime le monde » (Jn 3, 16) sans en être, et qui prie pour ses bourreaux. Porter le témoignage avec charité, et non avec amertume ou repli, est la voie où la haine reçue se change en amour offert.
Cette semaine
- Dimanche 10 6e dimanche de Pâques Jn 14, 15-21
- Lundi 11 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
- Mardi 12 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
- Mercredi 13 Mercredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 12-15
- Jeudi 14 Ascension du Seigneur Mt 28, 16-20
- Vendredi 15 Vendredi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 20-23a
- Samedi 16 Samedi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 23b-28
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