L'Évangile du jour
Dimanche 10 mai 2026
6e dimanche de Pâques
Dimanche Temps pascal Année A Ornements blancs Semaine II du Psautier
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur »
Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia
15Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.16Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous :17l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.18Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.19D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.20En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.21Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Acclamons la Parole de Dieu.
Les lectures de cette messe
- Première lecture Ac 8, 5-8.14-17« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint »
- Psaume Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20
- Deuxième lecture 1 P 3, 15-18« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie »
Comprendre ce passage
Le départ de Jésus, l'habitation divine, le DéfenseurJean 14, 1-31
Le discours d'adieu et la consolation
Au soir de la Cène, le chapitre ouvre le grand discours d'adieu (Jn 13-17), genre bien connu de l'Ancien Testament, où un patriarche ou un chef — Jacob, Moïse, Josué — réunit les siens avant de mourir pour les bénir et les instruire. Le trouble des disciples est vif : départ annoncé, trahison de Judas, reniement prédit de Pierre. Jésus prend les devants : « que votre cœur ne se trouble pas ». Tout le chapitre console, prépare et lègue un héritage spirituel avant la séparation de la croix.
La « maison du Père » et les « demeures »
L'expression monai (« demeures ») dérive du verbe menein, « demeurer », mot-clé du quatrième évangile. La maison du Père aux nombreuses demeures évoque sans doute le Temple de Jérusalem, demeure de Dieu parmi les hommes, désormais transfiguré en réalité céleste. Jésus part « préparer une place » — image d'un avant-coureur qui ménage le logis — et promet de revenir prendre les siens. Loin d'un simple lieu, ces demeures disent une communion durable avec Dieu, espérance ferme du ciel ouverte par la Pâque du Christ.
Foi en Dieu, foi au Fils
« Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi » : la phrase, audacieuse en milieu juif strictement monothéiste, place la foi au Christ au même rang que la foi au Père d'Israël. Pour un auditoire nourri du Shema (« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur », Dt 6, 4), une telle parole revient à une revendication divine. Johannes, le disciple bien-aimé, recueille ici le sommet de la christologie : croire au Fils, c'est croire au Dieu qu'il révèle.
« Je suis le chemin, la vérité et la vie »
À Thomas, qui avoue ne pas savoir « où » va le Maître, Jésus répond par le sixième des grands « Je suis » (egō eimi) johanniques, formule qui fait écho au Nom divin révélé au buisson ardent (Ex 3, 14). Il n'indique pas seulement un chemin : il est le chemin, et tout ensemble la vérité qui éclaire et la vie qui sauve. « Nul ne vient au Père que par moi » : la médiation du Christ est unique et universelle, fondement de toute la foi chrétienne.
« Qui m'a vu a vu le Père »
À Philippe, qui demande « montre-nous le Père », Jésus oppose la réciprocité d'amour : « je suis dans le Père et le Père en moi ». Les œuvres qu'il accomplit en portent témoignage. Cette révélation du Père dans le Fils prolonge le Prologue (« nul n'a jamais vu Dieu », Jn 1, 18). S'y joint une promesse étonnante : qui croit fera les œuvres mêmes du Christ, « et de plus grandes » ; « tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai » — la prière du croyant passe désormais par le Fils.
La promesse du Défenseur
« Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements ; et je prierai le Père : il vous donnera un autre Défenseur. » Le terme grec Paraklētos désigne l'avocat appelé aux côtés de l'accusé, celui qui assiste, console et plaide. « Autre » signifie qu'il poursuit l'œuvre de Jésus, premier Paraclet. Nommé Esprit de vérité, il sera donné « à jamais » : il demeure dans les disciples, enseigne tout et rappelle les paroles du Christ, gardant vivante sa mémoire dans l'Église.
L'habitation divine
« Qui m'aime gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure (monē). » Le même mot que pour les demeures du ciel revient ici : avant même l'au-delà, la Trinité vient habiter le croyant fidèle, dès cette terre. Les Pères y ont lu la doctrine de l'inhabitation : le Père, le Fils et l'Esprit font de l'âme en grâce leur temple vivant. L'amour obéissant est la condition et le signe de cette présence intime.
La paix et le départ
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; non comme le monde la donne. » Le mot résonne du shalom hébreu : non l'absence de troubles, mais la plénitude du salut. Face à elle, « le prince de ce monde vient : il n'a rien en moi » — Satan n'a aucune prise sur l'Innocent. Jésus va librement au Père par amour et obéissance, accomplissant le dessein du salut : « levez-vous, partons d'ici », vers la croix qui sera sa glorification.
Le chemin, c'est une Personne
On ne rejoint pas le Père par ses propres voies, ses mérites ou ses systèmes, mais par le Christ seul. Suivre le Christ-chemin, le croire vérité quand tant de doctrines se disputent les âmes, le recevoir comme vie au cœur même de nos morts : voilà l'unique route. La foi chrétienne n'adhère pas d'abord à des idées, mais à Quelqu'un qui marche devant nous et nous attend dans la maison du Père.
Voir le Père dans le Fils
Dieu n'est plus l'inaccessible : contempler le Père à travers le visage de Jésus, ses gestes, ses paroles, sa Passion. Toute prière chrétienne se fait alors « en son nom », avec la foi confiante qu'il exauce. Regarder longuement le Christ des Évangiles, c'est apprendre peu à peu qui est Dieu et combien il nous aime — car « qui m'a vu a vu le Père ».
L'Esprit Défenseur, hôte de l'âme
Accueillir l'Esprit de vérité qui demeure, enseigne et console au-dedans : il n'est pas une force lointaine, mais un hôte personnel. Vivre de l'inhabitation trinitaire — « nous ferons chez lui notre demeure » — transforme l'existence chrétienne en demeure de Dieu. Cultiver le silence intérieur, l'écoute docile et l'état de grâce permet à cet Avocat de plaider, d'éclairer et de fortifier dans les épreuves et les combats.
La paix du Christ
Recevoir la paix qu'il donne, autre que celle du monde, qui ne tient ni à la santé ni au succès mais à sa présence. Ne pas laisser le cœur se troubler devant les départs, les deuils et les peurs. Demeurer enfin dans son amour par l'obéissance aimante : « si vous m'aimez, gardez mes commandements ». Cette paix n'est pas un calme passager, mais le fruit durable d'une vie unie au Christ.
Cette semaine
- Dimanche 10 6e dimanche de Pâques Jn 14, 15-21
- Lundi 11 Lundi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 15, 26 – 16, 4a
- Mardi 12 Mardi de la 6e semaine du Temps pascal Jn 16, 5-11
- Mercredi 13 Mercredi, de la férie, 6e semaine du Temps pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 12-15
- Jeudi 14 S. Matthias, apôtre Jn 15, 9-17
- Vendredi 15 Vendredi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 20-23a
- Samedi 16 Samedi, de la férie, 6e semaine du Temps Pascal (Canada ; Afrique du Nord) Jn 16, 23b-28
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