L'Évangile du jour

Samedi 9 mai 2026

Samedi de la 5e semaine du Temps pascal

Férie Temps pascal Année A Ornements blancs

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jean 15, 18-21

« Vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde »

Alléluia. Alléluia.
Si vous êtes ressuscités avec le Christ,
recherchez les réalités d’en haut :
c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu.
Alléluia.

18Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi.19Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous.20Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre.21Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé.

Acclamons la Parole de Dieu.

Lire le chapitre 15 de saint Jean avec ses commentaires

Les lectures de cette messe

  • Lecture Ac 16, 1-10« Passe en Macédoine et viens à notre secours »
  • Psaume Ps 99 (100), 1-2, 3, 5

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Comprendre ce passage

Les disciples et le mondeJean 15, 18-27

Contexte historique et social

Le « monde » johannique

Dans le quatrième évangile, le kosmos a un sens mobile. Il désigne d'abord la création sortie bonne des mains de Dieu, ce monde que le Père « a tant aimé » qu'il a donné son Fils (Jn 3, 16). Mais le plus souvent, dans ces discours d'adieu, le mot prend une valeur plus sombre : le monde en tant qu'il se ferme à la lumière, s'organise dans le refus et préfère les ténèbres (Jn 3, 19). Ainsi entendu, le monde n'est pas un lieu mais une attitude, celle de l'homme qui veut se passer de Dieu.

Le discours d'adieu et l'heure de la Passion

Ces paroles appartiennent au long discours après la Cène (Jn 13–17), au seuil de la Passion. Jésus, qui va « passer de ce monde au Père » (13, 1), prépare les siens à l'absence et à l'épreuve. Le ton n'est plus celui de l'enseignement public mais de la confidence intime, presque testamentaire. Après l'allégorie de la vigne et le commandement de l'amour mutuel, il déplace le regard du dedans vers le dehors : la communauté unie au Christ va affronter l'hostilité d'un monde qui ne l'a pas reconnu.

La persécution des premières communautés

L'arrière-plan vécu est celui des communautés johanniques confrontées au rejet. Les chrétiens d'origine juive ont connu l'exclusion de la synagogue (cf. 9, 22 ; 16, 2), rupture déchirante avec leurs frères et leur histoire ; d'autres ont éprouvé l'hostilité du monde gréco-romain. Les paroles de Jésus prennent alors la force d'une consolation prophétique : ce que vivent les disciples, il l'avait annoncé ; leur souffrance n'est pas un accident, mais le partage anticipé de son propre sort.

Lecture biblique et exégétique

« Si le monde vous hait »

« Il m'a haï avant vous » : la haine subie par les disciples n'a rien d'original, elle remonte au Christ lui-même. Jésus en donne la raison : « si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais je vous ai choisis hors du monde : voilà pourquoi il vous hait » (15, 19). L'élection divine arrache au monde et constitue une appartenance nouvelle. Le verbe grec miseō (haïr) dit ici moins un sentiment qu'une opposition radicale entre deux logiques de vie inconciliables.

« Le serviteur n'est pas plus grand que son maître »

Jésus reprend une maxime déjà donnée au lavement des pieds (13, 16), mais pour en tirer une tout autre leçon. Le disciple ne saurait prétendre à un sort meilleur que celui de son Maître : « s'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront ; s'ils ont gardé ma parole, ils garderont la vôtre » (15, 20). La persécution devient ainsi un signe de ressemblance, presque une dignité ; le sort du serviteur épouse celui du Seigneur, dans le rejet comme, on l'espère, dans l'accueil.

Une haine sans excuse

Tout cela leur arrive « à cause de mon Nom » (15, 21) : c'est le Christ lui-même qui est en jeu. La gravité du refus tient à ce qu'il est éclairé : ayant vu les œuvres et entendu la parole, les adversaires sont « sans excuse » et leur incrédulité devient péché (15, 22-24). Jésus y voit l'accomplissement d'une parole de l'Écriture : « ils m'ont haï sans raison » (Ps 35, 19 ; 69, 5). Bien plus, cette haine atteint le Père : « qui me hait, hait aussi mon Père », tant le Fils et le Père ne font qu'un.

Le double témoignage : l'Esprit et les disciples

Au cœur de l'hostilité surgit la promesse. « Quand viendra le Défenseur — l'Esprit de vérité qui procède du Père —, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage » (15, 26-27). Le terme Paraklētos évoque l'avocat qui assiste l'accusé : devant le tribunal du monde, l'Esprit plaide la cause du Christ. Ce témoignage est conjoint : l'Esprit agit du dedans, les disciples au-dehors, « parce qu'ils sont avec lui depuis le commencement ». L'Église ne témoigne jamais seule.

Pour la vie spirituelle et pratique

Ne pas s'étonner de l'hostilité

La persécution et le rejet font partie de la condition normale du disciple : Jésus le dit clairement pour que nul ne soit pris au dépourvu. S'en étonner ou s'en scandaliser serait oublier que le serviteur n'est pas plus grand que son maître. Loin d'être un échec, l'épreuve peut devenir une béatitude : « heureux les persécutés à cause de la justice » (Mt 5, 10). L'hostilité du monde, bien reçue, confirme l'appartenance au Christ plutôt qu'elle ne l'infirme.

Être « choisi hors du monde »

Le chrétien vit une tension féconde : présent dans le monde, il n'est pas « du monde ». Cette mise à part n'est pas un orgueil ni un mépris, mais le fruit d'une élection gratuite qui appelle à une vie différente. Assumer cette différence demande du courage, surtout quand elle isole ou expose. Il s'agit de ne pas se conformer au siècle présent (Rm 12, 2) tout en restant au milieu de lui, sel et lumière, sans jamais répondre à la haine par la haine.

Témoigner avec l'Esprit

Le témoignage chrétien n'est pas d'abord une performance humaine : il s'appuie sur l'Esprit de vérité, donné précisément pour soutenir les disciples dans l'épreuve. Dans la difficulté, la tentation est de se taire ou de compter sur ses seules forces ; l'Évangile invite plutôt à compter sur le Défenseur qui parle au cœur et délie les langues (cf. Lc 12, 12). Ce témoignage se rend par la parole, mais d'abord par la vie : une existence cohérente prêche plus fort que les discours.

Aimer le monde sans en être

Si le monde désigne l'hostilité à Dieu, il reste aussi peuplé d'hommes que le Père aime et veut sauver. Le disciple est donc appelé à une distinction délicate : haïr le mal, mais aimer les personnes, jusqu'à ceux qui le persécutent. C'est l'attitude même du Christ, qui « aime le monde » (Jn 3, 16) sans en être, et qui prie pour ses bourreaux. Porter le témoignage avec charité, et non avec amertume ou repli, est la voie où la haine reçue se change en amour offert.

Cette semaine

  1. Dimanche 3 5e dimanche de Pâques Jn 14, 1-12
  2. Lundi 4 Lundi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 14, 21-26
  3. Mardi 5 Mardi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 14, 27-31a
  4. Mercredi 6 Mercredi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 1-8
  5. Jeudi 7 Jeudi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 9-11
  6. Vendredi 8 Vendredi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 12-17
  7. Samedi 9 Samedi de la 5e semaine du Temps pascal Jn 15, 18-21

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